‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 16 sur 213 · THÉORIE DU RÔLE DU MOUSTIQUE · texte numérisé non relu

THÉORIE DU RÔLE DU MOUSTIQUE

Croyances populaires et opinions antérieures. — L'idée qu'il existe une relation entre le moustique et la malaria a été admise depuis longtemps, non seulement par des médecins, mais aussi par les indigènes de contrées impaludées. Dans certaines parties de l'Italie, les paysans ont cru depuis des siècles que la fièvre est produite par la piqûre du moustique — le fait est noté par Lancisi ; et, comme l'a montré Koch, dans les colonies allemandes de l'Afrique orientale, les indigènes vivant sur les hauteurs déclarent que, lorsqu'ils visitent les malsaines vallées, ils sont piqués par un insecte qu'ils nomment Mbu (moustique), et qu'il s'ensuit une fièvre appelée aussi Mbu. King et d'autres auteurs firent remarquer jadis combien l'hypothèse de la transmission par le moustique aidait à l'exphcation de phénomènes comme la connexion de la malaria avec le voisinage de marais et la haute température atmosphérique ; le danger bien connu des promenades nocturnes dans les pays impaludés ; l'influence des arï)res, des étendues d'eau, de l'altitude sur la diffusion du germe, et bien d'autres points. Quant à la manière dont se produit l'intervention du moustique, ils n'avaient aucune hypothèse raisonnable à émettre. Laveran, Koch et Pfeifïer pensèrent que le moustique peut agir à l'égard de l'hématozoaire comme il le fait à l'égard de

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la Filaria nocturna ; mais ils ne désignèrent point la phase particulière du parasite dont le moustique était l'hôte, ni la manière exacte d'opérer de l'insecte.

Une théorie du rôle du moustique définitivement formulée. — En 1894 (1), et de nouveau en 1896 (2), j'ai formulé une hypothèse précise à ce sujet. Étant un parasite, l'hématozoaire, pour assurer l'existence de l'espèce, doit passer d'hôte en hôte ; en d'autres termes, il doit, à un certain moment, avoir une existence extra-corporelle. Du fait que les corps flagellés ne se produisent pas avant que le sang ait quitté les vaisseaux sanguins — c'est-à-dire soit sorti du corps humain, — j'ai conclu que le rôle, alors inconnu, du flagellum existait hors du corps humain, et que le corps flagellé était la première phase de la vie extracorporelle de l'hématozoaire. Comme le parasite de la malaria est toujours, dans les vaisseaux humains, inclus dans un globule rouge, et qu'il est, par suite, incapable de quitter l'organisme par ses propres moyens ; comme, d'autre part, il n'a jamais été trouvé dans les excréta, j'en ai conclu qu'il était retiré de la circulation par un animal qui absorbe le sang, très probablement par quelque insecte suceur commun dans les pays à malaria. J'ai pensé que cet insecte hématophage devait être le moustique, dont la vie semble adaptée à un pareil emploi et dont la distribution géographique répond à tout ce que l'on connaît sur la malaria. Plus tard, basant mon opinion sur ce que j'avais établi dans le cas de la Filaria bancrofti et sur certaines particularités dans la distribution de la malaria, j'ai émis l'hypothèse que certaines espèces particuHères de moustiques pouvaient seules donner asile à des espèces particuHères d'hématozoaires.

Découvertes de Ross. — S'inspirant de cette hypothèse, Ross a démontré le premier (1895) que, lorsque du sang contenant des croissants est ingéré par un moustique, une grande proportion de ces croissants se met rapidement à produire des microgamètes et à les expulser. En 1897, il a montré que, chez des espèces particulières de moustiques nourries de sang malarien, des hématozoaires pigmentés vivant et se développant sont trouvés incrustés dans la paroi stomacale des insectes. Au commencement de 1898 (comme je l'ai annoncé à la séance de la British Médical

(1) Bru. Med. Journ., 8 décembre 1894.

(2) « Goulstonian Lectures » {Brit. Med. Journ., 14, 21 et 28 mars 1896).

ROLE BV MOUSTIQUE.

Mac Gallum a comblé une

Association, à Edimbourg, en juillet 1898), n a montré que, si une espèce particulière de moustique était nourrie du sang d'oiseaux infectés par des plasmodies, le parasite — qui par ses moeurs et sa structure ressemble de très près à l'hématozoaire humain — pénétrait dans la paroi stomacale de l'insecte, s'y développait et y produisait des spores, et que les sporozoïtes ainsi produits arrivant dans la glande salivaire du moustique, celui-ci était dès lors capable d'infecter par sa piqûre de nouveaux oiseaux. Enfin Ross a montré qu'une seule espèce de moustique peut ainsi transmettre la plasmodie aviaire, et que cette espèce particuhère n'est pas capable de transmettre d'autres parasites des oiseaux, — par exemple l'hémoproteus, — non plus que l'hématozoaire de l'homme. Ainsi, à l'aide de l'observation directe et de l'analogie, Ross a prouvé clairement, et le premier, que la phase extra-corporelle du parasite de la malaria a lieu chez certaines espèces de moustiques, d'où il a conclu, par analogie, que le parasite est transporté d'homme à homme par le moustique.

Découverte de Mac Callum.

lacune dans les observations de Ross en montrant, surtout par l'étude de l'hémoproteus, parasite aviaire analogue à l'hématozoaire, que la fonction du microgamète, après qu'il s'est séparé de sa sphère, est d'imprégner (fig. 9, c, f) les sphères granuleuses dérivées de croissants, lesquelles alors'

, p "> ^. cïuiunuu uu luaurugaineie ; c, lenuisaiion

se iranslorment en par le microgamète ; d, e, /, évolution du mirrogamète.

vermicules mobiles et pointus. C'est évidemment, quoiqu'on n'ait pu l'observer directement, grâce aux propriétés de pénétration et de locomotion de ces vermicules que l'hématozoaire est capable de se

Manson. — iMaladies des pays chauds. 2

Fig. 9. — Hémoproteus. (D'après Celli.) a, b, c, évolution du macrogamète ; c, fertilisation

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loger dans la paroi stomacale du moustique, où Ross l'a découvert le premier.

Confirmation et extension des travaux de Ross. — Les

découvertes de Ross furent rapidement confirmées et perfectionnées par les Italiens, par Daniels et par Koch. Grassi a montré que plusieurs espèces appartenant au genre Anophèles, et en particulier — du moins en ce qui concerne l'Italie — V Anophèles maculipennis, sont, parmi les moustiques, les hôtes de l'hématozoaire humain. Il a suivi dans leur progression à travers le corps du moustique les hématozoaires formant des corps en croissant, ainsi que ceux qui n'en produisent pas, et a découvert que leur évolution ressemblait de très près à celle que Ross avait si bien décrite pour la plasmodie aviaire et partiellement démontrée pour le parasite du paludisme chez l'homme. En collaboration avec Bignami, il répéta avec succès sur l'homme les expériences de Ross sur la transmission de la malaria par la piqûre du moustique. Bastianelli, Celli, Dionisi, Buchanan et d'autres auteurs ont aussi confirmé les résultats de Ross et ont ajouté à nos connaissances au sujet du cycle extra-corporel de l'hématozoaire.

Finalement, délégué par l'Office colonial et l'École de médecine tropicale de Londres, j'instituai, avec le concours des D""" Sambon et Low, deux expériences qui répondent victorieusement aux objections qu'on aurait pu formuler contre la théorie du rôle du moustique. Les D" Sambon et Low, M. Terzi, leur personnel et leurs visiteurs, vécurent en 1900, pendant les trois mois où le paludisme est le plus rigoureux, dans l'une des localités les plus impaludées de la Campagne romaine — Ostie — dans une cabane d'où les moustiques étaient tenus à l'écart au moyen de simples toiles métalliques garnissant les ouvertures des portes et fenêtres. Ils se promenaient librement dans le voisinage pendant le jour, s'exposaient à tous les temps, buvaient l'eau de la localité, exécutaient souvent de durs travaux manuels et ne prenaient aucune précaution contre la malaria — sauf qu'ils se retiraient du coucher au lever du soleil dans leur cabane à l'abri des moustiques. Ils ne prirent pas de quinine. Bien que tous leurs voisins, les paysans itahens, fussent sans exception atteints de paludisme, les expérimentateurs habitant la cabanemoustiquaire jouirent d'une immunité absolue à l'égard de cette

MOUSTIQUE ET HÉMATOZOAIRE.

maladie. Pendant le cours de cette expérience, des moustiques nourris du sang de malades atteints d'accès tierces de malaria furent envoyés de Rome, dans des cages appropriées, à l'École •de médecine tropicale de Londres, et, à leur arrivée, mon fils, le P. Thurburn Manson (décédé depuis) et M. George Warren se soumirent à leurs piqûres. Aucun de ces deux sujets n'avait pu contracter le paludisme en voyage ou de toute autre manière. Peu de temps après avoir été piqués, ils eurent des accès de fièvre paludéenne bien caractérisés et, en examinant leur sang, on y trouva de nombreux hématozoaires, aussi bien au moment des premiers accès que pendant les graves rechutes de malaria auxquelles ils furent sujets dans la suite.

L'hypothèse de la transmission du paludisme par le moustique est donc maintenant passée à l'état de réahté.

L HÉMATOZOAIRE CHEZ LE MOUSTIQUE (vOy. fig. 10).

Bans la cavité stomacale: stade du vermicule mobile.

— Lorsque du sang contenant des corps en croissant a été ingéré par certaines espèces de moustiques appartenant aux Anophelinœ (1), les croissants qui sont mûrs, mais non épuisés, sont transformés en deux types de sphères — hyahnes et granuleuses, c'est-à-dire mâles et femelles — déjà décrits. Les sphères hyahnes émettent alors leurs filaments ou microgamètes qui, devenus libres, s'approchent des sphères granuleuses et cherchent énergiquement à les pénétrer en frappant leur surface à coups redoublés. En un point de la surface de chaque sphère granuleuse, une petite papille se forme et s'avance, semble-t-il, à la rencontre du microgamète qui l'attaque. L'un de ces filaments réussit à pénétrer en ce point et, après avoir causé momentanément une grande perturbation à l'intérieur de la sphère, devient immobile et disparaît. Alors même que la sphère granuleuse serait de nouveau l'objet d'énergiques tentatives, jamais un second microgamète ne parvient à y entrer. Pendant un court instant après cette imprégnation (2), aucun changement apparent ne se produit

(1) C'est (lu moins, jusqu'ici, la seule espèce de moustique et mémo d'insecte que ion connaisse comme hôte intermédiaire de l'hômatozoairo.

(2) L'imprégnation de la sphère granuleuse n'a été constatée que deux fois pour

li.lT.fv T' K ^ ""^ ^^""'"^ ' '"^'^ ^ observée souvent chez l'hémoproteus des oiseaux. Koch a vu le vermicule mobile qui en est le produit chez la plasmodie du

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dans la. sphère granuleuse ou macrogamète. Bientôt, cependant elle change peu à peu de forme, devient ovale, allongée et, finalement, lancéolée et vermiculaire, l'hémozoïne s'accumulant à l'extrémité large ou postérieure, tandis que l'extrémité antérieure devient hyahne et pointue. Lorsque cette transformation est achevée, le petit corps commence à se mouvoir, d'abord lentement, puis plus vite, l'extrémité effilée en avant. Si l'un de ces vermicules, dont le nom technique est « ookinète », vient à heurter un globule rouge ou blanc, il passe à travers.

Dissection du moustique. — Pour suivre l'évolution de l'hématozoaire, l'étudiant doit d'abord se familiariser, par de fréquentes dissections, avec l'aspect normal des organes internes du moustique. La méthode suivante pour préparer les organes en vue d'un examen microscopique est celle professée par le Daniels à l'École de médecine tropicale de Londres. Ayant tué le moustique par le chloroforme, la fumée de tabac, etc., transpercez le thorax avec une aiguille montée et, avec les doigts, arrachez les pattes et les ailes une à une, en ayant soin de tirer obliquement à l'aiguille. Le corps du moustique sera alors placé dans une goutte de solution saline normale sur une lame de verre. Ensuite aplatissez légèrement l'extrémité postérieure de l'abdomen et entaillez-la de chaque côté pràs de l'articulation de l'avantdernier segment ; on a ainsi créé un point faible dans l'exosquelette. Le thorax étant alors fixé avec une aiguille montée, une autre aiguille mise à plat sur le dernier segment de l'abdomen séparera facilement ce segment du corps du moustique. L'estomac ou intestin moyen èt les tubes de Malpighi peuvent ainsi être graduellement expulsés de l'exosquelette ; lorsqu'on a mis en évidence une longueur suffisante d'œsophage, on peut le diviser à l'aide d'une aiguille. Les ovaires de la femelle et les testicules du mâle sont aussi expulsés avec l'estomac. Quelquefois ce dernier se trouve conenirt du sang ou d'autres ahments. Dans ce cas il est nécessre de faire une entaillete dans l'estomac; on appliquera alors une lamelle, qui, par son poids, exercera une douce pression qui exprimera le sang. Il pourra être nécessaire, pour chasser le sang, de remplir l'estomac avec la solution .saline et de l'exprimer ensuite au moyen d'une lamelle, en répétant l'opération autant qu'il en sera besoin.

Les glandes salivaires, reposant sur le prothorax, peuvent parfois être expulsées en arrachant la tête. Cette méthode doit être évitée si possible, car les glandes sont difficiles à séparer de la tête, et ci ne peut comprimer la tête sans écraser les yeux ; le pigment mis ainsi en liberté vient gêner

moineau. Il est donc vraisemblable d'inférer, ce qui d'ailleurs est compatible avec les aractères connus des parasites intra-globulaires de l'homme et des animaux, qu'un emblable phénomène se produit chez l'hématozoaire. Le professeur Grassi m'a montré des coupes d'estomacs de moustiques dans lesquels on pouvait voir les vermicules arriant au contact de la muqueuse. Ces préparations provenaient de moustiques tués rente-deux heures après avoir absorbé du sang malarique.

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l'examen microscopique. La méthode la pins simple et la plus sûre à la fois pour se procurer les glandes salivaires est, après avoir coupé proprement la tête, de diviser le thorax obliquement, de sorte que sa portion antérieure, y compris les articulations des paires de pattes antérieures et moyennes, soit séparée du reste du tronc. Cette portion contient les deux glandes salivaires. L'exosquelette doit alors être fracturé en cinq ou six morceaux à l'aide d'une

Fig. 10. — Coupe de moustique.

a, bouche ; b, organes de succion ; c, œsophage ; d, homologue du jabot ; e, partie antérieure de l'intestin médian ; /, intestin médian ; g, pylore; A, diverticule pylorique ; 1, intestin postérieur; /, rectum; k, tubes de Malpighi; l, conduit salivaire ; m, glande salivaire; n, vaisseau dorsal; o, ganglion sus- œsophagien ; p, ganglion sous-œsophagien ; q, ganglions conjugués ; r, ganglions abdominaux.

aiguille, dans la solution normale de sel. Une lamelle est appliquée et une pression ferme est exercée avec la pointe d'une aiguille sur chaque fragment de l'exosquelette. De cette manière, les glandes sont séparées des fragments chitineux et peuvent être facilement examinées. Dans la majorité des dissections, on trouvera au moins cinq des six lobes non endommagés.

Dans la paroi stomacale : stade enkysté ou stade du zygote (fig. 11). — Ce pouvoir de locomotion et de pénétration nouvellement acquis par le parasite fécondé, joint à d'autres faits bien établis, justifie la présomption que, peu après sa formation, le vermicule mobile, appelé maintenant ookinète, pénètre dans la paroi stomacale du moustique. Traversant la couche de cellules et la délicate membrane basale qui constituent la tunique muqueuse de cet organe, il se loge finalement parmi les fibres musculaires longitudinales et transversales qui séparent la paroi interne de la non moins délicate paroi externe. On peut l'y déceler quelque trente-six heures après l'absorption de sang par le moustique, sous forme d'un petit corps (6 p.) ovale ou sphérique formé d'une mince enveloppe et d'un contenu hyaUn ou légèrement granuleux dans lequel on peut voir clairement des particules d'hémozoïne. Ce corps, en se développant, dissocie dans uno

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certaine étendue les fibres musculaires entre lesquelles il est logé.

Pendant quelques jours, le parasite croît rapidement, acquiert une capsule bien définie, et, par suite de sa croissance, produit à la surface de l'estomac une sorte de verrue ou de hernie (fig. 12).

Fig. II. — Évolution du corps en croissant chez V Anophèles macuhpennis. {D'aprês^ Grassi, Bignami et Bastianelli.)

1 à 6, le parasite tel qu'on le trouve dans la paroi stomacale ; 7, sporozoïtes isolés ; 8, sporozoïtes dans la glande salivaire ; 9, coupe de la paroi stomacale montrant 1» parasite in situ.

Pendant ce temps, d'importants changements se passent à l'intérieur du parasite, qui a maintenant un contour sphérique et est arrivé au stade de son évolution connu sous le nom d' « oocyste ». Le noyau et le protoplasme se divisent en de nombreuses sphèresfilles, autour desquelles, attachés par une extrémité comme les épines d'un porc-épic, se forment en dernier heu un grand nombre de petits corps (16 [x) nucléés, minces, en fuseau. Puis les sphé-

MOUSTIQUE ET HÉMATOZOAIRE.

ruies disparaissent et laissent les fuseaux (sporozoïtes) libres dans la capsule qui en est maintenant remplie à éclater ; environ une semaine après — plus ou moins rapidement, suivant la température atmosphérique qui a une grande influence sur la

Fig. 12. — Estomac de moustique après infection par le proteosoma.

M. T., tubes de Malpighi; INT., intestin; ŒS., œsophage ; P.C., zygotes du proteosoma faisant saillie dans la cavité centrale.

marche du développement du parasite — la capsule se rompt ei s'aplatit, déchargeant son contenu dans la cavité centrale du moustique.

Dans la glande salivaire : stade du sporozoïte ou stade infectieux. — De la cavité centrale du moustique, les sporozoïtes en fuseaux passent, probablement par l'intermédiaire du sang, dans les glandes salivaires trilobées placées de chaque côté de la partie antérieure du thorax de l'insecte (fig. 10, m, et fig. 13, B). Ces glandes communiquent avec la base de la trompe du moustique au moyen d'un long conduit à l'origine duquel sont rangées les cellules transparentes et gonflées de la glande. Les sporozoïtes peuvent être facilement reconnus dans un grand nombre de cellules (fig. 11, 8), mais non dans toutes ; on les rencontre surtout inclus dans celles du lobe médian, et aussi en liberté dans les canaux excréteurs. Ils sont si nombreux dans certaines cellijile?i qu'ils leur donnent l'apparence d'une cellule lépreuse chargée de bacilles.

TRANSMISSION A l'hÔTE HUMAIN.

Par une grande quantité d'expériences, abondamment confirmées, Ross a prouvé distinctement que, si des oiseaux appropriés sont piqués par des moustiques dont les glandes salivaires con-

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tiennent des sporozoïtes de la plasmodie aviaire, les oiseaux sont infectés par ce parasite et, au bout du temps normal, présentent des plasmodies dans leur sang et montrent tous les symptômes cliniques correspondants.

Si un moustique, dont les glandes salivaires contiennent des sporozoïtes, pique un homme, les parasites sont injectés dans le

Fig. 13. — Dissection de la tête du moustique.

A, coupe médiane de la tête, montrant : du, le conduit venimo-salivaire, avec son insertion sur hy, l'hypopharynx; cb, le cerveau; au-dessous sont le cervelet et le diverticule aspirateur de œ, l'œsophage ; m, muscle; n, commissure nerveuse. Les autres organes ont été enlevés.

B, conduit venimo-salivaire, montrant sa bifurcation et les trois glandes sur l'une de ces branches; pg, glande venimeuse; sg, glande salivaire supérieure.

C, bifurcation du conduit avec son hypoderme nucléé.

sang de l'homme et pénètrent dans les globules rouges où ils se multiplient. Après huit ou dix jours, ils donnent naissance à des hématozoaires d'un type correspondant à ceux de l'homme sur qui le moustique s'est infecté. Schaudinn, en diluant du sang avec de la sérosité obtenue par vésication, et en introduisant dans cette dilution des glandes salivaires de moustiques impaludés, a pu constater la pénétration des sporozoïtes dans les globules rouges.

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