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ÉLÉPHANTIASIS DU SCROTUM

•et coupés avec des ciseaux. Le canal est ensuite fendu, l'incision étant conduite jusqu'à la limite pubienne. Le pénis peut alors être mis au jour, après que le prépuce a été incisé autour de la couronne du gland. Si les lambeaux latéraux peuvent être formes de peau saine, ils sont alors disséqués. Les incisions pérmeale et pubienne sont maintenant approfondies et, les aides tenant les testicules et le pénis bien hors de portée, le col de la tumeur est coupé près du périnée et du pubis. Les vaisseaux ouverts sont tous soigneusement liés, et la tunique vaginale en excès — s'il existe de l'hydrocèle — excisée. Le cordon de caoutchouc est enlevé.

Lorsque l'hémorragie a été arrêtée, les moitiés postérieures des lambeaux sont affrontées par des sutures, les moitiés antérieures étant réunies par-dessus les testicules à l'incision pubienne.

Le pénis émergera donc du point où la ligne horizontale rencontre la perpendiculaire dans la figure qui a maintenant la forme d'un T ou d'un Y. Si l'on ne fait pas de lambeaux, les testicules

peuvent être fixés en suturant avec le périnée tous les fragments de tissu qui leur sont connexes, et les dimensions de la plaie réduites autant que possible en suturant les angles au pubis et au périnée.

En faisant le pansement, il est important que la surface à Tiu soit couverte par un tissu aseptique non fibreux — tel que de la soie huilée — avant d'appliquer le pansement antiseptique. Un pansement fibreux apphqué contre les surfaces à nu est gênant, car il s'attache à la plai^ et ne s'enlève qu'avec douleur et difficulté. Le pansement doit être épais, bien ouaté et tenu en place par un bandage à huit chefs attaché devant et derrière à uneceinture entourant la poitrine ; on y percera une ouverture hvrant passage au pénis. La large plaie se cicatrise bien ordinairement. On fera une greffe cutanée de bonne heure et largement, surtout au niveau de la racine du pénis.

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pig. 94. — Éléphantiasis des grandes lèvres. (D'après Nunez.)

FILARIOSE.

Mortalité par suite de Vopération. — La mortalité par suite de ces opérations d'apparence formidable est légère, si elles sont bien conduites, et ne doit pas excéder 5 p. 100. Les résultats |- , sont très satisfaisants.

en général, les fonctions des organes étant conservées ou recouvrées

Éléphantiasis des bras.— Celui-ci est relativement rare. A part les différences entre les extrémités supérieures et inférieures en ce qui regarde la circulation des liquides, les symptômes et la pathologie de Félépliantiasis du bras sont les mêmes que ceux de l'éléphantiasis de la jambe. Il y a peu de chose à faire pour le traitement, à part l'emploi judicieux du massage et d'un bandage élastique.

Éléphantiasis de la vulve et des seins.

— L'éléphantiasis de la vulve (fig. 95) et des seins (fig. 96) est encore plus rare. Lorsque la tumeur a atteint des proportions gênantes, les tissus malades doivent être enlevés. On a rapporté des exemples où les téguments des seins étaient devenus si épais, si lourds et si allongés, que l'organe descendait jusqu'au pubis et même jusqu'au

Fig. 95. — Éléphantiasis de la vulve. {D'après une photographie du Walter H.-B.

Macdonald.)

ÉLÉPHANT! ASIS,

genou. Une de ces tumeurs pesait 10 kilogrammes après ablation. Les tumeurs des grandes lèvres ou du clitoris peuvent également atteindre de grandes dimensions : 4 à 5 kilogrammes, ou même plus.

rig. 96. — Éléphantiasis des seins; la jambe et le pied gauches également atteints. (D'après une photographie du Davies, Samoa.)

Éléphantiasis de zones cutanées limitées. — Corney établit que des tumeurs éléphantiasiques pédiculées, partant de Vaine ou de la face antérieure de la cuisse, ne sont pas rares aux îles Fidji. Une de ces tumeurs, dont il fit l'ablation, atteignait

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FI LA n JOSE.

9 kilogrammes. Daniels a vu, tant aux Fidji qu'à Demarara, dç> nombreux cas de ce genre (fig. 97). Silcock décrit une tumeur pédiculée de cette nature qu'il enleva du cou d'un Hindou, et qui pesait après ablation 27 kilogrammes. J'ai souvent rencontré des zones limitées d'épaississement éléphantiasique de la peau, particulièrement aux cuisses. Ces affections sont facilement traitées par des opérations simples,

Chylocèle et ascite chyleuse ; diarrhée chyle use. — L'hyd recèle chyleuse n'est pas rare sous les tropiques. Un gonflement de la tunique vaginale avec fluctuation, qui ne laisse pas passer Ig lumière et qui peut être associé à un lympho-scrotum, avec une adéno - lympho-, cèle, avec de la chy-.

lurie, ou avec la présence de filaires dans îe sang, suggérera un diagnostic de cette nature. Ces collections de liquide chyleux dans la tunique vaginale contiennent généralement des quantités énormes de filaires embryonnaires. Elles peuvent être traitées comme des hydrocèles ordinaires, soit par une incision, soit par une injection aseptique.

L'orchite filarienne avec effusion- dans la tunique vaginale, ■d'après Maitland, doit être traitée de préférence par l'incision de la vaginale, l'expulsion de tous les caillots qui peuvent être trouvés dans le sac, et le bourrage de celui-ci à la gaze iodoformée. Ce procédé, dit-il, donne un soulagement immédiat.

L'hydropisie chyleuse dans le péritoine et la diarrhée chyleuse d'origine filarienne sont très rares.

Fig. 97. — Tumeur inguinale pédiculée. (D'après une photographie du D' Daniels.)

Prophylaxie de la filariose. — La prévention de la filariose se résout dans la protection contre les piqûres de moustiques et dans la non-pollution de l'eau de boisson par ces insectes. Danâ ce but, on n'autorisera pas les puits ou les réservoirs non couverts, ou les marais stagnants dans le voisinage des habitations. Leur influence dans l'extension de la filariose a bien été démontrée par Daniels à Demerara, et par Low à la Barbade. Tous les récipients destinés à conserver de l'eau seront vidés et nettoyés au moins une fois par semaine. L'usage de la moustiquaire est aussi indispensable dans les contrées à filaires que dans les contrées impaludées.

Les individus atteints de filariose doivent être regardés comme une source de danger pour eux-mêmes et pour la communauté, et forcés à dormir sous des moustiquaires.

FiLARiA PERSTANs, Mans.on, 1891 (Planche V, fig. 2).

Distribution géographique. — Ce parasite est très commun dans le sang des indigènes de grandes régions de l'Afrique occidentale. Je l'ai trouvé chez des nègres du Vieux-Calabar et du bassin du Congo, sur la côte comme dans l'intérieur. Annett, Dutton et Elliott rapportent sa présence en nombre d'endroits : dans la Nigéria (Nord et Sud), à Lagos, à la Côte d'Or, à la Côte d'Ivoire, à la côte de Kroo (Libéria) et à Sierra Leone. Daniels m'informe qu'il l'a observé chez un indigène de l'Afrique centrale anglaise résidant sur la rive orientale du lac Nyassa. Dans certaines régions du bassin du Congo, il se rencontre chez près de la moitié de la population. Le professeur Firket (de Liège) a confirmé cette observation en ce qui regarde le Congo belge. Cook, Hodge et Low ont trouvé le parasite extrêmement commun dans l'Ouganda où, en certains districts, Low a constaté sa présence chez 90 p. 100 des indigènes. Quelquefois il se rencontre associé avec la microfilaria loa et la microfilaria bancrofti (et, dans la Guyane anglaise, avec la microfilaria ozzardi) chez un même individu. Je ne l'ai jamais rencontré chez les nègres des Antilles, ni en général chez les indigènes d'aucun pays, sauf ceux de l'Afrique tropicale et les aborigènes de Demerara. Je l'ai trouvé trois fois chez des Européens qui avaient résidé au Congo.

Caractères. — La microfilaria perstans n'observe pas de périodicité, et se trouve dans le sang aussi bien le jour que la nuit. A cet égard, elle ressemble à la microfilaria demarquaii et à la microfilaria ozzardi ; et, comme celles-ci, elle diffère beaucoup par les dimensions, la forme et les détails anatomiques, de la microfilaria bancrofti et de la microfilaria loa.

Le nombre des microfilaires dans la circulation périphérique peut varier considérablement, mais il n'y a pas de différence marquée entre le jour et la nuit. Leur siège de prédilection est non pas le sang périphérique, mais celui du cœur, des poumons, de l'aorte et des gros vaisseaux. Elles n'ont pas été Manson. — .Maladies des pays chauds. 39

FILARIOSE.

trouvées dans la rate, et ne Ton^ été que très rarement dans le foie et le pancréas.

L'embryon dans le sang mesure en.moyenne de long sur 0™'n,0045 de large ; mais, comme il possède à un degré remarquable le pouvoir de s'allonger et de se rétracter, ces mesures ne sont pas toujours exactes. En tout cas, il est manifestement beaucoup plus petit que la microfilaria bancrofti et la microfilaria loa. Il se distingue en outre de ces filaires par l'absence complète de gaine *et par les caractères de son extrémité caudale qui est invariablement tronquée et brusquement arrondie. Les deux tiers postérieurs de l'animal sont effilés jusqu'à l'extrémité caudale. De plus, si l'on examine attentivement la tête à un fort grossissement, on peut y voir facilement — beaucoup plus facilement que pour la partie correspondante de la microfilaria bancrofti — un crochet animé d'un mouvement constant de projection et de rétraction. La lacune antérieure de la colonne centrale de cellules ou tache en V est située à environ Oinm^oS de l'extrémité céphalique. Il n'y a point de lacune caudale marquée. On ne peut mettre en évidence aucun prépuce armé de crochets. Les mouvements diffèrent aussi de ceux de la microfilaria bancrofti, car l'animal non seulement frétille comme ce parasite, mais entreprend de longues excursions dans le sang, se mouvant librement sur toute la lame, et se déplaçant rapidement, d'une manière très analogue à celle de la microfilaria bancrofti, dans l'estomac du moustique après rejet de sa gaine.

Forme adulte. — La forme adulte, découverte par Daniels chez des Indiens de Demerara, et identifiée par moi dans la suite avec celle de la F. perstans,

est, comme la F. bancrofti, un long nématode, cylindrique et filiforme. Le corps est lisse, sans marques extérieures, la bouche simple et non armée. L'extrémité caudale, chez les deux sexes, est particulière et caractéristique; elle est incurvée, et l'enveloppe chitineuse qui recouvre la partie terminale est comme fendue en deux petits appendices triangulaires qui lui donnent une apparence mitrée (fig. 98). La femelle adulte mesure 70 à 80 millimètres de long sur 0™n,12 d'épaisseur. La tête est en massue et mesure O^^jO? de diamètre. Le pore génital s'ouvre à 0™"S6 de la tête. L'anus s'ouvre à l'apex d'une papille située dans la concavité de la courbure caudale. Le diamètre de la queue juste avant sa terminaison est de 0'»m,02. Le^ mâle est plus petit que la femelle ; il mesure '45 miUimètres de long sur 0'""i,06 d'épaisseur. Le diamètre de la tête est de 0"im,04. Près de l'ouverture du cloaque se trouvent quatre paires de papilles préanales et une paire post-anale. Deux spicules inégaux peuvent parfois être aperçus faisant saillie hors de l'orifice. Jusqu'ici les formes adultes ont été trouvées seulement

Fig. 98. — Extrémité caudale de Filaria perstans adulte.

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