DESCRIPTION
nicum, qui habite les artères, n'a pas besoin de protubérances cutanées, la direction du courant artériel le maintenant dans une position propice.
Dans le cas cité par Catto, les œufs se trouvaient principalement dans les tuniques muqueuse et sous-muqueuse de l'intestin, depuis le caecum jusqu'à l'anus, plus spécialement dans le rectum et l'appendice. On en trouva aussi dans le foie, la vésicule biliaire, le pancréas, les ganglions mésentériques et dans la tunique fibreuse des gros vaisseaux mésentériques. Dans le foie, ils étaient excessivement nombreux, inclus soit isolément, soit en amas, dans le tissu conjonctif hypertrophié. Le schistosome femelle a probablement un moyen particulier de répandre ses œufs à travers les parois des vaisseaux sanguins ; la distribution des œufs est ensuite effectuée par le système lymphatique. Lorsque les œufs s'accumulent, ils provoquent une infiltration de petites cellules, qui aboutit ultérieurement à la formation de tissu fibreux.
On ne sait rien de l'évolution de ce trématode. Ses œufs contiennent un miracidium cilié, qui peut se développer dans les fèces même avant qu'elles ne soient évacuées. Le parasite demande donc un milieu Hquide pour sa phase de miracidium et peut-être un mollusque ou un crustacé d'eau douce pour son développement ultérieur.
Distribution géographique. — La distribution de S. japonicum est probablement très vaste. On ne l'a trouvé jusqu'ici que chez des Chinois et des Japonais. Chez les Chinois, il a été trouvé deux fois, l'une par Catto sur un indigène du Fo-Kien, l'autre par Logan sur un Chinois de la province de Hounan. Catto suppose que ce parasite n'a pas été reconnu plus tôt parce que ses œufs, rencontrés dans les selles, ont dû être confondus avec ceux de Ankylostomum duodenale, qui leur ressemblent comme dimensions, comme forme et comme aspect général.
Anatomie pathologique. — Le malade de Catto présenta durant la vie une hypertrophie du foie et de la rate. A l'autopsie, l'aspect du péritoine suggérait des atteintes multiples de péritonite. Les appendices péritonéaux étaient épaissis et, en quelques points, entr êlés. L'espace recto-vésical était presque oblitéré. Les ganglions mésentériques et pré-vertébraux étaient hypertrophiés, le groupe le plus important formant une grappe près du duodénum. Le foie était considérablement augmenté, sa surface nodulaire et sa consistance très accrues. Les parois de la vésicule biliaire étaient épaissies, et une couche de graisse enveloppait presque cet organe, qui était distendu par une matière mucoïde claire contenant plusieurs petits calculs bihaires noirâtres. La rate était hypertrophiée et pigmentée. Le côlon était très épaissi
SCHISTOSOMUM JAPONJCUM.
dans toute son étendue. Sa muqueuse était œdématiée, hyperémiée et friable ; elle présentait de nombreuses petites érosions circulaires superficielles et des plaques nécrotiques. Les tuniques externes étaient très dures, presque cartilagineuses. Les parois du rectum atteignaient -2 centimètres d'épaisseur et adhéraient à la vessie ; le rectum remplissait presque le bassin. La courbure sigmoïde était aussi uniformément épaissie. En remontant le long de l'intestin, on le trouvait moins épaissi et plus couvert de plaques. Le foie et l'intestin, lorsqu'on les sectionnait, crissaient sous le scalpel. La vessie était épaissie aux endroits où des adhérences s'étaient établies avec le rectum ; mais, par ailleurs, elle . était saine et ne présentait aucune lésion au niveau de sa muqueuse. Les coupes du foie, des veines mésentériques et de l'intestin y révélèrent la présence d'œufs de S. japonicum.
Dans un cas de Katayama, décrit par Tsunoda et Shimamura, l'autopsie révéla, outre les lésions ordinaires du foie, de l'intestin et du pancréas, une induration de la dure-mère et de -la pie-mère accompagnée d'une infiltration hémorragique de ces membranes.
Dans le cerveau même, on trouva un certain nombre d'aires sclérosées cunéiformes de couleur grise, entourées d'une zone ecchymotique. Dans le noyau lenticulaire, le thalamus optique et la capsule interne du côté gauche, il y avait une aire de ramollissement de la grosseur d'une noix. A l'examen histologique, ces aires contenaient des œufs inclus dans la névroghe et entourés de tissu cérébral ramolK et dégénéré. Des œufs semblables furent trouvés dans les membranes et quelques-uns dans l'hémisphère droit et dans les plexus choroïdes des ventricules latéraux. Comme symptômes correspondant à ces lésions, le malade éprouva durant la vie des troubles de la parole et du tremblement des extrémités supérieures et inférieures, avec de la céphalalgie et des troubles mentaux, plus tard du vertige et de l'épilepsie jacksonienne {deux à trois accès par jour) et, finalement, de l'hémiplégie droite.
Katsudara a attiré l'attention sur le fait que S. japonicum n'affecte pas la vessie. Les deux cas décrits chez des Chinois confirment cette observation. Ces particularités importantes, tant pathologiques que chniques, ajoutées aux caractères zoologiques du parasite, montrent que S. japonicum est spécifiquement distinct de S. hsematohium.