ÉVOLUTION
C'était une femelle adulte remplie d'embryons à tous les degrés de développement, y compris les formes embryonnaires libres que j'avais rencontrées Sans le sang. Il se trouva que plusieurs années auparavant j'avais déjà examiné ce spécimen, et qu'intéressé par cet examen j'avais écrit aussitôt pour me faire envoyer du sang recueilli pendant le jour sur cette malade. En cousultant mes notes, j'y trouvai le résultat de l'examen de ce sang résultat négatif, aucune microfilaire n'y ayant été présente. Il résulte de cette observation que la F. loa adulte peut exister dans les tissus, et cependant les embryons faire défaut dans le sang. Je ne puis fournir d'explication de cette anomalie apparente ; mais le fait lui-même est bien établi, et permet de comprendre que dans beaucoup de cas de fllariose due à la loa les embryons ont été absents de la circulation générale. Il peut se faire que la femelle gravide ne dépose ses embryons qu'après avoir atteint tel tissu ou organe d'où ils puissent être lancés dans la circulation sanguine, et que les allées et venues si remarquables de ces vers à l'intérieur du corps ne tendent qu'à atteindre cette position. Il serait bon, pour vérifier cette hypothèse, que les praticiens qui en ont l'opportunité recherchent le parasite dans les autopsies, surtout au niveau des cavités séreuses. Tout récemment, Penel a affirmé avoir trouvé la microfilaria loa dans la salive et dans l'urine d'un malade qui présentait des filaires embryonnaires dans sa circulation périphérique.
Il est impossible jusqu'ici d'estimer exactement le nombre de loas adultes existant dans une infection donnée, quoique dans les cas avancés on puisse en avoir une idée en comptant les microfllaires de la circulation périphérique. En général, il est bon de penser que la loa particulière qui vient à se montrer dans les environs d'un œil ou ailleurs est accompagnée de beaucoup d'autres dans l'intérieur du corps. Ainsi en 1903, Brumpt, à l'autopsie d'un nègre dont le sang contenait des microfllaires (pour lesquelles j'avais proposé le nom de F. bourgi, pensant qu'il s'agissait d'une nouvelle espèce), trouva dans les tissus du cœur cinq vers adultes. Quatre de ceux-ci étaient crétiflés, mais le cinquième était vivant et contenait des embryons semblables à ceux de la circulation. Ce ver fut ultérieurement identifié avec la F. loa. L'année suivante, Wurtz trouva la microfilaria diurna dans le sang d'un nègre congolais atteint de la maladie du sommeil. A la mort de ce malade, il fit une autopsie très soigneuse et trouva deux loas adultes dans le tissu sous-cutané du bras. A la dissection continuée par Penel, plus de trente spécimens mâles et femelles Eurent encore trouvés sous la peau des membres. Il existe de nombreuses observations dans lesquelles deux ou plusieurs loas ont été extraites chez le même malade. Nous pouvons donc être pratiquement certains que, dans presque tous les cas de cette sorte de filarose, l'infection est multiple.
Pathogénie. — Comme nous l'avons déjà indiqué, la F. loa, pendant sa période de développement chez l'homme, fait de fréquentes excursions à travers le tissu connectif sous-cutané. On l'a signalée très souvent sous la peau des doigts, et elle a été excisée de la peau du dos, de celle qui recouvre le sternum et la