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III. — PARASITES DES POUMONS

HÉMOPTYSIE ENDÉMIQUE

PARAGONiMus wESTERMANNi (Kerbert, 1878).

.Synonymes. — Distoma westermanni, D. ringeri, D. pulmonis, D. pulmonale, D. cérébrale, Mesogonimus westermanni, M. pulmonalis, M. ringeri.

Distribution géographique. — L'hémoptysie endémique existe en Chine, au Japon, en Corée, à Formose et aux PhiHppines. Dans beaucoup de régions où elle est endémique, une bonne moyenne de la population en est atteinte. Il n'est pas improbable que, lorsque la connaissance de cette maladie s'étendra, on ne découvre son existence dans d'autres contrées. Récemment, le parasite qui donne lieu à cette forme particulière d'hémoptysie a été trouvé aux États-Unis chez un chat, chez un chien, et chez un cochon domestique; il est donc probable que nous entendrons bientôt parler de l'hémoptysie endémique comme existant en Amérique. Les Chinois et les Japonais se rencontrent maintenant dans presque tous les pays, et certainement ils apportent avec eux leurs parasites spéciaux, — Opistorchis sinensis, Fasciolopsis buskii, et aussi P. westermanni.

Symptômes. — Les malades atteints de cette affection ont une toux chronique, qui est ordinairement plus accusée le matin au lever. Les quintes de toux se terminent par l'expulsion de crachats particuhers, brun rouillé, comme dans la pneumonie. Ces crachats peuvent être expulsés à volonté, à peu près à chaque instant et souvent en quantité considérable. Outre la toux chronique et l'expectoration rouillée si tenace, le malade est sujet à des accès irréguliers d'hémoptysie. Quoique amenés en général

SYMPTOMES

par un exercice violent, ces accès surviennent parfois sans cause apparente. Le crachement de sang peut être insignifiant ; d'autres fois, il est assez abondant pour menacer l'existence — en tout cas, pour causer une anémie profonde.

Le crachat. — Si l'on place un petit fragment du crachat visqueux sous le microscope, on constate que sa couleur particuHère est due en partie à des globules rouges, en partie à une masse

Fig. 119. — Œufs de Paragonimus weslermanni dans les crachats.

d'œufs Operculés, brun foncé, pourvus d'une épaisse enveloppe (fig. 119). Ces œufs varient beaucoup de forme et de dimensions ; ils sont tous distinctement ovales, hsses, à double contour,' et mesurentdeSO àlOO[j, de long sur 40 à 60 de large. Si le crachat est agité dans de l'eau, et qu'on renouvelle cette eau de temps en temps, au bout d'un mois ou de six semaines — plus ou moins, suivant la température — un embryon cihé (miracidium) se développe dans chacun des œufs. Lorsque l'œuf est mûr, si on le place sur une lame et qu'on exerce une légère pression avec une lamelle, l'opercule sera forcé et l'embryon sortira immédiatement et se mettra à nager et à évoluer dans l'eau. On n'a pu suivre plus loin le développement de l'embryon ; mais, certainement, il se poursuit dans un animal d'eau douce, par l'intermédiaire duquel le parasite parvient plus ou moins directement à l'homme.

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Anatomie pathologique. — Si l'on fait une section des poumons, on trouvera, disséminés dans cet organe, en particulier vers la périphérie, un nombre plus ou moins grand de ce que l'on appelle des « clapiers ». Ces clapiers consistent dans des portions, quelquefois plus grosses qu'une noisette, de tissu pulmonaire infiltré, dans lequel on peut voir un grand nombre de tunnels remplis de la même matière qui constitue les crachats caractéristiques, et contenant aussi un, deux ou plusieurs petits trématodes. Les cloisons qui séparent les tunnels peuvent se rompre, et il en résulte alors une cavité considérable ; et, lorsque celle-ci communique avec une des bronches par l'intermédiaire des tunnels qui s'y ouvrent toujours, il en résulte des symptômes rappelant la dilatation bronchique. Les clapiers peuvent communiquer entre eux.

Lorsqu'il fut découvert pour la première fois, on supposa que P. w ester manniét ait confiné aux poumons. Des études ultérieures ont montré qu'il peut envahir le foie, le péritoine, les testicules et même le cerveau. Dans ce dernier organe, il forme une sorte de

tumeur creusée de tunnels, analogue à celle des poumons; et, par la pression ou l'irritation causée par cette tumeur, il peut donner lieu à une forme particulière d'épilepsie jacksonienne à terminaison fatale.

Le parasite (fig. 120). — Le

parasite est lui-même brun rou-

geâtre, épais et charnu èt de

forme ovale. Il est si épais

que sa section transversale est

presque ronde. Il mesure 8 à

16 millimètres de long sur 4 à iig. 120. — Faraeonimus W estermanru. iJbn „ j , , .

° . „ , T ^ 8 millimètres de large, et est

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