I. — Nématodes
Examen microscopique des selles pour la recherche des œufs des parasites intestinaux. - Si l'on examine au microscope, d une manière systématique, les selles des indigènes des pays chauds et des Européens revenant des mêmes régions, on est étonné de la fréquence avec laquelle on y rencontre les œufs de trois espèces de nématodes - Ascaris lumbricoides Trichocephalus trichiurus {T. dispar) et Ankylostomum duodenale. Les œuts des vers solitaires (cestodes) et du ver filiforme ordinaire {Oxyuns vermicularis) se rencontrent rarement dans les selles ; car, d'une mamère générale, ces parasites ne se séparent pas de leurs œufs tant que les anneaux des premiers ou le corps entier du dernier n'ont pas quitté le tube digestif. Mais, comme les trois nématodes susmentionnés mettent directement leurs œufs en liberté dans l'intestin, ces œufs se rencontrent d'ordinaire dans
les selles et constituent une preuve non équivoque de la présence dans le tube digestif des formes adultes qui leur ont donné naissance. On peut parfois rencontrer les œufsdeparasites du foie et del'intestin, — tels que Schistosomum japonicum, S. mansoni, Clonorchis sinensis, Fasciola hepatica, Fasciolopsis buski, et d'autres helminthes plus rares, mais ces vers, à l'exception du schistosome, se rencontrent très rarement, et, au point de vue pratique, on peut n'en pas tenir compte. Si l'on n'a point une grande expérience, on ne peut, à première vue, identifier les œufs de ces parasites relativement rares; mais, si le médecin a appris à distinguer les œufs des trois espèces communes, il saura alors qu'il est en présence des œufs d'une espèce plus rare et, en s'en rapportant à quelque ouvrage spécial d'helminlhologie, il arrivera sans grande difficulté à un diagnostic exact.
L'examen microscopique des selles pour la recherche des œufs est quelque
Œufs de nématodes.
a, Strongylus subtilis ; b, Ankylostomum duodenale ; c, Trichocephalus trichiurus ; d, Strongyloides stercoralis ; e, Necator americanus ; f. Ascaris lumbricoides ; g, Ascaris lumbricoides (non fécondé).
PARASITES INTESTINAUX
peu désagréable, mais ne présente aucune dilliculté. Il suffit, pour fair: une préparation, de placer sur la lame une parcelle des matières suspectes (environ le volume d'un grain de chènevis) et de la recouvrir d'une lamelle qu'on fait doucement glisser sur la lame de façon que la masse s'étende en couche mince, bien uniforme et transparente. Si la consistance des selles était trop grande, on ajouterait un peu d'eau pour les ramollir. Si les selles étaient aqueuses et abondantes, on prendrait un peu de sédiment à l'aide d'une pipette et on l'examinerait. Il est bon de faire deux ou trois préparations. L'examen microscopique doit tout d'abord être fait avec un faible grossissement (objectif no 2, ou mieux no 4). On fera des recherches sur toutes les parties de la lame, et tout corps suspect sera examiné soigneusement en se servant, si cela est nécessaire, d'un plus fort grossissement. Il suffit de très peu de pratique pour identifier non ^ — 9/^\ seulement les œufs, mais
l'espèce de parasite à laquelle ces œufs appartiennent.
Les points que l'on a à considérer pour faire le diagnostic sont : les dimensions, la forme, la couleur, l'épaisseur, les inégalités ou le poli de la surface et les signes particuliers que l'on y , , rencontre ; la présence
ou 1 absence de sphères centrales, d'un embryon différencié ou, dans le cas des cestodes, des trois paires de crochets embryonnaires ; enfin l'existence d'un opercule, dans le cas de certains trématodes et des gros cestodes (Dibothriocephalus). Les œufs de la même espèce de parasite varient très peu et sont dans chaque cas suffisamment stables et définis pour permettre d'établir un diagnostic correct.
Œufs du Trichocephalus trichiurus (flg. 125, c). — Des trois nématodes communs susmentionnés — Trichocephalus trichiurus, Ascaris lumbricoides et Ankylostomum duodenale — c'est le premier dont on rencontre les œufs le plus fréquemment. Ils se présentent parfois en nombre considérable, cinq ou six spécimens étant alors visibles dans le champ de l'objectif no'2. Ils offrent un aspect assez frappant sous le microscope. Ils sont ovales, mesurant 51 à 54 iJ. sur 21 à 23 ; les extrémités du grand axe sont légèrement pointues et garnies d'une sorte de tampon brillant. Leur aspect général rappelle celui d'un plateau ovale allongé, les tampons placés aux pôles de l'œuf représentant les anses du plateau. Ils ont une couleur brun foncé, une forme nettement définie, un double contour ; ils ne contiennent pas d'embryon différencié.
Les œufs de V Ascaris lumbricoides (fig. 125, /, g) sont considérablement plus larges (60 à 75 a sur 40 à'58 \i) que ceux du T. trichiurus. En règle générale, ils sont aussi plus sphériques ou plutôt d'un ovale plus large ; parfois ils
Fig. 126. — Œufs de trématodes.
a, Schisiosomum hasmaiobium;h, S. mansoni ; c, Heterophyes heterophyes ; d, Opistorchis sinensis ; e, Opistorchis noverca; i,Paragonimus westermanni; g, Fasciolopsis buski.