‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 201 sur 213 · GROS TALON · texte numérisé non relu

GROS TALON

souvent la peau, particulièrement à la première articulation du petit orteil, épaissie, rude, écailleuse, et quelquefois même ulcérée. On comprend qu'une irritation continuelle à ce niveau, produite et entretenue par les aspérités du sol, donne lieu, surtout «hez les races noires si sujettes aux chéloïdes, à une transformation fibreuse du derme, qui peut très bien aboutir à une sorte de constriction cicatricielle linéaire et, en dernier lieu, à une lente strangulation atrophiante de l'orteil affecté. La maladie aurait été cependant constatée chez des individus habitués à porter des chaussures ; mais, à moins qu'on puisse prouver que ces sujets ont toujours porté des chaussures, cette objection n'est pas concluante contre mon hypothèse. J'ai vu un nègre chez lequel tout le tégument du petit orteil était envahi par la sclérodermie, et dont le membre en question était ratatiné et fixé contre le pied, tandis que le petit orteil du côté opposé était atteint d'un aïnhum bien marqué ; le processus était diffus d'un côté et limité de l'autre, pour ainsi dire.

La queue de certaines espèces de singes peut présenter une affection semblable. J'ai observé un petit singe chez lequel la partie correspondant à la dernière vertèbre avait été perdue par suite d'une constriction hnéaire ressemblant à celle de l'aïnhum. Deux mois après, la vertèbre voisine était semblablement amputée, et plus tard un troisième sillon se forma un peu plus haut.

Traitement. — On a conseillé de pratiquer des incisions sur la bande fibreuse pour retarder l'évolution de la maladie. Ce procédé pourra être essayé dans les débuts de l'affection. Lorsque l'orteil envahi devient gênant, il faut en faire l'amputation.

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