GROS TALON OU HYPERTROPHIE ENDEMIQUE DU CALCANÉUM
Mac Lean a décrit, en novembre 1904, une forme particuhère d'hypertrophie du calcanéum qu'il a observée à Kaziankor (Côte d'Or) chez des Fantis et des Kroos. La maladie commence assez brusquement ; elle est précédée de fièvre et accompagnée d'une douleur et d'une sensibilité qui atteignent leur maximum au bout d'un mois et diminuent graduellement durant les deux mois suivants.
ON YALAI.
En même temps que la sensation douloureuse, une tuméfaction de la surface externe du calcanéum, rarement des os du tarse, fait son apparition. Quelquefois un seul talon est atteint, quelquefois les deux. La tumeur peut être assez considérable pour être perçue très nettement aussi bien à l'inspection qu'à la palpation. Elle diminue à un certain point, mais non tout à fait, lorsque la douleur s'apaise. La locomotion est sérieusement gênée par la •douleur, mais les articulations restent indemnes. La maladie reparaît de temps en temps, surtout durant la saison des pluies. Dans un cas cité par Mac Lean, l'application d'eau froide à n'importe quel moment provoquait une vive douleur.
Maxwell a rapporté, en mars 1905, une affection semblable chez les indigènes de Formose. Comme dans les cas cités par Mao Lean, les malades étaient de jeunes hommes de vingt à vingt- -cinq ans. Dans les cas de Maxwell, la maladie, quoique très douloureuse, semblait avoir un caractère plus chronique. Chez un de ses malades, les souffrances étaient très diminuées en tréphinant les os affectés. Cette curieuse affection ressemble un peu au goundou. Jusqu'ici, nous n'avons aucun renseignement sur son étiologie. Elle n'est probablement pas syphihtique. L'iodure "de potassium n'a donné aucun résultat chez les malades de Maxwell.
ONYALAI.
Yale Massey a décrit sous ce titre {Journ. of Trop. Med., sept. 1904, avril 1907), une maladie particuhère existant chez les indigènes de l'Afrique occidentale portugaise, ainsi que sur la rivière Lualaba. Elle est caractérisée par la formation d'un certain nombre de vésicules distendues par le sang et mesurant d'un demi-centimètre à un centimètre de diamètre, sur la voûte palatine et sur la muqueuse jugale. Certaines de ces vésicules sont ombiUquées. Elles diffèrent des vésicules hémorragiques ordinaires par la présence de nombreuses trabécules et la semi-coagulation de leur contenu, ce qui les rend difficiles à vider. L'urine parait invariablement contenir du sang pur. Parfois la maladie s'accompagne de fièvre et, quoique les cas observés par Yale Massey aient tous guéri (sauf une seule exception) en l'espace d'une semaine à dix jours, les indigènes ont une grande crainte de cette affection -eu égard à sa réputation de mortalité. L'étiologie est inconnue.