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L'ËTIOLOGIE DES MALADIES TROPICALES

Le titre donné à cet ouvrage ne doit pas être pris dans son ^ sens le plus étroit. Si par « maladies des pays chauds » ou « maladies tropicales » on veut entendre les maladies qui ne seproduisent que sous les tropiques, une demi-douzaine de pages seulement suffiront pour les décrire ; en effet, il existe à peine deux ou trois affections, relativement sans importance, qui méritent strictement ce titre. Si, d'autre part, on comprend sous le nom de « maladies tropicales » toutes les maladies qui se produisent sous les tropiques, alors il faut parcourir à peu près le champ des études médicales ; car la plupart des maladies des pays tempérés se retrouvent, et presque dans les mêmes circonstances, sous le climat des pays chauds.

J'emploie le terme « tropical » dans un sens météorologiqueplutôt que géographique, pour indiquer une température atmosphérique maintenue constamment élevée ; et, par le terme « maladies tropicales», je veux désigner les maladies qui se produisent seulement dans les climats chauds ou qui, par suite de certaines conditions, y prennent une importance particuhère.

Il ne faut pas en conclure, cependant, qu'une haute température soit la cause unique et directe de la plupart des maladies tropicales. La constitution physiologique du corps humain est adaptée à supporter impunément de grandes variations de température atmosphérique. En réalité, quoique la température agisse comme un important facteur pathogénique, il est rare qu'elle le fasse d'une manière directe. Le froid excessif peut produire la gelure ; l'exposition au soleil donnera des érythèmes, de la céphalalgie et une fièvre symptomatiquc ; une haute tem*

^ INTRODUCTION

pératiire, de l'insolation ; un séjour prolongé dans des climats humides et chauds, un état de débilité mal défini ; un séjour dans des climats frais et secs, un effet contraire ; une sueur profuse, par suite de la chaleur atmosphérique, donnera des bourbouilles! Mais aucun de ces états ne peut être, à juste titre, considéré ■comme une maladie.

Cela étant, on doit se demander de quelle nature est l'influence incontestable qu'exercent les chmats tropicaux sur les maladies ; -et pourquoi certaines affections sont spéciales à ces climats ou y prennent une importance particuhère.

En général, les indigènes des pays tropicaux supportent, sans en être incommodés, les conditions météorologiques de ces contrées ; leur constitution est adaptée au miheu par l'accoutumance et l'hérédité. L'Européen sera peut-être, à son arrivée «ous les tropiques, et jusqu'à ce que son organisme se soit fait au ■changement de conditions chmatériques, exposé à certaines irrégularités physiologiques, surtout s'il persiste dans des habitudes <liététiques appropriées à son pays d'origine. Une prédisposition à certaines maladies, et une tendance à l'affaibhssement des organes pourront s'ensuivre; mais une maladie aiguë, avec d'actifs changements des tissus, ne se produira pas de cette manière. Sous les tropiques comme dans les cMmats tempérés, chez les Européens comme chez les indigènes, presque toutes les maladies ■ont une origine spécifique. C'est dans leurs causes spécifiques que gît la principale différence entre les maladies des pays tempérés et celles des pays tropicaux.

La science moderne a clairement démontré que presque toutes les maladies ont pour cause directe ou indirecte des germes morbides. Il faut reconnaître que si, dans la plupart des cas, <îes germes ont été découverts, il en est cependant qui sont encore à trouver ; néanmoins, on peut avec vraisemblance affirmer leur existence.

Ces germes sont des êtres organisés et vivants, et, comme tous les êtres vivants, ont besoin pour subsister de certaines conditions physiques favorables, en particuher des conditions de température et de milieu.

Dans la majorité des cas, les germes morbides sont de vrais parasites et, par conséquent, demandent, pour assurer la continuité de l'espèce, à passer d'un hôte à un autre. Si, durant ce

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