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VÉTIOLOGIE DES MALADIES TROPICALES. XI

passage, la température du milieu intermédiaire — que ce milieu soit l'eau, l'air ou toute autre matière — se trouve trop haute ou trop basse pour les besoins du germe en question, celui-ci meurt et cesse d'être infectieux. C'est ce qui explique l'absence sous les tropiques d'une classe de maladies directement transmissibles, dont le type est la fièvre scarlatine, et aussi l'absence sous les climats tempérés d'une classe semblable de maladies représentées par la dengue. Dans le premier cas, durant le court passage d'un être humain à un autre, la température élevée est fatale au germe que transporte l'air ; dans le second cas, la basse température des latitudes plus élevées produit un effet semblable.

Dans une autre classe de maladies, dont la Tinea imbricata (ou tokelau) fournit un excellent exemple, le germe végète à la surface du corps et est ainsi exposé aux vicissitudes du climat. L'un des besoins du germé en question est une haute température et un certain degré d'humidité. Donnez-les-lui, il se développe privez-le de leur action, et il meurt, comme mourraient un oiseau de paradis ou un palmier transportés dans une contrée froide.

Un grand nombre de maladies réclament, pour être transmises d'un individu à un autre, l'aide d'un troisième hôte complètement différent. La propagation et la continuité d'existence d'une maladie de cette catégorie dépendront donc de la présence de cet hôte intermédiaire. Si c'est une espèce tropicale, la maladie dont la transmission en dépend sera nécessairement confinée aux tropiques. Ainsi, la distribution géographique de la malaria et de la filariose est déterminée par celle d'une espèce particuhère de moustique qui sert d'hôte intermédiaire aux germes de ces maladies en les ingérant et en les préparant, pour ainsi dire, à pénétrer dans leur hôte humain. La distribution d'un grand nombre de maladies à parasites animaux dépend ainsi de celle de leur hôte intermédiaire. Quand celui-ci se trouve être une espèce tropicale, la maladie qu'il transmet est nécessairement aussi tropicale, dans les conditions ordinaires.

Certaines maladies sont communes à l'homme et à certaines espèces animales. Si ces dernières se trouvent être des espèces tropicales, les occasions pour l'homme de contracter la maladiiî sont surtout nombreuses ou même existent seulement sous les tropiques. C'est ce qui a heu probablement pour quelques affections cutanées (herpès circiné, etc.).

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INTRODUCTION

Certains parasites sont organisés de telle sorte qu'avant de ren rer de nouveau dans l'homme, ils doivent passe' une partie de leur existence à l'état libre et exigent alors une assez haute température pour leur développement. De tels parasites doivent donc ainsi que les maladies qu'ils produisent, être confinés aux pays tropicaux et pré-tropicaux. C'est le cas, en particulier, de 1 Ankylostomum duodenale et de l'ankylostoraiase

Il existe une classe de maladies par intoxication qui sont produites par des toxines sécrétées par des germes dont l'habitat est le sol, 1 eau, ou quelque autre miheu extérieur, et dans lesquelles la présence du germe dans le corps humain n'est pas nécessaire, pourvu que la toxine y soit introduite. La levure et sa toxine 1 alcool, et la maladie qu'elle produit, l'alcooHsme, en sont exemple le plus familier. L'ergotisme, l'atriphcisme, et peut-être le lathyrisme appartiennent à cette classe, et probablement aussi le béribéri. Les germes de ces maladies demandent certaines températures et certains miheux ; par suite, les maladies en question ont une distribution géographique correspondante, bi 1 une des conditions requises est une haute température la maladie, comme dans le cas du béribéri, est une maladie tropicale.

Enfin, on peut concevoir, et, pour ma part, je crois qu'il existe une autre série de conditions qui influencent, quoique d'une mamere moins directe, la distribution des maladies, conditions qui sont encore ignorées des épidémiologistes, mais qui ne doivent pas être néghgées dans la question. Les germes des maladies leurs agents de transmission et leurs hôtes intermédiaires étant des êtres vivants, sont, durant les phases extra-corporelles, exposés a être la proie ou tout au moins la victime d'autres organismes dans la lutte pour l'existence. Le parasite de la malaria est absent dans beaucoup d'endroits où, apparemment, toutes les conditions favorables à son existence se trouvent réunies. Pourquoi ne l'y trouve-t-on pas, même lorsque certainement il a été fréquemment introdmt? Je suppose que, dans certains cas, ces germes ou les orgamsmes qm les abritent sont détruits par des ennemis naturels qm les absorbent, tout comme les poissons absorbent les insectes aquatiques, ou comme les souris absorbent les bourdons. La distribution géographique de semblables germes dépendra donc non seulement de la présence de conditions favorables, mais

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