‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 49 sur 213 · CIRCONSTANCES FAVORISANT LES MANIFESTATIONS CLINIQUES · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES FAVORISANT LES MANIFESTATIONS CLINIQUES

DE l'invasion MALARIQUE.

En général, l'invasion de l'organisme par l'hématozoaire se déclare au bout de huit à dix jours. Comme dans les autres infections, certains individus résistent plus ou moins longtemps Un très petit nombre paraissent immunisés d'une manière, permanente. Tout ce qui tend à produire une dépression physiologique favorise la susceptibiHté et l'apparition de symptômes aigus.

Influence des conditions météorologiques sur les rechutes.

— Un paludéen, tant qu'il réside dans la tiédeur des climats tropicaux, peut rester en parfaite santé ; mais lorsqu'il a à lutter, comme c'est le cas des marins et des voyageurs retournant en Angleterre, contre les rigoureux hivers du Nord, lorsqu'il est exposé au froid, qu'il a à subir de longues veilles et des travaux fatigants, le paludisme, très souvent à l'état latent, se réveille et la fièvre éclate. C'est une expérience de tous les jours faite avec les paludéens qui reviennent des tropiques ; c'est presque la règle avec ceux qui ont vécu sur la côte occidentale de l'Afrique. Stanley rapporte que tant que lui et ses compagnons remontèrent le Congo, ayant le vent pour eux et, par conséquent, n'en étant pas incommodés, ils n'eurent pas de fièvre ; mais, lorsqu'ils descendirent le fleuve, une forte brise leur frappait le visage et les refroidissait, et ils eurent alors constamment des accès. La dépression physiologique et les désordres produits par le froid paralysèrent le pouvoir de résistance de l'organisme, et permirent à l'hématozoaire, jusque-là à l'état latent, de prendre le dessus. On constate que, dans les régions les plus impaludées de l'Afrique tropicale, les habitations placées sur des éminences et exposées au vent ne sont pas aussi salubres que celles qui sont situées un peu plus bas et, par suite, sont moins exposées au vent et plus abritées. Ce dernier fait ne doit pas être interprété comme prouvant que le vent produit la malaria ou en transporte le germe. Le vent agit simplement conime^p,aug^. d^^(^(^g(|j physiologique, de refroi-

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dissement ; il a la même action que la fatigue, la faim, l'humidité la maladie, la peur, les excès ou les émotions déprimantes.

Sexe, âge, occupation. — Le sexe en lui-même ne semble avoir aucune influence en ce qui regarde la sensibilité au paludisme ou la gravité des accès. Il en est de même de la profession, bien que naturellement ceux qui cultivent ou travaillent le sol soient plus exposés à la malaria et, par suite, plus sujets à ses manifestations que les citadins ou les marins. Les accès paludéens sont plus fréquents,''plus graves et plus dangereux chez les jeunes enfants que chez les adultes.

La malaria maladie transmissible. — La malaria n'est certainement pas transmissible d'une manière directe, au sens où on l'entend pour la variole ou la rougeole, par exemple. Elle ne peut se transmettre directement que par l'injection de sang paludéen. Mais on ne peut plus douter actuellement qu'un malade atteint de malaria ne soit une source de danger pour ses voisins, pourvu qu'il existe dans la localité des moustiques sensibles au paludisme. Si le malade est piqué par de tels moustiques — soit dans une chambrée de caserne, soit dans une prison ou dans une habitation, — au bout d'une semaine les personnes piquées par les mêmes insectes pourront être infectées, et dix jours plus tard elles pourront être atteintes d'accès palustres.

Nécessité de l'étude du moustique. — Que la malaria puisse être acquise par l'inhalation ou l'ingestion des spores du parasite, ou qu'elle ne soit transmise que par la piqûre du moustique, il n'en est pas moins vrai que cet insecte est l'agent principal et indispensable de la difïusion du germe. On n'aura donc une entière connaissance de tout ce qui concerne l'étiologie de la maladie que lorsqu'on connaîtra à fond les diverses espèces de moustiques capables de donner asile à l'hématozoaire, les divers vertébrés qui peuvent prendre la place de l'homme dans le cycle d'évolution du parasite, leur distribution géographique, leurs mœurs, leurs ennemis. Pour l'instant, cette étude e st à peine commencée. Quand nous aurons dit que l'hématozoaire est transporté par plusieurs espèces d'Anophelinœ, et que ces espèces ont pour la plupart des mœurs nocturnes, nous aurons énuméré les principaux

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points de nos connaissances actuelles sur ce sujet. Quant à savoir si certaines espèces de Culex, de Stegomyiaou d'autres CuUcinœ ne peuvent pas renfermer le parasite, comme plusieurs d'entre elles font certainement pour le Plasmodiiim danilewskyi et la Filaria hancrojti, voilà ce qu'il est impossible de dire pour le moment. Ce vaste champ d'études est activement parcouru aujourd'hui, do sorte qu'on peut s'attendre à posséder bientôt des connaissances beaucoup plus étendues.

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