ACCLIMATEMENT ET IMMUNITÉ
Acclimatement personnel. — Existe-t-il quelque chose de semblable à un acclimatement en ce qui concerne la malaria? La réponse à cette question est « oui et non ». Il semblerait que ceux qui ont résidé pendant plusieurs années dans un pays palustre soient moins sujets à des fièvres rémittentes graves, mais plus exposés à des accès bénins. Comme je l'ai déjà dit, la première attaque de fièvre palustre est en général rémittente et d'un caractère grave ; les accès suivants sont en général franchement intermittents. Les vieux fébricitants sont plus sujets à des accès pernicieux d'un type adynamique que ceux qui ont été infectés depuis peu. Des causes de peu d'importance, incapables de provoquer la fièvre chez les nouveaux arrivants, suffisent souvent pour faire éclater un accès de fièvre chez un ancien résident. Celui qui arrive pour la première fois sous les tropiques ne s'inquiète pas beaucoup s'il s'expose au soleil, à la pluie et au vent; mais celui qui réside depuis longtemps dans les chmats chauds se garde bien de sortir sans son casque et sans son ombrelle blanche. Ce dernier porte de la flanelle, change de vêtements après un exercice, prend soin de ne pas se refroidir trop rapidement en s'asseyant dans un courant d'air ; il ne gardera jamais sur lui d'habits mouillés. Le nouveau débarqué considérera ces précautions contre le refroidissement comme des signes d'efîéminisation. Cette opinion n'est pourtant pas exacte ; l'expérience a appris au vieux colonial que la non-observation de ces préceptes lui vaut un accès de fièvre et une semaine d'inaction forcée. Le nouveau débarqué prend un bain froid tandis que le vieux colonial en prend un chaud. Le nouveau débarqué se couche tard, mange, boit et fume comme en Europe ; le vieux colonial va au lit au moment convenable, boit, mange et fume avec modé-