LES MOUCHES TSÉ-TSÉ
considère « qu'il existe une immunité naturelle des bestiaux contre le trypanosome ... Theiler croit que l'agent de transmission est une mouche 1 Hippobosca rufipes. Une autre espèce, H. maculata, récemment importée avec la cavalerie de l'Inde, est considérée comme aidant à la transmission du parasite. La maladie produite est connue au Transvaal,sous le nom de galziekte ou maladie bilieuse.
LES MOUCHES TSÉ-TSÉ (Planche III).
(Genus Gîossina, Wiedemann, 1830.)
Les Glossinœ sont des mouches de couleur sombre, étroites de corps, longues de 8 à 12 millimètres, avec une trompe épaisse {i. e. la trompe incluse dans les palpes), projetée horizontalement sur le devant de la tête. Leurs ailes sont larges, d'une teinte brunâtre, et présentent des nervures caractéristiques (Planche III) ressemblant quelque peu à celles de l'œstre du bœuf (Hypoderma). La particularité la plus frappante dans l'aile est la forme de la quatrième nervure longitudinale, qui vers le milieu de l'aile se recourbe brusquement en haut pour rejoindre la nervure transversale antérieure, courte et très oblique ; là, décrivant un angle droit, elle se dirige obliquement en bas pour rejoindre la nervure transversale postérieure, et enfin se recourbe de nouveau par en haut pour se terminer au bord de l'aile près de son apex. Lorsque la tsé-tsé est au repos, ses ailes se croisent sur sa face dorsale comme des lames de ciseaux (fig. 48, et Planche III). L'attitude des ailes au repos, outre qu'elle donne à la mouche une forme allongée particuUère, la fait facilement distinguer des autres diptères hématophages avec lesquels on pourrait la confondre, à savoir la mouche piqueuse [Stomoxys) et le taon (Hœmatopota). La Stomoxys est plus petite, a une trompe grêle et ses ailes divergent au repos, formant un angle. h'Hsematopota présente de longues antennes saillantes et ses ailes sont tectiformes, i. e. se rejoignent à leur base et divergent légèrement à leurs extrémités. Dans quelques espèces, l'abdomen est traversé par des bandes brun noirâtre bien nettes, interrompues sur la ligne médiane. Chez les mâles, les organes génitaux forment sous la partie terminale de l'abdomen une protubérance bien apparente, qui permet de distinguer aisément les sexes. Les palpes sont longs, et leur face interne creusée en gouttière s'appUque sur la trompe, qu'ils cachent presque entièrement ; la seule partie de la trompe qui soit découverte est une expansion bulbaire volumineuse située à la base. La trompe se compose de trois parties (fig. 48 bis) : le làbrum, Vhypopharynx et le labium.
Le genre G/oss ma appartient à la sous-famille des Muscinse, de la famille muscidjE. Les genres les plus voisins sont Stomoxys, Lyperiosa, Heematobia, Beccarimyia; mais, en raison de sa hmitation à l'Afrique, de ses caractères particuliers (renflement bulbaire à la base de la trompe, saillie des organes génitaux mâles, disposition des nervures des ailes) et de son mode de reproduction aberrant, le genre Glossina présente une individualité bien marquée.
Ce genre comprend dix espèces, dont voici les caractères distinctifs :
TR YPAJVOSOMIASE.
Grosses espèces; ion- ( ^^^''^^ P?''*^"^ partie dorsale
gueur du corps dépas- ) S"^ ' li ''^.f "^''^^
San t 11 millimètres . ) ^«^'""'^«^^s G. lons-ipenms.
\ Thorax sans taches G. fu
jusca.
M S ^ tn.ë / / / Abdomen de cou-
Q,"^ ê i l "^""^ derniers l leur assez uni-
§g g \ \ articles des pat- 1 forme G. palpalis.
o t Antennes tes antérieures Abdomen présen- "l^-l cs„-"\ "''''•es-. sont noirs..../ tant des bandes 2/S^l'=^£m) / \ ^■''^s visibles.. G. tachinoides.
^ 1 S-B / [Tous les articles des pattes anté-
s'f^'-ë f ' rieures sont jaunes G.bocagei.
^. I j \ Antennes jaunes G. paUicera.
i / i - 1 '^^^ ^^^^ premières paires de pattes, tarse jaune . G. paUidipes. « f ë I s / Bande abdominale
'«3 e fc, s~ 1
^ 1^ 5 :i - = , . occupant un tiers 2 5 - l-^'^^ premières paires ) d'anneau G. morsitans.
ra „ ^ = ^. j-fiUA uBUA premières pa
•I lliï/ d^P^"es, tarse noir.... ^ Bande abdominale
g-s.^ ; ^ occupant un
-< s l sixième d'anneau G. longipalpis.
Distribution. — Les mouches tsé-tsé sont confinées à l'Afrique. Certaines espèces, telles que G. fusca et G. morsitans, ont une distribution très vaste à travers la plus grande partie de l'Afrique tropicale. G. palpalis est aussi lareement distribuée,, s'étendant du Sénégal à Counani à l'ouest, et à travers le bassin du Lualaba (affluent du Congo) jusqu'au lac Victoria Nyanza et au Haut-Nil au moins jusqu'à Moolo (Soudan). G. longipalpis a été rencontrée dans la Guinée française, au Congo et au Zambèze. G. pallidipes habite toute l'Afrique orientale. D'autres espèces pai-aissent plus restreintes. G. longipennis est limitée au Somaliland et aux régions adjacentes ; G. tachinoides au lac Tchad; G. pallicera à la Côte d'Ivoire. Nous ne devons cependant pas oublier que les limites des diverses espèces sont imparfaitement connues. Du reste, leur distribution topographique est bien plus importante et bien mieux étudiée. Les Glossinse ne sont jamais rencontrées sur les montagnes ; elles ne se trouvent guère à plus de 900 mètres d'altitude ; elles n'habitent pas les grandes plaines ou les endroits non boisés; on les observe rarement dans les endroits cultivés. Leur habitat est toujours dans le voisinage des eaux découvertes, au bord des rivières, des ruisseaux et des sources, sur les îles basses des cours d'eau, dans les marais et les bourbiers, lorsqu'ils sont bien dégagés et bordés de sable, et particuhèrement au pied des montagnes. Elles ne fréquentent pas les rives des cours d'eau ou des lacs bordés de joncs, ni les marécages remplis de joncs. Elles sont surtout abondantes au bord de l'eau et deviennent de plus en plus rares à mesure qu'on s'en éloigne, disparaissant entièrement à une distance de quelques milles. Les endroits qu'elles occupent sont strictement définis et, en général, fixés d'une façon permanente. On appelle ces endroits « zones (ou ceintures) des mouches » (fly belts) et les indigènes en connaissent les limites d'une façon précise. Ces zones varient beaucoup comme disposition et comme étendue ; elles existent souvent d'un seul côté d'une rivière, faisant défaut sur l'autre rive. Ces territoires occupés par les mouches tsé-tsé sont ordinairement