‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 60 sur 213 · LES MOUCHES TSÉ-TSÉ · texte numérisé non relu

LES MOUCHES TSÉ-TSÉ

confinés à des portions de brousse, à des plantations de bananiers s'avançant au bord de l'eau, ou à des aires de forêts de mosanis ou de mimosas. En résumé les conditions essentielles à l'existence d'une zone de tsé-tsé sont : la présence d'une eau à ciel ouvert, une région boisée et une rive accessible. D'ordinaire, on trouve ces mouches sur les hauteurs sablonneuses ou sur les rives escarpées ou bordées d'arbustes.

La limitation de la tsé-tsé en des territoires ou zones définis a donné lieu à de nombreuses explications. L'opinion générale est que la mouche se place au bord de l'eau pour piquer les animaux qui viennent boire. M. Austen voudrait y voir une tendance sociale qui se rencontre fréquemment parmi les diptères. Sambon suppose qu'il y a là une question de nourriture, se rapportant peut-être à la présence d'un poisson à respiration aérienne ; il en existe en effet plusieurs genres {Clarias, Clarialabes, Channallabcs) dont les espèces nombreuses peuplent les lacs et rivières d'Afrique. La mouche se nourrirait directement du sang de ces poissons, ou de certains mammifères ou oiseaux mangeant ces poissons. L'association des mouches et des poissons à respiration aérienne peut expliquer la distribution si particulière de la tsé-tsé, sa limitation au voisinage de l'eau, et la nature sablonneuse et boisée de ses habitats. En effet, pendant la saison sèche, les poissons en question sont obUgés de s'enterrer dans la vase ou dans des excavations d'où ils sortent vers le soir pour chercher leur nourriture ; ils doivent donc nécessairement se rassembler en des endroits présentant des conditions favorables à leur existence (1). Il est très important d'établir avec certitude la cause exacte de la singulière hmitation tropicale de la mouche tsé-tsé, pour pouvoir en déduire la prophylaxie de la maladie transmise par cet insecte.

Reproduction. — Les Glossinse ne pondent pas leurs œufs comme le font

Palpes

Lèvre supérieure ou Inbrum^

Fig. 48. — Mouche tsé-tsé.

Hypophart/na\

Lèvre inférieure -ou labium

Fig. 48 his. — Tsé-tsé : structure buccale.

a plupart des diptères, mais, ainsi que les mouches des bois [Hippoboscidse), elles sont vivipares ; les œufs éclosent, les larves se nourrissent, se développent et muent dans le corps de la mère, de sorte qu'au moment de leur

(1) Il est intéressant de noter, à l'appui de cette hypothèse, que tout récemment des trypanosomes semblables à ceux des mammifères ont été trouvés par Dutton, Tod<i et Toby chez le Clarias angolensis à l,éopoldville, et par Montel dans un autre poisson à respiration aérienne d'une espèce indcLcrmuioe.

TR YPANOSOMIASE.

expulsion les jeunes insectes ont à peu près atteint le stade de pupe (ou nymphe). En fait, la larve déposée devient presque immédiatement une pupe, sa peau formant une chrysalide dure, de couleur foncée. Lorsqu'elle sort de la mère, la larve est presque aussi grosse que l'abdomen maternel ; elle a un corps ovoïde jaunâtre, composé de douze segments et présentant deux petits crochets au pôle antérieur, et deux protubérances à l'extrémité postérieure qui est noire. L'insecte parfait sort de sa chrysalide au bout de six semaines environ. En ce qui concerne la G. palpalis, la pupe a été trouvée dans l'Ouganda, enterrée dans le sol friable près des racines de bananiers (Bagshawe). I Mœurs, — Les mouches tsé-tsé sont de voraces suceuses de sang, très obstinées dans leurs attaques contre l'homme et les animaux. Elles piquent exclusivement durant le Jour. Contrairement à ce qui se passe pour les taons (Tabanidœ) et les moustiques (CuZicidaj), dont les femelles seules se nourrissent de sang, chez la tsé-tsé les deux sexes sont hématophages.

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