‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 74 sur 213 · FIÈVRE A TACHES DES MONTAGNES ROCHEUSES · texte numérisé non relu

FIÈVRE A TACHES DES MONTAGNES ROCHEUSES

Ces observateurs ont décrit deux phases dans l'évolution du parasite — une grande et une petite — avec des formes de transition. Les petits parasites (1,5 à 2 sur 1 [x) sont ovoïdes, non amiboïdes, et isolés d'ordinaire ; un globule infecté sur 10 contenait deux parasites presque en contact par leur petite extrémité. Les grandes formes sont toujours isolées; d'aspect ovoïde en général, elles mesurent de 2 à 3 sur 3 à 5 [x. Dans le sang récemment extrait, les grands parasites sont doués d'actifs mouvements amiboïdes, émettant et rétractant des pseudopodes. Outre ces deux formes, on trouve dans le plasma sanguin de petits corps en forme de coccus, ressemblant comme dimensions et comme réaction aux colorants aux petits parasites intra-globulaires. Toutes ces formes se colorent, mais imparfaitement, par le bleu de méthylène, la coloration étant surtout intense à leur petite extrémité.

Wilson et Chowning supposent que ce parasite est spécial à l'écureuil à terrier ou spermophile gris {Citellus colizmbianus), commun dans les régions où sévit la fièvre à taches, et que l'agent

de transmission est une tique {Dermacentor reticulatus). Les limitations géographique et saisonnière de la maladie paraissent en faveur de cette hypothèse.

Quoique tous leurs malades, au nombre de onze, aient été piqués par des tiques — trois d'entre eux quelques jours seulement avant l'apparition de la maladie, — ces ^. ^ observateurs n'ont pu encore fournir de

Fig. 52. — Dermacentor re- ^ ^

ticuiatus (femelle). preuves expérimentales pour etayer leur

opinion. Ces preuves ne doivent pas être difficiles à obtenir, étant donné que les lapins sont sensibles à l'inoculation directe par le sang infecté (1).

Un grand nombre d'observateurs locaux considèrent la fièvre des Montagnes Rocheuses comme étant du typhus exanthématique, et Sambon, dans un article récent, se prononce pour cette identité, sur des bases chniques et épidémiologiques, et fait remarquer que le typhus pourrait n'être pas directement transmissible, comme on le croit généralement, mais serait probablement trans-

(1) Tout récemment, Ricketts a apporté des preuves expérimentales à l'appui de la théorie de la transmission par la tique.

ÉTIOLOGIE. 239

mis par l'intermédiaire d'insectes. En ce qui regarde les observations de Wilsoritet Chowning, il remarque que vers la même époque Gotschlich a déclaré avoir trouvé une Bahesia dans le sang de malades atteints de typhus en Egypte, et considère la nature protozoaire de cette maladie comme très probable. La transmission, par la tique ne serait d'ailleurs pas impossible; ce mode de contagion, dans les États de l'Ouest en Amérique, serait analogue a celui de la fièvre récurrente, qui se transmet en Afrique par la piqûre de la tique, en Europe par la punaise commune ou d'autres insectes suceurs de sang.

Mortalité. — H y a une différence frappante au sujet de la mortalité dans les différents États. Dans l'Idaho, elle est de 2,5 p. 100 environ ; dans le Montana, elle atteint 70 à 80 et certaines années 90 p. 100.

Traitement et prophylaxie. - En l'absence d'un remède spécifique, on doit organiser le traitement suivant les principes généraux, en tenant compte de l'histoire naturelle et de la nature de la maladie. Les tentatives de prophylaxie seront basées sur le mode hypothétiqué de transmission décrit plus haut.

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