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CHAPITRE XVII

FIÈVRE FLUVIALE DU JAPON {Shima mushi)

Définition. — Maladie endémique aiguë à cycle défini et à mortalité considérable. Elle est caractérisée par la présence sur la peau d'une escarre initiale suivie d'un ulcère, de lymphangite, de fièvre, d'une éruption exanthématique, de bronchite et de conjonctivite.

Historique. — Cette maladie fut d'abord décrite par Palm en 1878 et ensuite, d'une manière plus complète, par Baelz et Kawakami.

Distribution géographique et saisonnière. — Cette fièvre [Shima mushi) est probablement confinée aux rives de deux cours d'eau sur le versant occidental de l'île de Nippon — le Shinanogawa et l'un de ses affluents, et l'Omonagawa.

Tous les printemps, ces rivières inondent de larges étendues de terres. Un peu plus tard, on fait pousser du chanvre sur une portion du territoire inondé. La récolte est faite en juillet et en août, et c'est seulement parmi les travailleurs qui manient le chanvre que la maladie éclate. Elle n'est pas transmissible du malade à l'homme sain. Quoique le germe soit transportable par le chanvre jusqu'à un certain point, la maladie ne se produit que dans des endroits limités et seulement dans la zone denméique.

Étiologie. — Les Japonais attribuent la maladie à la piqûre d'un acarus (appelé par eux aka mushi — insecte rouge) qui ressemble au Leptus autumnalis d'Europe. Baelz rejette cette opinion, mais ne fournit aucune autre explication de l'introduction du virus. Les hommes, les femmes et les enfants sont également susceptibles. Une attaque ne confère pas l'immunité, mais deut rendre les attaques suivantes moins sévères.

Jusqu'ici le virus de cette maladie, qui s'introduit certainement

SYMPTOMES

en premier lieu au nWeau de l'escarre initiale, n'a pas encore été découvert.

Sym,t6mes. - Après une période ^^'^^^^^f^^^^^ sPDt iours la maladie- débute ordinairement par du malaise, ae X!^Ù.^ et temporale, del'anorexie, des ^s-— avec des bouffées de chaleur et de la prostration. P^^^^ accuse de la sensibilité et de la douleur dans ^^^^t 'o^^^^^^ de l'aisselle ou du cou. L'inspection de la P-^dans a zone cor^^ pondante fait découvrir - en général du cote de 1 ^^^^J^J' liaisselle - une petite escarre (2 à 4 -^^-^'"^f^^^^^^^^^^^ dure, très adhérente, entourée d'une tri e™

congestion superficielle. On trouve parfois deux ou ^^22uZl semblables. On peut déterminer un trajet légèrement douloureux depuis la plaie jusqu'aux ganghons sensibles et engorges mai 11 n'y a pas de cordon de lymphangite à proprement pailer. Les ganghons superficiels du reste du corps, surtout ceux qui sont symétriques aux glandes d'abord infectées, sont aussi légèrement

'""unf fièvre plus ou moins continue s'établit ; le thermomètre monte en cinq ou six jours à 40° ou 41° G. Les conjonctives se congestionnent, et les globes oculaires sont légèrement projetés , en même temps une forte bronchite se manifeste par une toux épuisante. Le pouls est plein et bat avec force ; le nombre des pulsations est assez faible - 80 à 100 - relativement au degré de la fièvre. La rate est modérément mais distinctement hypertrophiée, et il y a une constipation marquée.

Vers le sixième ou le septième jour, un exanthème forme de larges papules rouge sombre apparaît sur la face, et tend à devenir confluent sur les joues. L'éruption gagne ensuite les avant-bras, les jambes et le tronc; elle est moins prononcée aux bras, aux cuisses, au cou et au palais. Concurremment aux papules, une petite éruption hchénoïde envahit les avant-bras et le tronc. Ces éruptions durent ordinairement de quatre à sept jours ; si elles sont très légères, elles peuvent s'évanouir en vingt-quatre heures.

Les malades, durant le paroxysme de la fièvre, sont congestionnés et peuvent avoir du délire nocturne. Ils se plaignent sans cesse, probablement à cause d'une hyperesthésie générale de la peau et des muscles. Ils peuvent présenter de la surdité. .

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