‹ Maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 85 sur 213 · FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

FIÈVRE TYPHOÏDE

L'existence de la fièvre typhoïde sous les tropiques a été longtemps non seulement ignorée, mais absolument niée, même par des médecins renommés. Autrefois, l'idée de la malaria dominait tellement la pathologie des fièvres tropicales que presque tous les cas de pyrexie, autres que ceux d'une existence éphémère et ceux accompagnés d'exanthème ou d'inflammation apparente, étaient réputés paludéens. Quand, à l'autopsie, on rencontrait une ulcération de l'iléon, la lésion intestinale était regardée non comme une lésion spécifique, mais comme une simple complication. Aujourd'hui l'on est mieux renseigné à cet égard, et la typhoïde a pris rang parmi les maladies communes sous les tropiques, comme l'une des plus fatales pour les Européens dans ces régions. On sait peu de chose sur la présence de la typhoïde chez les indigènes, sauf qu'ils peuvent contracter cette maladie ; chez les Européens, les médecins n'ont que trop d'occasions de la constater dans l'armée des Indes et en général dans la plupart des contrées tropicales, sinon dans toutes.

Outre ses ravages chez les jeunes Européens en Inde, la typhoïde sévit encore au Japon, en Chine, en Cochinchine, aux Philippines, en Malaisie, à Maurice; les Français en ont fait l'expérience maintes fois en Algérie et dans leurs possessions de l'Afrique occidentale ; les Anglais ont eu des ennuis du même genre dans l'Afrique du Sud. On trouve encore la maladie aux Antilles ; on la trouve même dans la Nigéria ; en fait, partout où l'on veut bien la rechercher attentivement.

La fièvre typhoïde abonde, pourrait-on presque dire, d'une manière alarmante parmi les jeunes gens, militaires ou civils, en Extrême-Orient. Elle est très commune chez eux durant les

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