MALADIES CAUSÉES PAR LA FILAIRE
Éiiumération. - Les maladies que 1 on sait pouvoir attril'uer i, la Filaria nocLunia sont les suivantes: — abcès;
r,G6 FILAIUOSE
lymphangite; adéno-lymphocèle ; adénite axillaire; lymphoscrotLim varices lymphatiques cutanées et profondes ; orchite; chylurie ; éléphantiasis des jambes, du scrotum, de la vulve, du bras, des seins, etc. ; chylocèle ; ascite chyleuse ; diarrhée chyleuse, et probablement d'autres formes de maladies causées par l'obstruction ou l'état variqueux des lymphatiques, ou par la mort des Pilaires adultes.
: js.hcès. — Parfois, nous l'avons déjà mentionné, par suite de traumatismes ou d'autres troubles physiologiques, de lymphangite, ou de causes inconnues, la Pilaire adulte meurt.
Généralement son corps est résorbé, comme le serait un morceau de catgut aseptique. Quelquefois cependant cette Pilaire morte agit comme un corps étranger irritant et produit un abcès dans lequel on peut trouver des fragments du parasite. Ces abcès, se produisant dans un membre ou dans le scrotum, s'ouvriront spontanément ou pourront être incisés ; ils ne donneront pas lieu à des troubles sérieux. Si, au contraire, ils se forment dans le thorax ou dans l'abdomen, de graves conséquences et môme la mort peuvent s'ensuivre.
11 est probable que, dans certains cas, l'abcès se forme parfois indépendamment de la mort du parasite, dans les ganglions atteints d'adénite, dans le lympho-scrotum, dans rélé^'phantiasis ou dans une zone quelconque de congestion lymphatique.
La mort de la Pilaire adulte ne doit pas être oubliée comme cause possible d'abcès chez les individus atteints de Pilariose. Des douleurs siégeant profondément dans le thorax ou dans l'abdomen, accompagnées d'une fièvre inflammatoire qui devient hectique, et d'une diminution dans le nombre des filaires embryonnaires, ou de leur absence totale dans le sang périphérique, doivent, en pareil cas, faire penser à un abcès filarique et suggérer l'opportunité
LYMPHANCrTE ET FIÈi^RE ÉLÉPHANTIASIQUE %y
cVune exploration et, si possible, d'une intervention eliirurgicale.
Lymphangite et fièvre éléphantiasîque. — SynipLômes. — La lymphangite est une lésion fréquente dans toutes les formes de lllariose, particulièrement dans l'éléphantiasis, l'engorgement ganglionnaire et le lympho-scrotum. Lorsqu'elle se produit dans un membre, on peut ordinairement constater, au début de Fattaque, le gonflement caractéristique des troncs lymphatiques et des ganglions correspondants, sous forme de cordons douloureux, et la traînée rouge de congestion dans la peau de la région. Très rapidement, le tissu conjonctif et la peau de la zone impliquée s'enflamment et deviennent tendus et une forte fièvre, précédée par un frisson violent et prolongé, s'établit bientôt. L'attaque peut durer plusieurs jours, et s'accompagne d'une céphalalgie très pénible, d'anorexie, souvent de vomissements, et quelquefois de délire. Au bout d'un certain temps, la tension des téguments enflammés peut disparaître sous l'action d'un épanchement de lymphe. Ordinairement l'attaque se termine par une abondante diaphorèse générale. Le gonflement diminue alors graduellement sans cesser complètement, les parties enflammées restant épaissies d'une manière permanente. La lymphangite peut être confinée aux ganglions de l'aine, au testicule, au cordon spermatique, ou aux lymphatiques abdominaux.
Diagnostic — Cette fièvre, très justement appelée « fièvre eléphantiasique » par Fayrer, se produit ordinairement dans presque toutes les formes de filariose, à des intervalles variés, qui peuvent durer des semaines, des mois ou des années. Sa tendance aux récurrences, le violent frisson qui la précède et la diaphorèse terminale peuvent la faire conondre avec faccès paludéen. Toutefois l'implication des ymphatiques, la douleur locale, la tuméfaction érysipélateuse, la durée du stade de pyrexie, l'absence de l'héinato-
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zoaire, la présence possible de la Pilaire et rineflîcacité de la quinine suffiront à établir le diagnostic. Néanmoins, l'erreur de diagnostic est fréquente, particulièrement lorsque les attaques se reproduisent à de courts intervalles et avec une certaine régularité, ce qui est ordinairement le cas.
Traitement. — Le traitement doit consister à éloigner toute cause d'irritation et à prescrire le repos, l'élévation de la partie malade, les lotions rafraîchissantes et les fomentations chaudes, les purgatifs légers, l'opium pour calmer la douleur, et, si la tension est considérable, la ponction ou la scarification de la zone tuméfiée, dans des conditions d'asepsie convenables.
Adéno-lymphocèle (fig. 64). — Associations. — L'adénolymphocèle est fréquemment associée au lympho-scrotum ; quelquefois k l'hydrocèle chyleuse ; quelquefois à la chylurie. 11 arrive parfois que ces quatre lésions coexistent chez le même individu.
Symptômes. — En général, le début étant indolore, le malade ne s'aperçoit de l'existence d'un engorgement ganglionnaire que lorsque la tuméfaction est déjà très prononcée. Alors une sensation de tension ou une attaque de lymphangite appellent l'attention sur l'état des aines, où l'on découvre des ganglions tuméfiés et ramollis. La tumeur peut avoir de faibles dimensions ou atteindre la grosseur du poing. Elle peut exister aux deux aines, ou être seulement unilatérale ; elle peut n'affecter que les ganglions inguinaux ou que les ganglions cruraux, mais généralement elle s'étend à ces deux groupes.
A la palpation, la tumeur est trouvée molle, pâteuse et vaguement lobulée. La peau, d'aspect normal, peut être mobilisée au-dessus de la surface des tumeurs, mais cellesci ne sont pas déplaçables sur le fascia sous-jacent. On peut trouver parfois des noyaux indurés dans l'intérieur, ou bien la masse entière peut être résistante à la pression. La
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ponction iaito avec- niio aigiiillo de l^rava/. amone l'ôcouleniont abondant d'un li(|ui(le ]jlanc ou rose (chyle), ou d'un liquide clair (lymphe). Ce liquide se coagule rapidement et contient ordinairement des filaires embryonnaires vivantes. Diagnostic. — Il est important de pouvoir établir le dia-
Fig. 64. — Adcno-lympliocèlc et chylocèlc. {Chez un iiinlade de M. Joiison Smitii.)
gnostic de ces tumeurs avec la hernie avec laquelle elles sont souvent confondues. On y arrivera en observant qu'elles ne sont pas tympaniques à la percussion ; que si elles diminuent à la pression, elles ne le font que très lentement ; qu'il n'y a pas, comme dans la hernie, de disparition soudaine accompagnée de gargouillement lorsqu'on emploie le taxis ; qu'en faisant tousser le malade, la projection de la tumeur est nulle ou très légère; qu'elle s'affaisse lentement lorsqu'on fait coucher le malade, et reparaît lente-
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ment lorsqu'il reprend la position verticale, mémo si l'on exerce une pression au niveau de l'anneau inguinal. L'usage prudent de la seringue hypodermique confirmera le diagnostic, lequel sera encore renforcé par la coexistence de lympho-scrotum, de cliylurie ou d'hydrocèle chyleuse, et par la présence de la filaire dans le sang. Une Luméfactioii chronique, siégeant au niveau de Vaine, du cordon, du testicule, du scrotum, chez les malades tropicaux, doit totijours être regardée comme pouvant être due à la filaire.
Anatomie pathologique. — A la dissection, on constate que ces tumeurs sont constituées par un amas de lymphatiques variqueux, et qu'elles font partie d'un vaste réseau variqueux comprenant les lymphatiques pelviens et abdominaux.
Traitement. — A condition qu'elle ne donne pas lieu à une gêne trop considérable et qu'elle ne soit pas le siège de fréquentes poussées, de lymphangite, l'adéno-lymphocèle doit être abandonnée à elle-même. On doit toujours se rappeler que les vaisseaux engorgés font partie d'une anastomose nécessaire à la vie. Si la tumeur était assez gênante ])our empêcher le travail, on pourrait en faire l'ablation (Maitland, Brit. Med. Jour//., 1897). doit, en opérant, observer strictement les méthodes aseptiques, car une lymphangite septique est prompte à se produire en pareil cas, et a fréquemment amené une issue fatale. L'excision n'est pas toujours efficace, car elle peut être suivie de lymphorragie au niveau de la plaie opératoire, ou encore d'une dilatation excessive en un autre point de la zone 13'mphatique affectée, ou de chylurie, ou enfin d'éléphantiasis des membres inférieurs.
On a dit (Azénia) que ces tumeurs ganglionnaires tendent à diminuer de volume après quarante ans. Je ne puis confirmer cette assertion par des observations personnelles.
On trouve parfois, mais beaucoup plus rarement, une semblable dilatation des ganglions axillaires. Bancroft a