‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 103 sur 136 · ÉPAISSISSEMENT DES TRONCS LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

ÉPAISSISSEMENT DES TRONCS LYMPHATIQUES

désigné ces tumeurs axillaires ou inguinales sous le nom

d" « helminthoma elastica m. |

Varices lymphatiques cutanées et profondes. — On i

rencontre quelquefois des varices lymphatiques cutanées à '

la surface de l'abdomen, aux jambes, aux bras et probable- i ment ailleurs. Dans certains cas, elles sont permanentes;

dans d'autres, lorsqu'elles sont plus profondément situées, j

elles constituent de petits renflements qui peuvent aller et \

venir dans l'espace de quelques heures. Je crois que ces ]

dernières varices dépendent souvent de la présence actuelle i

de filaires adultes dans la tumeur. Cet état variqueux est le j

signe d'une obstruction lymphatique. Il n'est pas rare de . •

constater une lymphangiectasie fdarique du cordon sper- :

matique. Le contenu des vaisseaux dilatés peut être laiteux :

et chyleux, ou couleur paille et lymphatique, suivant leur ;

situation et leurs connexions. j

Epaississement des troncs lymphatiques. — Le lieute- |

nant-colonel-chirurgien Maitland [lac. cit.) a fréquemment \ rencontré à ^Madras des cas de lymphangite dans lesquels,

après que le gonflement initial et l'inllammation avaient ;

disparu, subsistait encore un cordon épaissi. En excisant ce \

tissu épaissi et en le disséquant avec soin, il y a constaté de \ petites dilatations kystiques des lymphatiques malades, et dans ces kystes des filaires enroulées, tantôt mortes, tantôt

vivantes. La lymphangite, d'après cet auteur, serait causée '

dans ces cas par la mort des filaires. Daniels a fait de sem- ,

blables observations dans la Guyane anglaise. J'ai récem- i

ment observé un cas analogue dans le service du Aber- ■

erombie à l'Hôpital de Charing Cross à Londres. Après la i

disparition d'une lymphangite filarique du bras, un épais- i

sissement de la grosseur du petit doigt subsistait cà l'avant- !

bras. Comme on y soupçonnait la présence de filaires I

adultes, ce cordon épaissi fut excisé par M. Young et placé \

ril.AHinSE

dans la solution normale do (>liloriiro de sodium. An bout de huit heures il fut finement disséqué et l'on y découvrit ime filaire femelle vivante, d'environ lo centimètres de long. Le parasite continua de vivre et de nager avec activité dans la solution saline pendant près de deux heures [Brit. Med. Journ., ?4 avril 1897).

Lyiupho- scrotum (fig. 65). — Symptômes. — Dans cette maladie, le scrotum est plus ou moins hypertrophié. Bien que soyeuse en général au toucher, la peau présente, à l'inspection, un nombre plus ou moins grand de varices lymphatiques de dimensions variables, lesquelles, ouvertes par ponction ou spontanément, donnent issue à une grande quantité de liquide (lymphe ou chyle) laiteux ou sanguinolent, ou jaune paille, qui se coagule rapidement. Dans certains cas, il s'échappe, en une heure ou deux, jusqu'à aSo ou 3oo grammes de cette matière; elle peut ainsi couler pendant plusieurs heures, souillant les vêtements et épuisant le malade. D'ordinaire, on peut découvrir des filaires embryonnaires dans la lymphe ainsi obtenue aussi bien que dans le sang du malade. Il arrive très souvent dans ces cas de lympho-scrotum, que les ganglions inguinaux et fémoraux, d'un seul côté ou des deux à la fois, soient le siège de varices.

Il se produit fréquemment de l'inflammation érysipélateuse et de la fièvre ôléphantiasique provoquées probablement par le frottement des cuisses ou des vêtements. L'abcès lymphatique n'est pas rare. Avec le temps, dans un certain nombre de cas, le scrotum tend à rester épaissi d'une manière permanente et à devenir le siège d'un véritable éléphantiasis.

Traitement. — A moins de rechutes fréquentes d'inflammation, ou de lymphorragie débilitante, ou à moins que la maladie ne tende à devenir de Téléphantiasis vrai, le lympho-scrotum doit être abandonné à lui-même, à oondi-

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lion de le tenir scrupiiieusement propre, [)oiidré, suspendu et protégé. Si, cependant pour une raison (|ueloonque, on croit utile de réséquer les tissus malades, cette opération peut être aisément pratiquée. Le scrotum sera bien étiré par un aide, tandis que les testicules seront repoussés en haut. Un bistouri est alors enfoncé à travers le scrotum, dans les tissus sains, les testicules étant tenus éloignés, et la masse est excisée en la sectionnant en avant et en arrière. Tous les tissus malades doivent être supprimés. On obtiendra suflisamment de peau pour recouvrir les testicules en étirant la peau des cuisses qui prête rapidement et fournit une ample enveloppe.

Par suite de cette soudaine et violente suppression d'un gros paquet variqueux dont le lympho-scrotum ne représente qu'une partie, il peut survenir de la chylurie et quelquefois de l'éléphantiasis de la jambe. Le malade devra être averti de cette possibilité.

Chylurie. — Pathogéiiie. — Lorsqu'une varice lymphatique de la paroi de la vessie, consécutive à une obstruction lilarique du canal thoracique, vient à se rompre, le contenu

Fig. 65. — Lyiupho-sci'oUiiu et adc5no-] yiiiphocclc. [D'après une photographie du D'' RENNiii, Foalchéoii.)

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