‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 105 sur 136 · II · texte numérisé non relu

II

Kig. __ ÉléphanLiasis des seins ; la jambe et le pied gauches égaleiueul atteints. {D'après une photographie du D'' Uavies, Samoa.)

gonflement de la tunique vaginale avec fluctuation, qui ne laisse pas passer la lumière et qui peut être associé a un lympho- scrotum, à une adéno-lymphocèle, à de la chylurie, ou à la présence de filaires dans le sang, sug-

PROPHYLAXIE DE f.A EILARIOSR SSg

g-érera un diagnostic de cette nature. Ces collections de liquide chyleux dans la tunique vaginale contiennent généralement des quantités énormes de filaires embryonnaires. Elles peuvent être traitées comme des hydrocèles ordinaires, soit par une incision, soit par une injection aseptique.

L'orchite filarienne avec elTusion dans la tunique vaginale, d'après Maitland, doit être traitée de préférence par l'incision de la vaginale, Texpulsion de tous les caillots qui peuvent être trouvés dans le sac, et le bourrage de celui-ci à la gaze iodoformée. Ce procédé, dit-il, donne un soulagement immédiat.

L'hydropisie chyleuse dans le péritoine et la diarrhée chyleuse d'origine filarienne sont très rares.

Prophylaxie de la filariose. — La prévention de la filariose se résout dans la protection contre les piqûres de moustiques et dans la non-pollution de l'eau de boisson par ces insectes. Dans ce but, on n'autorisera pas, ou du moins l'on n'emploiera pas pour la boisson, les puits ou les réservoirs non couverts, ou les marais stagnants dans le voisinage des habitations; les réservoirs et les récipients destinés à fournir l'eau des usages domestiques (dont l'influence dans l'extension de la filariose a bien été démontrée par Daniels, à Demerara, loc. cit.) doivent être recouverts d'un filet à mailles serrées, ou régulièrement vidés et nettoyés tous les trois ou quatre jours. L'eau qui n'est pas absolument à l'abri du soupçon doit être bouillie ou filtrée.

Les individus atteints de filariose doivent être regardés comme une source de danger pour eux-mêmes et pour la communauté, et forcés à dormir sous des moustiquaires.

FIL.\RT.\ DIURNA (Fig. ai, ^) .

J'ai rencontré deux fois chez des nègres un ver vivant dans le sang et possédant les mêmes dimensions et les

'^ÇfO FILAlilOSE

mômes caractères anatomiques que la F. nocturna, autant que j'ai pu m'en assurer, mais différant de ce dernier parasite en ce qu'il apparaît dans la circulation durant le jour et cesse de se montrer la nuit. Un de ces malades venait du Yieux-Calabar, l'autre du Congo. La périodicité observée par le parasite fut bien mise en évidence par une recherche prolongée dans l'un des cas. Comme l'homme était en bonne santé durant ce temps, et qu'il suivait un genre de vie normal en ce qui regarde les heures du coucher et du lever, il est difficile de croire que le parasite était la F. nocturna. Quelques jours auparavant, ce malade avait une F. loa dans l'un de ses yeux ; il est donc possible que la F. cliurna (c'est le nom que j'ai donné au parasite en question) soit la forme embryonnaire de l'animal sexuellement adulte F. loa (p. 620). Ceci est une simple hypothèse. Je n'ai pas d'autres observations pour l'appuyer ; et même les résultats négatifs de mes examens, en ce qui concerne la présence de fdaires embryonnaires dans le sang, dans quatre cas de F. loa que j'ai étudiés, sont en désaccord avec cette hypothèse.

On ne sait rien sur l'évolution ou la signification pathologique de la 7^. cliurna, D'après des observations récentes, je crois qu'elle est très commune (i sur 4) dans certains districts du Bas-Niger, où elle semble occuper, parmi les indio-ènes la place tenue par la F. perstana chez les nègres du Congo.

FILARIA DEMARQUAI l (Fig. 5l, c) .

En examinant du sang qui m'avait été envoyé par le Newsam et qui provenait d'indigènes de Saint-Vincent (Antilles), je trouvai cette filaire dans le sang de plusieurs individus—dans 10 préparations sur i5o,. Elle ressemble à la F. nocLurna et à la F. diurna au point de vue de la forme, mais en diffère par ses dimensions. Je n'ai pas eu l'occasion

F! LA RI A OZ/.ARDI (Jqi

Je faire des mensiiralions exactes de spécimens vivants sur des lames convenablement préparées, mais, à en juger par de grossières préparations, la F. demarquaii paraît avoir un peu plus delà moitié de la F. noctimia et de la F. diurna. Elle se termine en pointe comme celles-ci, mais, en outre de ses dimensions, elle en dififère en ce qu'elle n'observe aucune périodicité, et qu'on la trouve dans la circulation périphérique aussi bien le jour que la nuit, et aussi en ce qu'elle n'est pas renfermée dans une gaine. On ne sait rien de son évolution, de sa fine anatomie ou de ses conséquences pathologiq.u^s. Il est possible (,u'elle soit une forme embryonnaire de la 7^. magalhnesi - également parasite de l'Amérique tropicale.

J'ai récemment rencontré probablement le même parasite dans le sang d'indigènes de Sainte-Lucie (Antilles) où le Galgey a plus récemment encore montré la fréquence de ce ver, ou d'un autre semblable, dans le sang. Il est très possible que la filaire à extrémité pointue {F. ozzardi) de la Lruyane anglaise soit la môme espèce.

J'ai aussi trouvé une petite filaire embryonnaire à extrémité aiguë, et sans gaine, dans le sang d'indigènes de la Nouvelle-Guinée, filaire ressemblant de très près à la F. demarquaii. Il est impossible de décider si ces divers em' bryons appartiennent à une ou plusieurs espèces, jusqu'à ce que les formes adultes aient été découvertes et coinpa-

l'ILA.RIA OZZARûl (Fig.

Il y a ciuelqne temps je reçus du D' Oz,.arcl, d„ Service ed,cal Colonial, de la Guyane anglaise, un certain 1 b J oproparat,ons de sang obtenues d'Indiens Caraïbes habitan .nt neur de cette colonie. Bien que les nègres et d'au tes h b.tants du littoral et des districts colonisé de la G • , -ngla.se so.ent très sujets à la /, „ , .^^^

figa FILAfilOSE

tiasis, je n'ai jamais rencontré dans les nombreuses préparations de sang caraïbe reçues à diverses reprises des D" Ozzard et Daniels aucune F. nocturiia. Le D'" Daniels a obtenu des résultats identiques. J'ai reçu du D'" Ozzard l'assurance que l'éléphantiasis est inconnu parmi cette population. En examinant les préparations de sang en question, j'ai découvert certains nématodes embryonnaires avec des caractères si particuliers que je soupçonnai qu'ils représentaient au moins une nouvelle espèce de parasite du sang, à laquelle je donnai provisoirement le nom de F. ozzardi. La moitié au moins des lames examinées contenaient ces parasites, quelques-unes au nombre d'un ou deux seulement, d'autres jusqu'à quarante ou cinquante. Parleur forme et leurs dimensions, cinq sur six de ces embryons ressemblaient de très près à la F. pevstaiis (p. 594) — c'est-à-dire étaient émoussés à leur extrémité, ne possédaient pas de gaine et avaient des dimensions très réduites (o-"'",i73 à o'""\9.4o g^j^, o™'",oo43 à o'°"\oo5, Daniels). Mais en même temps que les filaires à queue émoussée et sur les mêmes lames se trouvait une forme à extrémité pointue, également très petite, et ressemblant à la F. demarquaii. Il y avait environ cinq parasites à pointe émoussée pour chacune des autres. Les D''^ Ozzard et Daniels [Brit. Guiaiia Med. Ami., 1897) ont confirmé cette découverte. Ces deux observateurs ont eu des occasions nombreuses d'examiner ces filaires à l'état de vie. Ils ont trouvé que les deux sortes de parasites se comportent dans le sang frais sous le microscope à peu près de la même manière que la F. perstans (p. 695) ; c'est-à-dire, qu'ils frétillent très activement, se rétractant, s'allongeant au même moment, et se mouvant dans le liquide sanguin.

Forme adulte. - Pendant un certain temps, la relation de ces filaires embryonnaires entre elles, et leur relation avec la F. demarquaii, est restée indéterminée. Récemment le D-" Daniels a trouvé des filaires adultes - mâle et femelle - a l'autopsie de deux Indiens de Demerara dont le sang, durant

FILAIUA OZZARDI 5 g 3

la vie, avait contenu des embryons à exlréiiiité émoussée et à extrémité pointue. Les formes adultes, qui paraissaient nombreuses, mesuraient environ 7a millimètres de long et étaient très effilées — leur diamètre étant à peu près le tiers de celui de la F. bancrofti. Ce n étaient donc pas des spécimens de la F. magalhàesi (p. 596). La tôte avait la forme d'une massue et ne présentait pas de papilles. L'extrémité caudale (lu màle était très enroulée et portait au moins un long spicule faisant saillie. Ces vers furent trouvés, dans un cas, dans le mésentère et dans le tissu adipeux à la base du mésentère ; dans l'autre, « non seulement dans le mésentère et dans la graisse abdominale, mais aussi dans la graisse souspericardique Les embryons ia utero étaient tous à queue émoussée, comme l'a établi le D'' Daniels. J'ai eu l'occasion de comparer ces vers avec des F perstans adultes authentiques. J ai trouvé une identité complète entre les deux formes. L arrangement bifide particulier de l'extrémité caudale était tout a lait caractéristique (p. 096)

Plus tard le D- Daniels [Brit. Med. 'journ., 17 jain 1800) a trouve a 1 autopsie d'un troisième aborigène, dans le sang duquel on avait rencontré des fîlaires à queue émoussée et des filaires à queue pointue (et pas d'autres), q Iques F perstans adultes et, en outre, un ver femelle une portion de ver mâle d'une espèce toute différente - prob lement la forme adulte de l'embryon à queue pointue. Ces deux dernières formes adultes étaient placées l'une

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P'Un.CK ALv.so.N. - Maladies des pays chauds.

5c)4 FILARIOSE

DIMENSIONS l'lUNCIPALES

l'ILAlUA.

HANCKOI'TI

riLAUIA l'ERSTANS

l'ILAKIAOZZAKDl

Epaisseur niaxima

Diamètre de la tête

Distance de la tête :

(i) à l'orifice vaginal ....

[i) à l'orifice ovarien. . . .

Distance de l'extrémité caudale à la papille ovale . .

Forme de l'extrémité caudale.

IMIU

0,220 Emoussce, circulaire , non bulbeuse.

0,145 Légèrement bulbeuse, recouverte d'une cuticule épaissie prolongée eu deux appendices triangulaires.

nitu O.ÏIO

o,2 3o Bulbeuse, cuticule non épaissie.

FILARIA PERSTANS (Fig. 5l, 6).

Distribution géographique. — Ce parasite est très commun dans le sang des indigènes des grands districts de l'Afrique Occidentale. Je l'ai rencontré chez des nègres du Vieux- Calabar et du bassin du Congo, sur la côte comme dans l'intérieur. Daniels m'informe qu'il l'a observé chez un indigène de l'Afrique Centrale Anglaise résidant sur la rive orientale du lac Nyassa. Dans beaucoup de régions endémiques il se rencontre chez près de la moitié de la population. Le professeur Firket (de Liège) a confirmé cette observation en ce qui regarde le Congo. Quelquefois le parasite se rencontre associé à la F. diunia et à la F. noctunia chez le même individu. Je ne l'ai jamais rencontré chez les nègres des Antilles, ni, en fait, chez les indigènes d'aucun pays, sauf ceux de l'Afrique Occidentale tropicale et les aborigènes de Demerara. Je l'ai trouvé deux fois chez des Européens qui avaient résidé au Congo.

l'ILAHlA l'EHSTAiWS

Caractères. — La Filarin perslans n observe pas de périodicité, et se trouve dans le sang aussi bien le jour que la nuit. A cet égard, elle ressemble à la F. demarquaii et à la F. ozzardi; et, comme celles-ci, elle diffère beaucoup par les dimensions, la forme et les détails aïiatomiques, de la F. noctunia et de la diunia.

L'embryon dans le sang mesure en moyenne o-'" o de long sur u-, oo5 de large ; mais, comme il possède 'à un degré remarquable le potivoir de s'allonger et de se rétracter ces mesures ne sont pas toujours exactes. En tout cas il est manifestement beaucoup plus petit que la F nocturna et la F diurna. Il se distingue en outre de ces filaires par l'absence complète de gaine et par les caractères de son extrémrte caudale qui est invariablement tronquée etbrusquement arrondie. Les deux tiers postérieurs de l'animal sont effilés jusqu a 1 extrémité caudale. De plus, si l'on examine atten- ;vement la tète à un fort grossissement, on peut y voir lacdement-beaucoup plus facilement que pour la part e correspondante de la F nocturna - un crochet animé d'un mouvement constant de projection et de rétraction. D'après des préparations colorées, je juge que l'animal possède une tache en V et une tache caudale ; ce point, cependant pu être étudié soigneusement. On ne'peut meUre en évi dence aucun prépuce armé de crochets. Les mouvemen s

eulement frétille comme ce parasite, mais entreprend de ngues excursions dans le sang, se mouvant librement su

la suite avec celle rIP r 'denUlîee par moi dans

™ long ne" Ide '"f-r'"""' "^""'"^ ^- ^"'^crofti «ions on" «6 d ' "^'""'''"'"^ «'''■°™<'. dont les din,en. ont ete données dans le tableau précédent (p ïg^)

FILARIOSK

Le corps est lisse, sans marques extérieures, la bouche simple et non armée. L'extrémité caudale, chez les deux sexes, est particulière et caractéristique ; elle est incurvée, et Tenveloppe chitineuse qui recouvre la partie terminale est comme fendue en deux petits appendices triangulaires qui lui donnent une apparence mitrée (fig. 73). Le mâle est

plus petit que la femelle, mais les spécimens que l'on a obseï'vés jusqu'ici ne permettent pas de reconnaître l'existence de spicules ni de papilles. Cette existence est encore à établir. Jusqu'ici les formes adultes ont été trouvées dans le tissu conjonctif à la racine du mésentère, derrière l'aorte abdominale, et sous le péricarde.

Pathologie. — Le rôle pathologique de la F. persians est encore incertain. J'ai supposé, pour des raisons exposées ailleurs (p. Sig), qu'elle peut en quelque sorte être la cause de la léthargie des nègres (maladie du sommeil) et de l'une des formes du craw-craw africain (p. 624).

pig ,^3 . — ExLrémlté caudale de Filaria perstans adulte.

FlLARlA MàGàLHAESI

Le professeur Magalhâes décrit dos Ciu-sos theoncos e prat. da Fac.de Med. deR. de Janeiro, n" 3, Ann. 111, .886) deuxfilaires parasites du sang, mâle et femelle, sexuellement adultes, qui furent trouvées dans le ventricule gauche du cœur d'un enfant mort à Rio de Janeiro Aucune mfo.mation ne fut donnée sur la nature de la "-l^îd- dont n ou rut cet enfant, aucun examen du sang n avait ete piatique

FI LA RI A MAGAU/A/iSr .^g^

tlurautla vie. Les parasites étaient cylindriques, capillaires, opalescents, blancs, uniformes en épaisseur, sauf aux deux extrémités où ils s'ellilaient ; la tôte était renflée en massue. La bouche était simple, circulaire, non armée; la cuticule portait de très fines strialions transparentes. Le ver femelle mesurait ibo millimètres do long sur o""",^ de diamètre le mâle 83 millimètres de long sur o""",4 de diamètre. L'extrémité caudale de ce dernier était pourvue de quatre paires de papilles pré-anales et de quatre paires post-anales, ainsi que de deux spicules. Ce parasite était maniiestement d'une espèce distincte de la F. hancrofii. Le fait de la présence de ce parasite dans Thémisphère occidental suggère la possibilité de son identité avec les formes adultes de la F. clemarquaii ou de là F. ozzardi. On ne sait rien de son évolution ni de son rôle pathologique.

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