TRAITEMENT DE LA MALARIA
Ihylène pendant quelques secondes; laver de nouveau. On ])eul alors sécher cL monter au baume, ou examiner à l'immersion ; ou encore ne pas sécher et recouvrir simplement d'une lamelle.
On obtient par ce procédé une préparation contenant, dans chaque champ microscopique, une quantité de sang mo lois plus grande qu'avec les méthodes ordinaires.
Traitement de la malaria. — Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit plus haut à ce sujet. Rappelons seulement que si la quinine a une action réelle, incontestable^ sur le paludisme, en faisant disparaître du sang les hématozoaires, elle n'a aucune utilité et peut môme être nuisible au cours d'un accès. Au moment où l'accès va commencer, c'est-à-dire un peu avant la période de frisson, les corps sporulés éclatent et déversent dans le sang les jeunes parasites, le pigment mélanique, et certains résidus parmi lesquels se trouve probablement une toxine pyrétogène, cause de la fièvre. Si l'on veut lutter contre l'accès lui-môme, c'est cette toxine qu'il s'agit de détruire ou d'éliminer. Les effets produits in vitro sur les toxines par un mélange iodo-ioduré ont conduit le docteur Regnault (') à essayer pour le traitement de l'accès palustre le mélange suivant : teinture d'iode 4 grammes, iodure de potassium 4 grammes, eau 100 fframmes, à la dose d'une ou deux cuillerées à café dans un peu d'eau, au début de l'accès.
La quinine doit ôtre réservée pour supprimer l'hématozoaire lui-même, et par conséquent les accès ultérieurs dont son évolution est la cause. Si l'on peut prévoir le retour de la fièvre, il faut prescrire la quinine de matière à obtenir son maximum d'action au moment de la mise en liberté des spores dans le sang. C'est en effet sur les jeunes parasites non inclus dans les globules que le médicament a le plus
(') J. Repnault. Du traitement des accès de fièvre palustre par un mélange iodoiodurc [Hei'. de Me'ci., sept. igoi).
(le chances d'agir. Or réliiuination des sels de quinine atteignant son niaximum six heures après leur introduction dans l'organisme, le meilleur procédé consiste à les prescrire six heures environ avant le début présumé de l'accès. Si l'on n'a pu prévoir le retour de la fièvre, on attendra le stade de sueur avant de donner de la quinine. A ce moment les spores ont déjà été versées dans la circulation, une grande partie d'entre elles ont déjà été absorbées par les phagocytes, et les autres cherchent à envahir de nouveaux globules rouges. La quinine pourra donc agir sur ces formes jeunes, soit libres dans le plasma sanguin, soit incluses dans les hématies.
Enfin on ne devra pas considérer un paludéen comme guéri dès que les accès de fièvre auront cessé ; tant qu'il reste des hématozoaires dans le sang, non seulement le malade est exposé à des rechutes, mais il est dangereux pour son voisinage, auquel il peut transmettre la malaria par l'intermédiaire des moustiques. Etant donné que les formes de résistance de l'hématozoaire (corps en croissant) peuvent passer au stade de reproduction au bout de huit à quatorze jours, on pourra craindre un retour de la fièvre après ce laps de temps, et il sera prudent de donner de la quinine à partir du septième jour qui suit le dernier accès. Mais on ne devra jamais oublier que la quinine, lorsqu'on en continue longtemps l'emploi, déglobulise le sang et produit des troubles circulatoires des centres nerveux. On devra, dans des formes subaiguës ou chroniques, tout au moins, associer à la quinine une médication tonique. Les nouveaux sels d'arsenic, le cacodylate et surtout l'arrhénal (méthylarsinate disodique) ont été récemment préconisés dans le traitement de l'anémie consécutive à l'intoxication palustre, à la suite des travaux de M. Armand Gautier {Bull, de CAcacl. de Méd.\ 190a), comme des sels où l'arsenic a perdu sa toxicité, tout en conservant sa puissance médicale.
DESriiUCTlON DES MOUSTIQUES
Destruction des moustiques. — La lutte contre le iiioiislifjiie est reconnue aujourd'hui comme une mesure propliylaclique do la plus grande importance contre la malaria, la filariose et la fièvre jaune.
Les expériences laites à Cuba, en novembre 1900, parles D"" Reed, CarroU et Agramonte ('), ont prouvé la transmissibilité de la fièvre jaune parle Ciilex fasciciLtis ou Slegomyia fasciala.
Des sujets bénévoles furent mis en observation pendant quinze jours, puis exposés aux piqûres de moustiques ayant sucé, de six à vingt-quatre jours auparavant, le sang de malades au deuxième et au troisième jour de leur fièvre jaune. Après une période d'incubation de trois à cinq jours, cinq sur six des sujets en expérience présentèrent des symptômes de fièvre jaune. On a reconnu en outre que les moustiques infectés ne devenaient virulents qu'au bout de douze à dix-huit jours, temps probablement nécessaire au germe de la fièvre jaune pour passer de l'estomac dans la trompe de l'insecte.
Une contre-épreuve complétant ces expériences a consisté à isoler des individus sains, maintenus à l'abri des moustiques, et k leur faire manipuler des bagages et du linge souillés par des vomissements et des déjections de malades atteints de la fièvre jaune. Les sujets couchaient au milieu de ces objets contaminés ; certains d'entre eux revêtirent môme les vêtements portés parles malades. Après un temps bien supérieur à la période d'incubation de la fièvre jaune, pas un des sujets en observation n'avait contracté la maladie.
D'autre part, l'inoculation expérimentale de la malaria a été réalisée par Patrick Manson (-), en Angleterre. Des moustiques nourris du sang de malades en traitement à l'hôpital à Rome pour des fièvres tierces bénignes, et dont le sang
(') Recd, CaiToll el Agramonte [Bolclin dcl Consejo Snp. de Salabridad Mexico 3i mars 1901). ' '
0 P Manson. Experimcnlal proof of Ihc mosquilo-malaria Ihcory {Brilish Mcd Journal, 'Hj sept. lyoo). • .
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renfermait de iioml)r(>iix gamètes, furent envoyés à Londres dans de petites cages en fil de fer et en mousseline par Bignami, Bastianelli et Sambon. Le fils de P. ^Manson, âgé de vingt-trois ans, et indemne de tout paludisme antérieur, s'offrit comme sujet d'expérience.
Il se fit piquer à la main, successivement le 4 août, les lo et septembre 1900. Après une réaction locale violente, éclata le i3 septembre un accès accompagné d'un léger délire; les i5, 16, 17 septembre, accès de fièvre très marqués de 5 à 7 heures du soir. Le il seulement, apparition d'un grand nombre de parasites de la fièvre tierce bénigne dans la circulation pôriphéric[ue. La rate augmenta de volume. A la suite d'un traitement par la quinine, les parasites disparurent à partir du 19 septembre.
Enfin les D" Sambon et Low s'installèrent avec trois autres personnes près d'Ostie (à l'embouchure du Tibre) dans un endroit très insalubre, où les habitants étaient atteints de cachexie palustre et où les travailleurs étrangers contractaient immédiatement le paludisme. Ils ne prirent pas de quinine, mais s'efforcèrent de se soustraire à la piqûre des moustiques : couchant dans une baraque en bois dont toutes les ouvertures étaient garnies de toiles métalliques, et dans des lits pourvus de moustiquaires, ils ne sortaient que le jour, et rentraient avant le coucher du soleil. Au bout de quatre-vingts jours, aucun d'eux n'avait présenté de fièvre, ni de malaise quelconque. Il est donc indispensable, dans les pays tropicaux principalement, de poursuivre systématiquement la destruction des moustiques.
Voici les principales mesures qui ont été préconisées dans ce but (^) :
(') Instructions de rAcadcmie de Médecine pour la prophylaxie du pahulisinc {Réf. d'Ilyg. el de Fol. San., juillet 1900).
Guiart. Mesures à prendre contre les moustiques (Rec. d'Hyg. et de l'ol. San.. nov. 1900).
P.Munson. The prévention of malaria [Joiirn. of Ihe Saniiary Iiislit., juillet mjo-.'. . Ed. et Et. Sergent. Résujné du rapport sur la campagne anlipaludiquc or(^anisée en 1902 à la gare de l'Aima, Est-Algérien {.iiin. de l'Inst. Pasi., janv. 191')!.
DESTRUCTION DES MOUSTIQUES -ji-j
1° Assainissejnent des locnlUés palaslres. — Faire disparaitro les eaux slagnantes; faire pratiquer le dessèchement des marais (de préférence en hiver sous les tropiques) par (les ouvriers, indigènes ou noirs si Ton peut, qui ne passeront pas la nuit dans la région marécageuse. Donner aux fossés une pente suffisante; sii|)primer les réservoirs sans
usage.
Empêcher par des digues la formation de mares sur les bords des cours d'eau ; supprimer les marais mixtes (mélange d'eau douce et d'eau de mer) ainsi que les marais salants abandonnés.
Substituer l'eau courante à l'eau stagnante dans les rizières ; empêcher la création de rizières au voisinage des villes.
Cultiver le sol (pins, eucalyptus), mais se rappeler que les bois ombreux sont peuplés de moustiques.
Dans les pièces d'eau, faucher la végétation, introduire des poissons. Les larves de moustiques ayant besoin pour vivre de venir respirer cà la surface, on les asphyxiera en répandant de l'huile de pétrole à raison de lo centimètres cubes par mètre carré (quelle que soit la profondeur). On étalera le pétrole, réparti sur plusieurs points, en le remuant à 1 aide d'un chiffon fixé à l'extrémité d'une perche. On a cherché à ralentir l'évaporation du pétrole sans l'épaissir en y ajoutant de la vaseline, du goudron, de la naphtaline, de rhuile ; le mieux est de renouveler l'arrosage tous les quinze jours environ (pratiquement dès que les larves réapparaissent). C'est surtout au printemps que cette opération est nécessaire, avant que les larves ne deviennent insectes parfaits.
Les citernes et les puits seront recouverts d'un grillage; on y répandra soit de l'huile ordinaire, soit de la poudre^'dè fleurs de chrysanthème (Celli et Casagrandi).
Il est parfois impossible de recouvrir de pétrole tous les réservoirs d'eau d'une localité. A Calcutta (Rogers, Joiirn.
Patrick Maison. — Maladies clos pavs chauds.
of tlyg.^ oct.. 1901) les fossés bordant les chemins ont été couverts de manière à ne plus se trouver à l'air libre.
Prophylaxie iiidividueile. — Habiter les quartiers salubres, dans les parties élevées ou centrales de préférence ; à la campagne, placer les maisons sur les collines (pente de terrain empêchant la stagnation des eaux, ventilation chassant les moustiques) ; éviter de rester au rez-dechaussée.
Les indigènes pouvant contaminer les européens par l'intermédiaire des moustiques, il sera bon de ne pas habiter à proximité des quartiers indigènes. Il vaudrait mieux, pour le même motif, ne pas avoir de jeunes indigènes comme domestiques dans sa maison, ceux-ci ayant d'autani plus de chances d'être infectés par la malaria qu'ils sont plus jeunes.
Les fenêtres et les portes seront munies d'un châssis suilequel sera fixé un tissu à mailles de fer galvanisé, et qui sera maintenu fermé par un ressort. La partie supérieure des cheminées sera garnie d'un grillage semblable. Cette protection si efficace n'est pas toujours acceptée volontiers ; on accuse les grillages d'empêcher l'entrée de la brise, si agréable dans les pays tropicaux.
Les habitations seront pourvues de pankas ou de ventilateurs électriques. On supprimera les rideaux sombres et tout ce qui peut offrir un abri aux moustiques.
Les lits seront garnis de moustiquaires fixées à un cadre de bois, et ayant une longueur assez grande pour pouvoir être repliées sous le matelaè. On devra s'assurer qu'elles sont en bon état; sinon elles seraient plus dangereuse qu'utiles. Les personnes atteintes de malaria devront dormir sous des moustiquaires pour ne pas infecter les moustiques, et, par leur intermédiaire, les personnes saines.
Pour détruire les moustiques dans l'intérieur des habitations, on pourra employer l'aldéhyde formique à la dose do
UESTHUCTIUN DES MUUSTJQUEH 7
:> grammes par mèli'é cube d'air, en fermant hermétiquement les chambres pendant deux ou trois heures. Les poudres insecticides rendront des services en engourdissant les moustiques qui tom])ent sur le sol et qu'on peut alors rapidement détruire. A Cuba, dans la lutte contre la fièvre jaune, on a adopté la poudre de pyrèthre brûlée dans les appartements hermétiquement clos à raison de 20 grammes par mètre cube d'air. On ouvre la chambre au bout de trois jours et on recueille les moustiques sur le plancher.
Les pommades (au camphre, à l'eucalyptol, etc.), dont on a conseillé de s'enduire sont peu pratiques et inefficaces. Il en est de même des cônes ou « fidibus » dont la fumée engourdit simplement le moustique pour quelques heures, donnant ainsi une sécurité trompeuse.
On ne sortira pas la nuit. Pendant le jour il sera bon d'entourer la tête d'une voilette cylindrique de tulle, serrée par deux coulisses, en haut autour du casque, en bas sous le col rabattu du vêtement, les larges bords du casque tenant le tulle à bonne distance de la peau. Les mains seront placées dans deux paires de gants de gros fil qu'on portera l'une sur l'autre. Un élastique fermera le bas du pantalon ; on portera des bas épais ou des jambières.
Traitement des piqûres de moustiques. — Il est utile de traiter les piqûres de moustiques, non seulement pour supprimer la douleur qui en résulte, mais surtout en vue de détruire l'hématozoaire avant sa pénétration dans l'organisme. Manquât [Bull, génér. de thérapeutique, p. 676, 1900) préconise dans ce but le mélange suivant: solution commerciale d'aldéhyde formique (à 4o p. 100), une partie; alcool cà yo" et eau, de chaque deux parties. On fera plusieurs applications jusqu'à cessation de la démangeaison (pendant quinze minutes environ). Cette solution est caustique et ne doit pas être appliquée sur les surfaces à épidémie délicat. On peut encore employer la teinture d'iode déposée sur le point de piqûre à l'aide d'une mince tige de bois,
OU la solution alcoolique de menlhol (de 4 à lo p. joo) en pansement humide.
Peste bubonique
Des épidémies de peste ont éclaté sur difïerents points du globe dans ces dernières années, et la présence de la maladie dans le bassin oriental de la Méditerranée, dont les ports sont en relations constantes avec notre continent, a jeté l'alarme en Europe. Si Tépidémie d'Oporto n'a pas eu jusqu'ici de pendant, il n'en est pas moins vrai que la peste a été apportée par voie de mer dans plusieurs ports de France, d'Italie et d'Angleterre, et qu'on a dû l'éteindre sur place dans les lazarets. Rappelons en particulier le fait de ce paquebot qui, parti de Marseille pour une croisière scientifique, dut rentrer au port après trois jours de navigation, un cas de peste s'étant déclaré parmi l'équipage. Le navire, qui était d'ordinaire affecté aux voyages d'Egypte et d'Asie Mineure, avait été probablement contaminé à Alexandrie lors d'une précédente traversée et insuffisamment désinfecté depuis. Des rats morts découverts dans la soute au linge sale, et des rats vivants capturés à bord, furent trouvés porteurs du bacille de Yersin (').
Le danger d'introduction des germes pesteux, auquel l'Europe est constamment exposée, a appelé l'attention des gouvernements sur la nécessité de circonscrire rapidement la maladie, et de s'opposer à la formation de foyers. Nous exposerons les diverses mesures prophylactiques et thérapeutiques qui ont été employées ou proposées, avec indication des principaux travaux à consulter à ce sujet.
Il y a intérêt, au point de vue des recherches bactériologiques, à signaler la déclaration de Kitasato, qui, dans une
(') Commuiiicalion de M. Bucqiioy ù l'Académie de Médecine [Bull, a Méd., l. XLVl, page 422. k.)»')-
t'ESTR IWJIOMQL'E 71'
communication sur une épidémie de peste à Kobé [Joiirii. bactériol. japonais, déc. 1899) a reconnu la non-identité de son bacille et de celui de Yei'sin. Le bacille de Kitasalo est plus petit que celui de Yersin ; il est mobile et se colore par la méthode d^ Gram ; il trouble le bouillon et coagule le lait; il se trouve toujours dans le sang des pestiférés, môme dans les cas légers et non septicémiques. Tous ces caractères le différencient nettement du bacille de Yersin dont Kitasato reconnaît la spécificité (^). Le seul bacille pesteux est donc celui de Yersin, et c'est aux caractères décrits par cetauteur ([u'il faut se reporter pour le diagnostic bactériologique des cas de peste. On évitera ainsi les contradictions qui se produisent forcément (p. 194) dans les descriptions faites à la fois d'après les travaux français et les travaux japonais.
Sérothérapie. — Préparation du sérum. — Le sérum de Yersin a été obtenu en inoculant à des chevaux des cultures de bacille pesteux à des doses de plus en plus fortes, d'après la méthode générale d'immunisation. 11 a été d'abord préparé au laboratoire de Nha-Trang (Annam) ; mais actuellement la plus grande quantité vient de Garches où elle est fabriquée par les soins de l'Institut Pasteur. La préparation est très longue, les chevaux immunisés ne fournissant un sérum actif qu'au bout d'un an. On commence parleur inoculer en injection sous-cutanée des bacilles pesteux tués par un chauffage d'une demi-heure à 70°; on fait ensuite des injections intraveineuses de cultures mortes, puis de cultures vivantes jusqu'à ce qu'il ne se produise plus de réaction. Les animaux qui fournissent le sérum reçoivent de temps en temps des injections de toxine pesteuse, de façon à conserver leur pouvoir immunisant.
(') Tatsusaburo Yabo. Sur le microbe do la peste [Arch. de Mcd. N, (Ice. igoo).
Technique de l'emploi du sérum. — Le sérum est expédié en petits flacons d'une contenance de 20 centimètres cubes. Il arrive quelquefois, surtout dans les pays chauds, que le liquide se trouble et perd sa transparence. Si le sérum a plus d'un an de date, si le trouble persiste après qu'on l'a laissé reposer, s'il se répand une odeur lorsqu'on débouche le flacon, il ne faut pas l'utiliser. Sinon il suffit de le filtrer très aseptiquement, ou mieux de le laisser reposer et de décanter avec la seringue au moment de s'en servir, en n'aspirant pas jusqu'au fond (').
L'action thérapeutique du sérum de Yersin est d'autant plus sûre qu'on agit plus vite et à des doses plus élevées. Calmette et Salimbeni (-) recommandent de faire le plus tôt possible une injection intraveineuse de 20 centimètres cubes de sérum, suivie de deux injections sous-cutanées de 40 centimètres cubes au moins chacune, faites dans les premières vingt-quatre heures. Les jours suivants on injectera sous la peau des doses quotidiennes de 10, 20 ou 40 centimètres cubes suivant la gravité de la maladie, jusqu'à ce que la température soit revenue à la normale et môme deux jours après la cessation de la fièvre. On choisira de préférence une veine du pli du coude, du poignet ou du dos de la main, en évitant bien entendu l'entrée de l'air (tenir la seringue verticale et ne pas pousser le piston à fond). Les injections sous-cutanées se feront dans le tissu cellulaire du flanc, de la cuisse, etc. Au lazaret de Buenos-Aires, le D'' Penna (') a appliqué sans aucun accident les injections intraveineuses massives. Il est arrivé à juguler en quarantehuit heures des cas très graves, par une première injection de 60 centimètres cubes de sérum suivie d'une dose de
(') Kermorgant (Ann. d'IIyg. et de Mcd. Col., l. IV, n" u, 1901).
H Etude de répidcmie d'Oporto en iSgy (Arm. de llnst. PasL, déc. 1899).
F, Lignières. Sur le bacille pesteux et les injections intraveineuses massives de sérum Roux-Yersin dans le traitement de la peste {Ann. de llnU.last.. octobre 1901).
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4o ccnlimètres cubes au boutde douze à vingl-quatre heures, injectée également dans une veine.
RésnlLals de la sérothérapie. — Les elfets du sérum se manifestent très rapidement. Les douleurs spontanées diminuent dès les premières heures et finissent par cesser complètement. Le bubon se résorbe lentement, ou, s'il suppure, le pus ne renferme que quelques rares microbes. Dans le sang les microbes disparaissent après la première injection. La température s'abaisse graduellement, les mouvements du cœur se régularisent, la tension artérielle augmente. L'état général s'améliore, les phénomènes d'intoxication (vomissements, céphalée, délire ou prostration) s'amendant rapidement.
L'emploi du sérum n'a jamais donné lieu à des accidents' sérieux ; les injections sont parfois suivies d'érythèmes et de douleurs articulaires qui ne dépendent aucunement de la quantité employée ni de la voie suivie, mais de la réaction individuelle du sujet.
Nous donnons ci-dessous, d'après le D'" Vassal ('), un tableau de statistique résumant les principales observations qui ont été publiées sur les résultats du traitement par le sérum antipesteux; nous y avons ajouté les chilTres obtenus par le D'' Penna pendant l'épidémie de Buenos-Aires. Il nous paraît nécessaire de rappeler les explications qui ont été fournies au sujet du chifFre élevé de la mortalité parmi les inoculés à Bombay en 1897. Les sérums employés avaient été fabriqués l'un à Nha-Trang en l'absence de Yersin par des aides inexpérimentés, l'autre à Garches par l'Institut Pasteiu- qui, craignant des risques de dissémination du germe, avait immunisé les chevaux avec des cultures stérilisées par la chaleur et avec des toxines. Le sérum ainsi' préparé était naturellement plus faible et n'a pu com-
(') Vassul. La sérothérapie de ]u pesle bubonique (Ann. ,n/,/n. et de Mèd Col i. V, n" 4, 1902).
ballre assez vio-oui-eusement la peste très virulente de IJoni- RésalLciLs ohLeiiLLS avec le sériiin aiilipesleux.
AUTIÎUIIS
ci: NT H KS
cpidômiq lies
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GUÉKI- SONS
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