DIAGNOSTIC DE LA MALARIA
Il y a une tendance marquée à regarder toutes les fièvres qui se produisent sous les tropiques, ou chez des indivi.Ius arrivant des pays chauds, comme dues à la malaria. Le praticien dans les pays tropicaux doit absolument éviter d'établir son diagnostic d'une façon approximative. S'il en prenait l'habitude , il s'exposerait aux plus désastreuses conséquences.
Les trois signes diagnostiques de la malaria. — Le diagnostic du paludisme est d'ordinaire chose facile si nous employons tous les moyens dont nous disposons. Autrefois les signes sur lesquels on s'appuyait étaient l'intermittence et les effets de la quinine. Ces signes sont loin d'être infaillibles. De nos jours, dans tous les cas douteux et graves, il faut que le médecin ait recours à la seule épreuve caractéristique — Vej:ameii microscopique du sang. Lorsque cet examen a donné un résultat positif, lorsqu'on a trouvé l'hématozoaire sous l'une quelconque de ses formes, ou lorsque son produit (mélanine palustre) a été rencontré dans le sang, soit à l'état libre, soit inclus dans les leucocytes, le diagnostic de paludisme est établi d'une manière certaine' Les résultats négatifs d'un seul examen microscopique ne sont pas aussi dignes ch, conliance, mais si le praticien a quelque expérience et s'il a l'occasion de faire ses examens aux moments opporluns et dans des cas non traités par
la quinine, l'absence d'hématozoaire est également concluante.
L'épreuve de la quinine est généralement concluante dans les fièvres intermittentes et dans les diverses formes larvées de la malaria; mais les formes plus graves de fièvre rémittente sont singulièrement résistantes à ce médicament. On peut ne pas avoir le temps de s'assurer s'il y a ou non résistance à la quinine. On peut se trouver en face de cas ou la yie est en danger et oii il est de tout.e importance de faire un diagnostic rapide. Dans ces cas le microscope peut seul permettre d'établir sûrement le diagnostic.
L'intermittence comme moyen de diagnostic. - L'intermittence est certainement un signe clinique d'assez grande valeur dans certaines fièvres palustres. Une ÙUermMence a.ec des intermlks de deucc ou trois jours ne se rencontre que dans le paludisme; lorsque cette périodicité est établie elle permet de conclure qu'on est en présence d un cas de malaria Mais il en est autrement en ce qui concerne la valeur de l'intermittence quotidienne. Celle-ci se "" ^Jf;
plus ou moins prononcé dans presque toutes es fievie , particulièrement dans celles qui accompagnenl la suppura- Ton. Dans les fièvres bectiques, qui n'ont -n de ciuiim avec la malaria, en observe souvent un stade de fusson Jiotidien ayant lieu l'après-midi, ^^^^^'^^'^^^Z/t chaude et sèche, et la température s'eleve a 39 ou 4" . mouvement fébrile se terminant par une crise de sueur pio- (• ^ . i« mntin il V a apyrexie complète.
a.ec la malaria. - On peut citer f ^ ,1e suppuration celle que produit l'abces du foie, aficaio
articulièrement fréquente dans les pays «■'OP-";; P° vant induire en erreur le praticien. L'abces du foic peut t es
Ciment s'accompagner de symptômes simulant «ne
DIAGNOSTIC A VEC L'ABCÈS DU FOIE i43
fièvre palustre ; c'est un piège où se prennent souvent les médecins inexpérimentés. La conséquence, c'est que la plupart des malades atteints d'abcès du foie sont bourrés de quinine, à un moment ou à un autre, par suite de la croyance qu'on se trouve en présence d'une fièvre paludéenne. Il y a, outre l'examen du sang, plusieurs points dont la considération sérieuse pourra éviter une pareille faute.
Dans l'abcès du foie, le foie est augmenté de volume, mais il n'en est pas nécessairement de môme de la rate ; l'hypertrophie de cet organe, quoique pouvant se rencontrer dans l'abcès du foie, n'en est pas un symptôme habituel. Dans le paludisme, si le foie peut être hypertrophié, la rate l'est encore, bien plus et presque toujours déborde franchement les fausses côtes. Dans l'abcès du foie, la fièvre se produit d'ordinaire, quoique non invariablement, à la fin de l'aprèsmidi ou le soir ; le malade peut être pris de sueurs profuses indépendamment de la chute de la température, à n'importe quel moment du jour ou de la nuit — le plus souvent au moment où il commence à s'endormir. Dans le paludisme, l'accès peut se produire, et se produit généralement, au commencement de la journée ; il n'y a pas de tendance marquée à la transpiration, sauf à la défervescence de la fièvre. Dans l'abcès du foie, une enquête sérieuse fait presque toujours découvrir des commémoratifs de dysenterie. Si la fièvre revêt distinctement le type tierce ou quarte, elle n'est pas hépatique. Dans tous les cas douteux le sang doit être examiné au moins une fois ; on fera l'examen au moment du stade de frisson ou au début du stade, de chaleur et avant 1 administration de la quinine. On rencontre parfois des malades qui ont eu des accès paludéens et aussi une attaque ! de dysenterie, et chez lesquels le foie et la rate sont tous deux hypertrophiés. Dans de pareils cas le diagnostic peut être impossible sans l'aide du microscope et de la ponction aspjratrice. ^
,// MALAlilA
Diagnostic entre la ûèvre jaune et la fièvre hémoglobinurique. — Le diagnostic entre la lièvre jaune et la lièvre hémoglobinurique est un point de pratique qu on a parfois à résoudre. En dehors de l'examen du sang, les considérations suivantes aideront à poser un diagnostic exact.
Au début la fièvre hémoglobinurique revêt un type asthénique; la fièvre jaune, au contraire, a un caractère sthénique, les premiers symptômes étant : violent mal de tête, injection des conjonctives, congestion de la face, etc. Dans la fièvre hémoglobinurique, le foie et la rate sont hypertrophiés, souvent douloureux ; les vomissements sont biheux et contiennent rarement du sang ; la teinte jaune de la peau se produit en môme temps que l'hémoglobinurie comme symptôme précoce. Dans la fièvre jaune il y a, dès le début, de falbuminurie graduellement croissante, parfois de 1 lie- . maturie ; mais il n'y a pas de véritable hémoglobinurie, pas d'hypertrophie ni de sensibilité marquée du foie et de la rate • il y a de la douleur et une sensation de brûlure a l'énilastre ; les vomissements contiennent souvent un mucus acide et clair, mais non de grandes quantités de bde, comme dans les affections paludéennes ; le <c vomito negro » et la teinte ictérique de la peau se produisent tardivement et ne se montrent pas nécessairement dans tous les cas. De plus, la fièvre jaune n'est endémique que dans quelques régions limitées, tend à prendre une forme épidemique e attaque les nouveaux arrivés beaucoup plus fréquemment que les anciens résidents. La fièvre hémoglobinurique a une distribution géographique plus étendue; elle est spor dique et atteint plus spécialement ceux qui résident depuis longtemps dans les pays tropicaux.
Diagnostic entre la rémittente bilieuse et la fièvre jaune - Dans la rémittente bilieuse, la teinte -tenque c : peau est un symptôme de début ; ^^^—^^^ et peu marquée; la température se maintient elevce pen
DIAGNOSTIC AVEC LA FIÈVRE JAUNE i45
liant plusieurs jours, au lieu de tomber au troisième ou au quatrième jour comme dans la fièvre jaune ; les vomissements sont abondants et bilieux ; le pouls ne devient pas remarquablement lent comme dans la fièvre jaune ; dans le stade initial, les yeux ne sont pas congestionnés et brillants au môme degré ; et naturellement on doit trouver l'hématozoaire dans le sang.
Diagnostic avec la méningite cérébro-spinale. — La méningite cérébro-spinale peut simuler un accès de paludisme ; mais en présence de la rigidité des muscles de la nuque, le médecin doit se tenir sur ses gardes et rechercher les autres signes permettant d'établir le diagnostic.
Diagnostic avec les autres types de fièvres paroxystiques. — La fièvre urétrale est souvent prise pour la fièvre paludéenne ; de même, la fièvre qui accompagne la migration des calculs biliaires ; de même la fièvre des pyélites et des affections chirurgicales du rein ; de même la lymphangite, particulièrement celle qui accompagne l'éléphantiasis et les autres formes de filariose ; de même, la fièvre méditerranéenne ; de môme cette fièvre post-malarienne qui coïncide avec l'hypertrophie du foie et de la rate et avec l'anémie, mais non avec la présence d'hématozoaires dans le sang, et n'est pas justiciable de la quinine ; de môme les fièvres associées à la tuberculose, à l'endocardite ulcéreuse a certains types d'anémie pernicieuse, à la leucocythémié splemque, à la syphilis viscérale en particulier, aux sarcomes à marche rapide, à certaines formes d'hystérie et à des états obscurs et mal définis. Dans de pareils cas, on ne devra pas négliger l'usage du microscope s'il y a le moindre doute sur la nature exacte de ces affections.
Diagnostic avec la fièvre typhoïde. - Sans le microscope Il est parfois impossible de faire un diagnostic entre
Pvr„,cK Mansox. - Mnladios des pn.vs cluuuls.
certaines formes typhi<,ues du paludisme et la véot^. e fièvre entérique. Dans les deux cas, on peut a o, de I,,
ou de la constipation, l'hypertroplue de la rat iCeet typhique de la langue, le délire et toute la ser.e des mpttne's ty Uiques. En fatt, jusqu;* ces ; ?'I fièvre typhoide aux Indes éta.t considérée et t.adte toute fievie lyp (rémittente palustre) et, sans
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aucun ;;;;,,„pi,yer, le séro-diagnostic de Widal
n-cros:opfque du sang fournira un moyen de contrôle extrêmement précieux.
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V faut les traiter comme leib ;lvres tpHo-^aes compliquées de paludisme.