ANATOMIE PATHOLOGIQUE
liquide sous-araclmoïdien ou ventriculaire. Il y a des puiicla crueiUa nombreux et prononcés sur les sections du cerveau ; parfois on voit même des extravasations sanguines considérables dans la substance cérébrale (mésocéphale et moelle allongée).
Les ecchymoses sont communes sur toutes les surlaces séreuses; le contenu des diverses cavités séreuses peut être sanguinolent. Des hémorragies étendues peuvent être troavées dans le péritoine, le médiastin, la trachée, Tintestin, la muqueuse du rein, de l'uretère et de la vessie, ou dans la cavité pleurale. Le poumon présente souvent des signes de bronchite ou de pneumonie hypostatique ; quelquefois on y trouve des infarctus hémorragiques et des abcès. Le cœur droit et les grandes veines sont ordinairement distendus par un sang faiblement coagulé ou liquide.
Le foie est congestionné et gonflé, et ses cellules sont dégénérées. La rate est deux ou trois fois plus volumineuse qu'à l'ordinaire. La muqueuse du tube digestif est congestionnée et présente çà et là des efl'usions ecchymotiques ponctuées et, parfois, des érosions hémorragiques et même — surtout du côté de la valvule iléo-cœcale — des ulcérations.
. De même les reins sont congestionnés et peuvent présent ter des ecchymoses, à la fois sur leur surface et dans le bassinet. Le tissu conjonctif périrénal peut aussi être congestionné et infiltré. Les uretères et la muqueuse vésicale sont souvent parsemés d'ecchymoses, auquel cas Turine quils contiennent est généralement sanguinolente.
Le système lymphatique présente toujours des lésions considérables. Un, deux ou plusieurs ganglions Ivmphatiques sont enflammés et engorgés. Il existe dans l intérieur etautoLir des ganglions une exsudation renfermant du sanodes cellules glandulaires hyperplasiées et une énorme puilulation de bactéries. Les ganglions inguinaux, axiUaires et cen iraux sont particulièrement atteints. A la dissection, les
l^vnucc Manson. - Maladies des pays chauds.
PESTE DUBOi\lQ.UE
■^^^^'r'rt'traifor'irt ;:ir;îr a.c.s. Queue ,,e
période de la maladie ou i d'hvpérémie
ceue p.;ioae U ^^^l^^::::,, .i^Uons ; très prononcée , tendance marquée
hypérémie caraclensee P^' ,^„^i„,3 ,iades de
Si la mort sest produite des le de>^ ^^^^^ ,
gorgement des =-"o"'7;:\;re ^s^'lcue «an.Uon primais il est rare qu on ne t'0"J« ^ ' ^ , ^.„„, sentant les lésions -vacter.st>qu s PaUot adénite intense et plus ou moms ^ iy„'pl°tiques
plus léger mais plus généraUse des gan o. Jj au corps entier est d oo ^t^^P^^^^^^^^^^ ^^^^^^^^ tiques participent aussi mdi
spécifique
L'apparition de flèvre et d'adénite durant Diagnostic — ^^W"] , ;„„„;rer des soupçons,
„„e épidémie de P-'« ''-^ '^lUt ^ caractère adynasnrtout si la fièvre P-'"^^X 8-stic peut être très mique. Dans les prem.ers tade , = „^„„.onique. La douteux, Par-uUéremen p u a pe ^^^^^ découverte du bacUe dans le n o ^^^„i„,„ent cer-
ehats ou les déjections es k c 1 s^^ ^^^^ ^^^.^ tain. Une petite quantité iies
rée avec une coa-
étendue sur une lame, séchée, fixée
PRO pur LAME 211
leur d'aniline. Si Ton y découvre un cocco-bacille présentant la coloration bi-polaire caracLéristique, on le cultivera par la méthode de Haffkine en Louillon sur lequel on fait flotter du beurre clarifié (appelé ghee en Inde) ou de l'huile de coco. Si le cocco-bacille est bien celui de la peste, on verra se former à la surface inférieure de Thuile des cultures de bacille en forme de stalactites. Par Tagitation, le stalactite se désagrège et tombe en flocons de neige au fond du récipient ; aucun autre des bacilles connus ne présente ce phénomène.
Prophylaxie. — La prophylaxie de la peste, comme celle des autres maladies infectieuses, doit être examinée au double point de vue social et individuel. Les mesures à prendre, en ce qui concerne la communauté, sont de prévenir l'introduction du virus, d'empêcher sa diff'usion s'il est introduit, et d'assurer sa destruction.
Quaranlaine. — Tous les systèmes de quarantaine sur terre ou sur mer dirigés contre la peste devront tenir compte de ces faits que la période d'incubation de la maladie peut durer jusqu'à, huit jours, et que la peste attaque certains petits animaux aussi bien que l'homme. Il doit s'écouler sept jours au moins entre la date du départ d'un endroit infecté, ou entre la date du dernier décès, ou entre l'arrivée d'un navire ou d'un groupe de voyageurs présentant des cas de peste, d'une part, et l'admission à la libre pratique, d'autre part. Bien plus, Kitasato ayant montré que le bacille spécifique persiste dans le corps des convalescents de peste pendant au moins trois semaines à partir de la cessation de l'activité de la maladie, les malades guéris devront être isolés pendant un mois avant de pouvoir se mêler à la population saine.
■ Malgré les résultats de Kitasato, qui a montré que le i^aciUc do la peste meurt en quatre jours, lorsque, desséché sur une lamelle, il est inis à l'abri de la lumière solaire et
PESTE BUDOyiqUl-^
. • nn auatre heures s il est exposé au jour, Uxpc en trois ou ^^^^^^^ ^^^.t,-^,, conditions encore
rience a prouve que, dans pendant une
•1 T^t^iif survivre hors au coipb [j^^^ inconnues, il peut ^"^^ ^ „o„,bre considé-
,,ério.le beaucoup plu '""ê^u-er que les vêtements, les Pable de faits tendant a " semblables
peaux, les P-^^^ ^ Xrplusieu.s mois, D
peuvent conserve le -uu. 0. p^^^^ ^^^^^^^^
rrr; ::r;":Lue de pestl..., devant donc a.
détruits ou soig"->=«™«"'/''''"'';'"'„„t™iné, 1^ vats, les Dans les n-"-;™^ 0:71 e loWeot «re détruits,
irp^rssrs'^^^^^^^^
,^°KUasato a trouvé ,ue des
détruites en une '^"^-^^^^^^^Z T^C. Les cultures et en quelques minutes par ^^^^ ,,^^.Ue pendant „e se produisent pas ^P^^^;^^' , , p. ,oo. Le „ne heure dans une «"l""»" ^'^^"^^iji.n de trois heures bacille est aussi f ™" P" de guides dans le
dans du lait de chaux. Ces ^ et le,
choix des désinfectants; P-'^ ^^^^^J ^„1,.;„„ de sublimé
^'-••':rr':\Cd ;x-sr;^ , p. ..o, . ,.01
corrosif dans 1 acide pne phénique a
le chlorure de chaux a i P-
5 p. 100. ao-alomération, dès que le
Si la peste éclate - ,,i,,ble (comme dans
diagnostic !" ' lés) un double cordon sauitan-c
le cas de P«';^f.-'^^f r f ocalité infectée, et le plus doit Être étabU autour de la absolument strict i-lcmcnt maintenu Les m
isolés dans des '-P''--^^^ et momentanément éva-
paient soigneusement d.s n ce ^^^^^ ^„„^ i„s„u.bres et
°r vllir-^ae^-tules par le feu. Les vêtements et de peu de valeui
PROPHYLAXIE 2ii
la literie des malades seront brûlés. Les cadavres seront dans le plus bref délai enterrés profondément ou incinérés. Des lazarets isolés seront organisés, et les individus suspects y seront tenus à l'écart pendant un temps au moins égal à la période d'incubation de la maladie. Les rats et les souris seront empoisonnés ou détruits autrement, et leurs cadavres brûlés. Outre ces mesures spéciales, Fétat sani-. taire général sei^a scrupuleusement surveillé. On devra se tenir en garde contre la diffusion de la peste par les voies ferrées.
En Inde, l'examen obligatoire de tout corps avant son inhumation a été reconnu une excellente mesure pour découvrir les maisons et les localités infectées.
Quels que soient les moyens employés pour empêcher l'introduction et la diffusion de la peste, les cas de peste ambulaloire devront être recherchés et traités avec autant de sévérité que les formes plus virulentes de la maladie.
Il est très discutable qu'un système quelconque de quarantaine, si rigide, si bien compris et si parfait théoriquement qu'on le suppose, soit en pratique absolument efïicace. Son application est à la merci d'un grand nombre d mdividus et une seule défaillance, soit par ignorance, soit par malhonnêteté, peut en compromettre le succès. En admettant même que l'introduction de la peste par l'homme puisse être évitée de cette manière, il est difficile de dire comment son introduction par les rats et les souris pourrait être empêchée. La quarantaine peut sans doute tenir à l'écart une certaine proportion de personnes contaminées, et en cela elle rend quelques services; mais on doit lui ajouter des mesures sanitaires générales, une sérieuse desinlection, la destruction des détritus de toute sorte a découverte rapide et Fisolement des malades, l'évacuation des maisons infectées et même de celles du voisinao-e Cl a eoniplète destruction des parasites. Toutes ces mesures' ontete expérimentées en Angleterre et reconnues bien plus
PESTE DUBOiSiqUE
elàcaces que tout système de quarantaine; eest seulement par délorence pour les idées admises en Europe que la quarantaine, dansl'aneien sens du mot, a été pratiquée dans la Grande-Bretagne contre la peste - et auss, eontre a llèvi-«iaune. Une quarantaine rationnelle, accompagnée de „,esures rationnelles contre la peste, voilà la condu.te a tenir.
Destruction des parasites et autres mesures préventives contre r introduction du virus. - Etant donne les faits bien établis que les rats sont P»'-""''-^'" "'/^ bles à la peste, que, dans beaucoup ^^P'^'^-'^^'';:. ^ attaqués des semaines avant l'apparit.on de la malad e chez . rtime, que leurs mœurs les associent intimement a la ™
de Phomml, on ne peut guère d-"-' 'l-;-. -"f:"; ^ iouent un rôle très important dans la diffus.on du virus réduit dans une localité (Simond). Cela étant . est^so nable de croire que, si les rats étaient detru.t , d'introduction d'un cas de peste par 1 homme, le rat et tes d "ut seraient très réduits dans une ag^'o;; cette mesure aurait été prise. 1| f^^^^^^, "'Te" "er:. t ^^IX rlspons^hles de r::, r Is vU^ tous les vlUages en communication
r: ave^c des foyers de peste 'levraient, poi. s op^^^^^^^^ rarrivée possible de la -l-'^;^ ; ,tti s ""cernant ,o„s les rats de ^ Le alimentaire, la
l'encombrement de la POP"'^"""' ' /^"j^^^^elion des rats propreté domestique ^^^^^^^ des procédés est une mesure peu coûteuse en co i ,„ontrés si
dispendieux qui, en Inde et adleur se sont n insuffisants pour arrêter des épidémies de peste.
.ro^^^^.^'f^^^:-::^i:::i:i^
duel, Loutes visites laites sans net