INOCULA TIONS DE II A FFKINE
fél'és, soit dans Iciu' voisiiino-e, doivent être évitées et, si possible, interdites. L'entourage des malades, en particulier, doit prendre garde à ce que la ventilation de la chambre du patient soit largement assurée, à ce que le cul)e d'air soit abondant et la propreté la plus minutieuse appliquée. Les infirmiers ne resteront pas trop longtemps de suite au chevet des malades; ils doivent aussi panser avec soin et recouvrir les blessures, mémo les plus insignifiantes, qu'ils peuvent avoir aux mains; ils doivent aller en plein air fréquemment; ils doivent se servir largement de désinfectants et pour eux-mêmes et pour les excréta de leur malade, et se laver de temps en temps- la bouche avec des antiseptiques; ils doivent se laver soigneusement la figure et les mains avant de manger; et enfin ils ne doivent jamais prendre de nourriture ou de boisson dans la salle de garde ou dans la chambre du malade. En observant scrupuleusement ces précautions de sens commun, les risques de contagion pour les infirmiers sont très réduits, et sont certainement moindres que dans les cas de typhus exanthématique. Pour éviter les blessures, et pour empéchèr l'accès de puces ou de semblables insectes suceurs, les personnes forcées de rester au milieu d'une épidémie de peste devraient porter des chaussures et avoir les jambes protégées par des pantalons étroitement serrés aux chevilles, ou mieux par des jambières. Des gants de peau sont recommandés pour les personnes qui ont à transporter des meubles ou des objets pouvant érailler la peau. Le traitement hospitalier n'est dangereux que si les malades sont autorisés à coucher dans leurs vêtements infectés, si les désinfectants ne sont pas convenablement employés, ou si le personnel est négligent, inintelligent ou imprudent.
Inoculations de Haffkine. - Durant l'épidémie de Bombay, Ilamdne a employé un système d'inoculation préventive qui paraît être d'une réelle efficacité à un double point de
l'I-STE IILIIUMQLE
vue: réduction à 77 ou 83 p. .00 du nombi-e d'individus atteints de peste et diminution de la mortalité chez, les malades dans la proportion de 80 p. .00. Une description de la métliode de HalTkine a été faite dans le Brilish Mcdicai Journal du juin ,897. Cette méthode consiste eâsentiellement en injections sous-cutanées de cultures du bacille de la peste tuées par la chaleur. La réaction est parfois sévère, mais jusqu'ici on, ne connaît aucun accident cause par ce procédé. Les résultats ne sont pas aussi favorab es nour l'ile Maurice, oii les inoculations ont réduit les Atteintes de peste à 45 p. .00 seulement, et où la mortalité dans ces cas fut de3.,ç> p. .00. La Commission de la peste en Inde conclut en laveur de ces inoculations, mais fait remarquer que cette vaccination demande à être pratiquée plus exactement et plus régulièrement qu'elle ne 1 a ete jusqu'à présent pour donner ses meilleurs effets.
Injections de Lustig. - Récemment iBrit Med. M,rn ,0 fév .000) Lustig etGaleotti ont introduit une méthode ; oculation préventive qui semble obvier » inconvénients du procédé de Hatfkine. Us cultivent le .B««Z pesas sur plaques de gélose, ^"-°'-nt ces eu t.nes dans une solution de potasse caustique a pUent les substances nucléo-protéiques ainsi Le solution faible d'acide acétique ou chloihjdiique, une soniuuu . . 1 dessèchent m vacuo.
recueillent le précipité, le lavent et le dessecn
Cette substance semble pouvoir se f ™
temps indéfini. La dose pour un homme ''"^ " 00. milligrammes. Avant de l'injecter sous la peau o a^dissout dans une quantité suffisante de 'j "^^ .
nate de soude . o,5 p. 100. L'injection - sui« d "i u,a
;:;-ti^ïr:::t:irr:n^rtimporaire
contre la peste.
TltAlTlùMENT « 7
Traitement. — Jiis(|iri( i traitement de la j)este a été surtout symptomatiquo. On aura toujours à l'esprit la tendance asthénique de la maladie, et l'on évitera soigneusement tout remède déprimant.
Durant les premiers stades, lorsque la céphalalgie et parfois la fièvre prédominent, on obtiendra un grand soulagement par l'apposition de sacs de glace sur la tète et sur le cou. Si l'on veut abaisser la température, des lotions sur tout le corps, faites toutes les heures, avec de l'eau chaude sont un meilleur procédé que l'ingestion d'antipyrine ou autres antithermiques. Les vomissements, d'après Lowson, sont arrêtés par une large dose de calomel suivie d'un purgatif salin. Si ce moyen échoue, ou s'il y a de la diarrhée, il recommande de faire sucer de la o-lace ou de faire absorber un mélange effervescent contenant de la morphine et de l'acide cyanhydrique. Les sinapismes sur l'épigastre ont aussi leur utilité. Plus tard, quand le pouls commence à faiblir, le môme auteur recommande la strychnine avec ou sans carbonate d'ammoniaque, de préférence à la digitale ou au strophantus. La strychnine, dit-il, devrait être employée comme un traitement empirique, et cela dès le début de la maladie. En cas de collapsus, des stimulants de divers genres, y compris l'inhalation d'ammoniaque et les injections hypodermiques d'éther, sont indiqués ; ils réussissent quelquefois cà ranimer un malade qui s'éteint. Lowson a trouvé que la morphine, judicieusement administrée, est de beaucoup le meilleur hypnotique. Au commencement, un à trois centigrammes injectés au malade calment la souffrance et procurent le sommeil; plus tard, un centigramme suffit. L'hyoscine (un tiers à un milligramme), ou le chloral (un gramme) et le bronuire de potassium (deux grammes) sont utiles pour la même indication. Si la diarrhée persiste, on emploiera de préférence les antiseptiques intestinaux, par exemple le salol en doses de 5o centigrammes toutes les quatre heures. Les bubons, dans
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la première période peuvent être traités par des applications de belladone et de glycérine. Si la peau devient rouge et enflammée, on y mettra des cataplasmes, et, lorsque le ramollissement se produit, on incisera et on pansera à l iodolorme. Les adénites indolores seront traitées par la teinture d'iode. On nourrira et on fortifiera le malade d'après les principes ordinaires.
Sérothérapie. — Yersin, Calmette et Borrel ont montré que des injections intraveineuses , intrapéritonéales et sous-cutanées de cultures de bacille pesteux sur gélatine, mélangées à du bouillon et chauffées à 58°G pendant une heure, immunisaient le lapin contre le bacille, pourvu qu'on les employât à des doses juste insuffisantes pour produire la mort, et qu'on répétât les injections trois ou quatre fois à des intervalles de quinze jours. Le chauffage tue le bacille mais ne détruit pas ses toxines, qui donnent lieu à une réaction très forte au début et diminuant à chaque injection. Ils ' ont trouvé de plus que le sérum d'un animal immunisé, si on l'injecte à un lapin ordinaire, exerce une influence a la fois préventive et thérapeutique. Un lapin auquel on avait inoculé une culture virulente de bacille pesteux reçut, douze heures après, une injection de sérum. Les progrès de la maladie, qui s'annonçait comme sûrement fatale, lurent subitement arrêtés et l'animal guérit. Un cheval fut ensuite • immunisé par des injections intraveineuses de cultures virulentes. Après plusieurs injections assez espacées ( a .seconde aubout de vingt jours) la réaction, intense au debul, devint plus courte et moins prononcée, et le sérum de l animal avait acquis des propriétés à la fois préventives et curatives contre la peste inoculée aux lapins, aux cobayes et
" Lrrekùons qui ont été faites sur cette découverte nous permettent d'inférer que sa valeur est V^^'^^^^^^-^^^l^'^ en ce qui concerne Thomme. Sur .6 cas de peste traites en
SÉIÎ 0 TllÉlîA PIE ^ 1 9
Chine avec le séniiu de Yersin, 24 g'iiéi'isons ont été conslalées. Des expériences faites ultérieurement en Inde n'ont pas confirmé ces brillants résultats et la sérothérapie de la peste a échoué dans ce pays, du moins jusqu'à présent (1).
(i) Depuis que ces lig'nes ont clé écrites, le sérum de Yorsin a été expérimenté sur une plus vaste échelle. On trouvera dans ce livre l'exposé des résultats (N. d. l.)