‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 47 sur 136 · CHAPITRE XIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIll

FIÈVRE FLUVIALE DU JAPON. - FIÈVRE DE NASHA - KALA- AZAR. - typhoïde TROPICALE. - FIEVRE TYPHO-MALA- RIENNE.

FIÈVRE FLUVIALE DU JAPON [SllimCl lliuslli) .

Définition. - Maladie endémique aiguë à cycle défini et à mortalité considérable. Elle est caractérisée par la présence sur la peau d'une eschare initiale suivie d un u cere, de lymphangite, de fièvre, d'une éruption exanthematique, de bronchite et de conjonctivite.

Histomue. - Cette maladie fat d'abord décrite par Palm en .878 et ensuite, d'une manière plus complète, pa, Baelz et Kawakami.

Distribution géographique et ^f]^ fièvre (Skùna ,nuski) est probablement confinée aux nves e deux cours d'eau sur le versant occulental de 1 ^^e^ M pon - le Shinanogawa et l'un de ses affluents, et 1 Omona

^Tons les printemps, ces rivières inondent de larges étendue det'res. Un'peu plus tard on fait pousser du c anv .nr une portion du terri^i. —^^

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transmissible du malade à l'homme sau>. Quouiue .e.

soil Iransportable par le chanvre jusqu'à un certain point, la maladie ne se produit que dans des endroits limités et seulement dans la zone endémique.

Symptômes. — Après une période d'incubation de quatre à sept jours, la maladie débute ordinairement par du malaise, de la névralgie frontale et temporale, de l'anorexie, des frissons alternant avec des bouffées de chaleur et de la prostration. Puis le malade accuse de la sensibilité et de la douleur dans les ganglions de l'aine, de l'aisselle ou du cou. L'inspection de la peau dans la zone correspondante fait découvrir — en général du côté de l'aine ou de l'aisselle — une petite eschare (234 millimètres) ronde, sombre, dure, très adhérente, entourée d'une aréole indolore et livide de congestion superficielle.

On trouve parfois deux ou trois eschares semblables. On peut déterminer un trajet légèrement douloureux depuis la I plaie jusqu'aux ganglions sensibles et engorgés, mais il n'y a pas de cordon de lymphangite à proprement parler. Les .ganglions superficiels du reste du corps, surtout ceux qui sont symétriques aux glandes d'abord infectées, sont aussi légèrement engorgés.

Une fièvre plus ou moins continue s'établit ; le thermomètre monte en cinq ou six jours à 4o° ou 41° C. Les conjonctives se congestionnent, et les globes oculaires sont ■légèrement projetés ; en même temps une forte bronchite se manifeste par une toux épuisante. Le pouls est plein et bat avec force ; le nombre des pulsations est assez faible 80 à 100 — relativement au degré de la fièvre. La rate est modérément mais distinctement hypertrophiée, et il y a une constipation marquée.

Vers le sixième ou le septième jour, un exanthème formé de larges papules rouge sombre apparaît sur la face, et tend a devenir confluent sur les joues. L'éruption gagne ensuite les avant-bras, les jambes et le tronc ; elle e:t moins p^-

nèrj)!! l'wviAui du jai'ûn noncéo aux bras, aux cuisses, au cou el au palais Concurremment aux papules une petite éruption Uchenoule envahu les avant-bras et le tronc. Ces éruptions durent ordinairement de quatre à sept jours ; si elles sont très légères, elles peuvent s'évanouir en vingt-quatre heures.

Les malades, durant le paroxysme de la fièvre sont congestionnés et peuvent avoir du délire nocturne. Us se plair„e„t sans cesse, probablement à cause d'une hyperesthesie générale de la peau et des muscles. Ils peuvent présenter

de la surdité. ^ , . .

Avec les progrès de la maladie, les symptômes deviennent plus marqués-, la conionctivite est intense, 1» toux incessante ■ la langue se dessèche, les lèvres se fendillent et

S;nt, et Tl se produit de teinps eu temps des sueur nrofuses. Vers la fin de la seconde semaine - plus tôt ou p u tard suivant la gravité du cas - la fièvre commence a tomber la langue se nettoie et, quelques jours après, la t mp ture est redevenue normale et la convalescen s'e"abU rapidement. 11 peut y avoir de la diarrhée ou de la diu e e pendant le déclin de la fièvre. L'ulcère circulaire n o oi d età bords aigus, laissé par la chute de 1 eschare or I^tive - événement qui se produit d'ordinaire pendant CZle semaine - commence maii^enant . se cicatriser,

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légers, quoiq e 1 ^ ,^ ,,,e beaucoup

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lues que parotidites, mél.na, '^'^ ^^^^ZZ^^ diaques ou œdème des poumons La <1"'^« peut également varier, d'après la gravite, dune a qua J peut ^fy^ p trnit; ^emalnes environ,

semaines, la moyenne étant de t^^^^^^";" j ,,,,

Les femmes enceintes qui contractent la fievie l avortent et meurent pour la plupart.

TIIAITEMEST ^'l »

La mortalité est (Fenvii-on i5 p. loo des personnes atteintes. •

Anatomie pathologique. — On n'a pas décrit de lésions importantes, à part les signes de catarrhe bronchique et de pneumonie hypostatique, l'hypertrophie de la rate, la présence de plaques rougeâtres dans l'intestin près de la valvule iléo-cœcale, l'injection du péritoine et un léger eno-oro-ement des o-anglions mésentériques et superficiels.

Ètiologie. — Les Japonais attribuent la maladie à la la piqûre d'un acarus (appelé par eux aka mushi — insecte rouge) qui ressemble au Leptus a utLimiialis cVEuroi^e. Baelz rejette cette opinion, mais ne fournit aucune autre explication de l'introduction du virus.

Les hommes, les femmes et les enfants sont également susceptibles. Une attaque ne confère pas l'immunité, mais peut rendre les attaques suivantes moins sévères.

Jusqu'ici le virus de cette maladie, qui s'introduit certainement en premier lieu au niveau de l'escharre initiale, n'a pas encore été découvert.

Traitement. — Etant donné l'hypothèse que la maladie est introduite par un insecte, ou tout au moins au niveau d'une plaie quelconque, les personnes qui travaillent le chanvre dans la région endémique doivent protéger leur peau et la tenir propre, surtout vers les aines et les aisselles. Il n'y a pas de remède spécifique ; on doit donc conduire le traitement d'après les principes généraux.

l'iKVRE DE N\sHÂ {Ncisa^ Nakro),

Les D""' Fernande/, et Mitra décrivent {Traiis. First Ind. Med. Cong., iSgS), sous le nom de fièvre de Nasha, une

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maladie fébrile qu'ils disent ôtre particulière à l'Inde, et surtout abondante au Bengale.

Avant l'apparition de la fièvre, il se produit une congestion spéciale de la muqueuse du septum nasal. Quelquefois cette congestion est confinée à une seule narine, quelquefois les deux côtés sont affectés. La douleur est insignifiante, mais la surface du septum est soulevée et présente un aspect rouge et tuméfié, et l'on y aperçoit une petite tumeur circonscrite de la grosseur d'un pois (Mitra). Les symptômes ordinaires de la fièvre existent ; la constipation et le malaise général prédominent. Fréquemment le malade accuse des douleurs violentes à la tête, à la nuque, aux épaules et aux reins. La face est congestionnée ; il y a des symptômes subjectifs de bouffées de chaleur et d'assoupissement, et les pupilles sont contractées. Ces divers symptômes subsistent pendant trois à cinq jours, puis le gonflement de la muqueuse diminue et la fièvre tombe spontanément. La muqueuse congestionnée ne suppure jamais. Dans de très rares cas, ladis parition subite du gonflement est suivie par de graves symptômes — fièvre violente, délire, coma et mort.

Une attaque prédispose à une autre ; les attaques se suivent à des intervalles plus ou moins réguliers dans le mois, la quinzaine ou la semaine. Les deux sexes y sont exposés, mais la femme en souffre moins fréquemment que l'homme. Les enfants ne sont jamais atteints. Après cinquante ans, la maladie ne se produit plus. La fièvre de Nasha est surtout abondante entre avril et août, et devient plus rare durant

les mois d'hiver.

Dans la discussion qui suivit la lecture des rapports du D" Fernandez et du D^ Mitra au Congrès Médical de l'Inde, les D" Roy et Bose refusèrent de considérer la fièvre de Nasha comme une entité spéciale, disant que la [congestion de la muqueuse nasale est un symptôme commun a plusieurs maladies fébriles dans l'Inde.

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Traitement. — Dans les cas légers un purgatif salin sudit. En piquant la petite tumeur nasale avec une aiguille, ou en la ponctionnant à la lancette, on fait disparaître rapidement la congestion et la fièvre. Les injections d'eau froide ou d'un faible astringent dans les narines deux ou trois fois par jour ont rendu des services.

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