FIÈVRES TROPICALES NON CLASSEES
temps, la température continuant à rester élevée, des symptômes'cérébraux surviennent, particulièrement un délire à forme chuchotante avec irritabilité, et le malade arrive môme souvent à un état de coma dont on peut difficilement le faire sortir.
C'est généralement du i8« au 24^ jour qu'est atteint cet état de haute température constante sans rémission marquée, accompagné d'engorgement et de congestion du foie, de diarrhée bilieuse, de congestion à la partie postérieure des poumons, et de délire à voix basse, murmurante. Si le coma s'établit, le malade meurt fréquemment à cette période. Dans les cas plus favorables, où les symptômes sont moins prononcés, l'état aigu peut durer encore une semaine ou deux. Dans ces cas, la durée moyenne de'.la maladie est de six semaines. « (Crombie.)
Grombie, bien qu'il ait rencontré cette fièvre chez des Européens, la regarde comme étant essentiellement propre aux indigènes. Elle est rare après trente ans, assez tréquente dans l'enfance.
Fièvre continue double. - J'ai rencontré dans le sud de la Chine, à Amoy et à Hong-Kong, une maladie à type particulier, ne paraissant pas très grave au point de vue de i mortalité, mais assez pénible lorsqu'el e se prolonge^ Elle était caractérisée par un stade initial de fièvre, d une durée moyenne de dix ou quinze jours, suivi d un stade d'apyrexie relative ou absolue pendant trois a sept jours, auc^el succédait à son tour une reprise de forte fiewe pendant dix jours environ, et enfin la convalescence (fig. 3o). d's les deux accès de fièvre, primaire et terminal, la température peut atteindre le soir 40° ou 4o» • ^^-^^^^ 1er que ces cas étaient des rechutes de fièvre continue s mple • mais comme j'ai vu, au moins en deux occasions, b :Tme Succession de symptômes se produire tanément chez deux malades habitant la môme maison
DIAGNOSTIC st79
une fois chez un mari et sa femme, la seconde chez un frère et une sœur — il semble probable que cette maladie appartient à un type spécial, caractérisé invariablement par un double accès fébrile. Dans
le cas du frère et de la = Si li °i °g ' " °-
sœur, la marche fut strie- i jj^ksi ^ ^ "i tement parallèle, la fièvre primaire, l'intervalle apyrétique et la fièvre terminale ayant lieu le même jour chez les deux malades.
A part un certain degré de céphalalgie et de courbature fébrile, il n'existe pas de symptômes spéciaux, autant que j'ai pu l'observer, ni de complications spéciales.
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Diagnostic. — Le diagnostic de ces fièvres imparfaitement différenciées est toujours difficile, surtout durant les premiers stades. Entre autres maladies, on songera à la typhoïde, à la fièvre ondulante et à la malaria. L'absence persistante de l'hématozoaire et de cellules pigmentées dans le sang, constatée par un observateur expérimenté, et les résultats négatifs à la suite de l'administration de quinine, feront rejeter le 1 diagnostic de malaria, surtout s'il y a absence d'une pério- ■ dicité marquée dans les symptômes, d'une anémie prononcée
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et d'une augmentation notal)le de la rate. Mais, dans l'état actuel de nos connaissances, il est très difïicile d'exclure la typhoïde et la fièvre ondulante, au moins au début. Il est possible que la séro-réaction soit reconnue à l'avenir comme un signe absolument pathognomonique. Dans ce cas le praticien aura en sa possession un auxiliaire inappréciable pour le diagiiostic des fièvres tropicales. Dans l'état actuel des choses, il y a une règle excellente pour les cas douteux, c'est de les regarder comme pouvant être de la fièvre typhoïde.
Traitement. — 11 est bon, au début des cas douteux de fièvre tropicale, d'être aussi circonspect pour le traitement que pour le diagnostic, et d'exclure les purgatifs actifs, pour prescrire le repos au lit, une diète liquide légère et non stimulante, et limiter la médication à des remèdes bénins. Il n'y a pas de traitement spécifique pour l'une quelconque de ces fièvres non classées. Chaque cas doit être traité suivant son évolution propre et d'après les principes généraux. La céphalalgie sera calmée par des applications froides sur le front, par une vessie de glace sur la tête ou, dans le cas dej température élevée, par des lotions, et, sauf le cas de contreindication, par des antithermiques tels que fantipyrine bi la quinine a été essayée à larges doses dans fhypothèse d un| accès paludéen, et qu'elle n'ait donné aucun résultat, on ne devra pas insister. Comme on l'a vu, la « fièvre légère » doit être traitée par le changement d'air, et plus.spécialeme.nt, si possible, par un voyage en mer.