‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 6 sur 136 · EXAMEN DU SANG · texte numérisé non relu

EXAMEN DU SANG

les préparations ordinaires le permettent, cette phase est le plus facilement étudiée dans la « zone des globules entassés » et dans la « zone dos rouleaux «, parce que, dans ces zones, le parasite, no subissant aucune compression, a plus de liberté pour subir sa transformation évolutive en corps à fla"-elles.

Dans les lièvres tierces et quartes ordinaires on rencontre rarement les corps à flagelles. Dans de pareils cas le meilleur moment pour les observer serait celui de la période de chaleur. Dans le cas d'infection à croissants on rencontre beaucoup plus fréquemment les corps h flagelles, car dans cette forme de malaria ils sont plus nombreux, apparaissent à n'importe quel moment du cycle clinique et restent parfois dans la circulation plusieurs semaines après que la fièvre a disparu.

Dans la plupart des cas d'infection b. croissants, l'évolution graduelle des corps h flagelles provenant des corps en croissants par l'intermédiaire du corps ovale et de la sphère peut, avec quelque patience, être facilement suivie.

Valeur diagiiosLique de la « zone de V hémoglobine libre. « — La valeur de cette zone consiste en ce qu'elle permet au praticien de se prononcer rapidement sur la présence ou l'absence de parasites pigmentés dans le sang. Et cela grâce à la quantité relativement grande de sang dans chaque champ de cette zone, et, par suite, grâce au nombre proportionnellement considérable de parasites dans un de ces champs, et aussi grâce à ce fait que le pigment noir est très distinctement visible sur le fond homogène, coloré et verni de l'hémoglobine libre.

PhagocyLose et IcmcocijLes pigmentés. — On voit souvent des exemples frappants de phagocytose dans le sang paludéen. Aussitôt qu'un parasite de la malaria, soit spontanément, soit par suite de compression, s'échappe du globule rouge dans lequel il s'était développé, il est très facilement attaque par les phagocytes. Cela s'observe surtout avec les

Païiii<;k Manson. — Maladies des pi.js (•luuids. ^

5o MALARIA

corps à flagelles, qui paraissent avoir un pouvoir considérable d'attraction sur les phagocytes, lesquels souvent font de longs trajets pour venir les attaquer.

Les leucocytes pigmentés — c'est-à-dire les leucocytes contenant des grains ou des blocs de mélanine — se rencontrent très souvent ; on peut surtout les voir dans la « zone en couche unique » pendant ou peu ap'rès la fièvre. On peut quelquefois observer des leucocytes en train d'absorber le pigmént central des corps sporulés qui viennent d'éclater. Souvent leur pigment provient des restes de quelque sphère ou de quelque corps à flagelles qu'ils ont absorbé postérieurement à la préparation de la lame. Dans le sang périphérique, on voit rarement, peut-être jamais, les phagocytes attaquer l'hématozoaire tant que le parasite est à l'intérieur d'un globule rouge. Les leucocytes mononucléés aussi bien que les polynucléés peuvent renfermer du pigment malarique. Il faut prendre bien garde, cependant, lorsqu'on constate du pigment noir dans l'intérieur des leucocytes, d'en tirer de suite une conclusion : si les lames ne'sont pas parfaitement propres, des fragments de poussières que les leucocytes absorbent rapidement peuvent induire en erreur.

Lymphocytes pigmentés. — D'après MetschnikofT, le lymphocyte n'a aucune action phagocytaire dans la malaria. Cette observation est exacte, à mon avis. Plusieurs écrivains, néanmoins, ont décrit et montré par des figures des lymphocytes contenant ce qu'ils considèrent comme du pigment malarique. Ceci, j'en ai la conviction, est fondé sur une erreur d'interprétation, et provient de l'ignorance de ce fait que, dans tous les sangs, tant normaux que paludéens, 20 à 5o p. 100 des petits lymphocytes mononucléés contiennent, placés sur l'étroite bande de cytoplasma, un ou deux petits points ronds, d'un noir intense, optiquement indiflerenciables de la mélanine malarique. Je ne sais pas si cet aspect a été déjà décrit, mais des observations multipliées m'ont convaincu de l'exactitude de mes constatations.

DIAGNOSTIC DES VACUOLES 5i

Par suite, la présence d'un point de pigment noir intense dans les lymphocytes ne doit pas ôlre considéré comme une preuve de l'infection malarienne.

Diagnostic des mcitoles. — Le débutant peut avoir quelque difficulté à déterminer si certaines figures aperçues dans les globules sont des parasites ou des vacuoles. Les données suivantes peuvent lui permettre de conclure avec précision.

Fig. 24. — Globules rouges créaelcs et vacuoles. (D'après Lavkran

et Blanchard.)

a. h, c, hématies avec vacuoles centrales, c est crénelé; d. e, f. h, hématies ave.: vacuole centrale contenant de l'hémoglobine fragmentée. Quelquefois on rencontre de petites vacuoles ovoïdes avec \me tache d'hémoglobine au centre; on peut les confondre avec des hématozoaires; g, hématies crénelées avec plusieurs vacuoles (qui sont parfois des boursouflures non au point]; /, /, k, l, globules déformés avec lacunes centrales.

Les vacuoles (fig. 24, «, b, c, d, e, /; g, h, i,j, k, l) ont des bords nets très distincts et bien définis ; elles peuvent changer légèrement de forme, mais ne présentent pas de mouvements amiboïdes vrais, ne contiennent pas de pigment et naturellement ne se colorent pas. Les parasites intraglobulaires, au contraire, sont ternes et, en règle générale, mal définis; ils ont des bords effacés, mal précisés ; ils présentent des mouvements amiboïdes ; lorsqu'ils sont volumineux, ils contiennent des grains de pigment; et naturellement ils prennent les colorants appropriés. Il est à peine nécessaire de noter les points de difierencialion entre les leucocytes et les globules rouges concaves, plissés ou crénelés (fig. 24,

HéniciLozoaires dclruiLs et fragmentés. — Des parasites libres en voie de destruction, parfois fragmentés ((ig. 25)

sont souvent une source de confusion pour le débutant. On se méprend fréquemment sur leur nature ; on les nomme parfois, par erreur, «corps stériles », expression quia été souvent appliquée aux sphères dérivées des croissants (o-amétocytes). En fait, ce sont des parasites libérés mécaniquement, chaçsés des globules rouges par la compression a laquelle le sang a été soumis entre la lame et la lamelle. Plus lonotemps le sang reste sur la lame - surtout si l'on n'a pas pris la précaution d empêcher Tévaporation en lutant a la vaseline - plus la lamelle se rapproche de la lame, plus grande sera la compression exercée sur les globules rouges et les parasites, et, par suite, plus ces organismes déhcats

pig „5 Hématozoaires détruits et rais en liberté.

s'amincissent et s étendent, et plus facilement ils pourront être endommagés. Fréquemment ces parasites artifioel ement libérés Z rompent en petits fragments Le parasite entier, aussi bien que les fragments, devenan l'^res dans le sang, ne tardent pas à prendre une forme spher.qne ou d.scoïdè- en même temps le protoplasma c|u> les constitue Ibl'e devenir diffluent et le pigment se décompose en un emin nombre de particules paréiUes . des gratns de pou sière animées de mouvements browniens très act ts. Que ;: s uns de ces corps spbériques d'-o'^-^-. ^ rules de pigment en mouvement, sont en réalité des sphc.es d 1 ées ci: croissants. Ce sont des parasites qui on qu,t L ..lobules de façon normale, mais qui ont etc arrêtes dans l::,révolution par- suite dos conditions anormales dans les-

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