‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 68 sur 136 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

RECTITE GANGRENEUSE Él> I D É M I Q U E

D'après Télal; actuel tic nos connaissances, cette maladie à mortalité élevée semble confinée chez les indie-ènes des régions basses, humides et chaudes du nord de l'Amérique du Sud, et peut-être aussi chez les indigènes des Fidji et d'autres îles du Pacifique Sud. Dans la Guyane, elle est connue sous le nom de « Garibi » ou de « maladie des Ind iens )), dans le Aénézuéla sous celui de « Bicho » ou « El Becho ». Elle passe pour très contagieuse, et paraît être une affection phagédénique à extension rapide, dont le point de départ est dans le voisinage de l'anus. Parfois elle peut commencer plus haut, dans le côlon. Dans ce dernier cas, elle constitue la forme « élevée » ; dans le premier, la forme « basse » ou rectale. Les animaux, aussi bien que l'homme, contractent cette aflection.

J'emprunte au D'' Ackers (de Curaçao), qui a habité autrefois le Vénézuéla, les lignes suivantes à ce sujet : — « J'ai observé seulement la maladie chez des animaux, principalement des oiseaux de basse-cour, et aussi des chiens et des veaux; mais j'ai été informé, par des médecins qui avaient eux-mêmes soigné les malades, de sa présence chez les enfants des familles pauvres. La maladie débute par un prunt anal, qui produit une envie fréquente d'aller à la selle. Ce stade dure quelques jours, puis une violente Inflammation de la muqueuse rectale se produit et donne lieu à des symptômes de dysenterie aiguc. Il y a émission fréquente

RECTITE CANGRÉyEUSE EI'IDÉMIQLE

d'une substance mucoïde et sanguinolente, contenant pai-- ^ fois de la bile et des matières fécales; en môme temps, le •. ' ténesme est considérable, Félévation de température très ] ' prononcée, il existe une soif intense et de l'anorexie. A cette | période, si l'animal ou l'enfant n'est pas soigné, les symp- f tomes précédents deviennent plus alarmants ; il y a un écou- ' lement constant d'une matière visqueuse, fétide, semi- ' liquide, striée de sang. Quelquefois, cette matière présente une couleur vert brillant, semblable à celle que l'on obtient en écrasant du gazon frais. Le malade refuse alors toute nourriture, mais la soif est toujours intense. L'animal atteint reste debout à la môme place,la tôte penchée, comme s'il était accablé de fatigue et de fièvre. Il reste ainsi pendant un jour ou deux, jusqu'à ce qu'enfin, sans vouloir se déplacer, ^ manger, ni môme boire, il meurt subitement dans des con-^4 vulsFons. Quelquefois cependant, ce stade ne se termme pas par la mort, mais aboutit au prolapsus du rectum. Ce viscère, qui est dans un état d'inflammation et d'ulcération très avancé, se gangrène rapidement et la mort s'ensuit. Les paysans du Vénézuéla pensent que la maladie se produit chez les enfants lorsqu'ils mâchonnent des tiges tendres maïs vert, dont ils sont très friands à cause de leur gmit sucré. Chez les enfants, le prolapsus du rectum est très fréquent; dans les cas fatals, ils peuvent mourir dans des convulsions, comme les animaux; cependantles convulsions ne sont pas toujours mortelles pour les enfants. Le traitement employé par les indigènes pour les animaux consiste dans un lavement composé de jus de citron etd un mélange de rhum blanc et d'eau (aguardiente), deux ou trois fois p iour; en môme temps, Tanus est abondamment saupoud e de cendres de bois, dont on introduit une petite quan Ute dans le rectum. On administre aussi en général une hui e purgative. J'ai appris que ce traitement avait donne ck Uc| Ln^ résultats dans certains cas. D'autre part, lo squ^ # maladie est très avancée, ou lorsque l'ulceration de l nilcs

HECTITE GASGHE.\EU6li El'JÛEMJqUE Jgi

lin se produit de bonne heure, la médication précédente semble produire peu d'effet. Un autre traitement, employé spécialement pour les enfants, consiste dans un lavement préparé avecle jus obtenu en pressant les tiges et les feuilles de la Spigelia aiithelmiiiUca (pasote). Une décoction de la même plante est très fréquemment administrée par les paysans comme anthelmintique. Dans les cas de « bicho » chez les enfants, on fait rôtir un quartier de citron et on l'introduit dans le rectum comme suppositoire une ou deux fois par jour. J'ai entendu dire beaucoup de bien de cette méthode. »

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