CHAPITRE XXYII
Sous le nom de « Ponos », Karamitsas {Gaz. des Hôpit., 1880) et Stephanos (Gaz. Hebcl. de Méd., 1881) ont décrit une maladie particulière, endémique dans les îles de Spezzia et ■d'Hydra (Archipel). Le ponos, dans un certain sens, est analoefLie à la cirrhose biliaire infantile des villes de l'Inde. Comme cette dernière, il attaque seulement les très jeunes enfants. Il est endémique dans des districts particuliers, tend à se répandre dans des familles particulières, à présenter une évolution plus ou moins chronique, et est invariablement associé à la lésion d'un viscère abdominal : dans le cas du ponos, ce viscère est la rate. Il est ordinairement, mais non nécessairement mortel.
Symptômes. — Le début est assez brusque et se produit d'ordinaire durant la première année de l'enfant; les premiers symptômes qui attirent l'attention des parents sont l'état de faiblesse du malade et la pâleur des téguments qui prennent bientôt une teinte jaunâtre. Une fièvre irrég-ulière s'établit, la rate s'hypertrophie, la prostration est très marquée et l'urine exhale, paraît-il, une odeur particulièrement désagréable. L'amaigrissement augmente progressivement. Bien que la digestion se fasse moins bien et que la constipation soit presque de règle au début, l'appétit est conservé et peut même être excessif. La rate atteint peu à peu une grande dimension et devient sensible — d'où le nom de « ponos «(douleur) donné à la maladie. La fièvre a un carac-
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tère iri'égulier; elle tend à devenir intermitlenle, la lenipérature atteignant 39° à 40" durant les exacerbalions. Vers la fin de la maladie, la fièvre prend un caractère hectique. On voit quelquefois apparaître des complications telles que bronchite, pneumonie, diarrhée, dysenterie, péritonite ou méningite. Lorsque la maladie s'est établie depuis un certain temps, il peut se produire de l'œdème, de l'ascite et des hémorragies de divers organes, particulièrement des gencives. Dans certains cas, il se forme des furoncles et même des plaques de gangrène superficielle. L'évolution de la maladie est très variable; la durée est comprise entre un ou deux mois et une ou deux années.
Anatomie pathologique et pathogénie. — Tout ce que l'on sait à ce sujet, c'est que le ponos ne présente aucune des lésions caractéristiques de la tuberculose, de la leucémie ou de la malaria. Sa cause est inconnue. On a remarqué cependant qu'il tend à se produire chez les enfants nés de parents qui ont eux-mêmes souffert de cette affection dans . leur jeune âge. On prétend que si la maladie attaque l'enfant ' d'une mère tuberculeuse, la guérison se produira promptement si on lui donne une nourrice saine. On a émis l'opinion que le ponos est une forme de malaria, mais les symp- \ tomes constatés post mortem sontcomplètementendésaccord ^ avec cette supposition ; bien plus, la malaria serait inconnue | dans les îles où cette maladie spéciale est endémique. La l tendance aux hémorragies des gencives et aux ecchymoses cutanées peut indiquer un élément scorbutique. Le ponos atteint aussi bien les enfants des riches que ceux des pauvres, et aussi bien ceux qui vivent dans des habitations , hygiéniques que ceux qui habitent des maisons malpropres, j
Traitement. - On ne connaît aucune médication spéci^ j fîque. La quinine, le jus de fruits, le choix judicieux deij aliments et le changement hâtif de résidence sembleraient
indiqués. I
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