COLORATION DU SANG PALUDÉEN
plongées dans un flacon à large ouveiHure contenant l'agent fixateur, ou passées à la flamme (ce n'est pas une bonne méthode), ou placées quelques heures (i à 3) dans une étuve sèche cà io5° ou 120° C. Lorsqu'on emploie l'alcool, on le laisse agir dix à trente minutes au moins, et l'on sèche.
CoLonAXTS. — Bleu de méthylène borate. — Une goutte ou deux d'une solution aqueuse de bleu de méthylène (2 p. 100) boratée (5 p. 100) est versée sur la lame. Au bout de 3o secondes au plus, plongez complètement la lame dans l'eau, séchez-la au papier filtre et ensuite chauffez-la doucement sur la lampe à alcool. Finalement baume au xylol et lamelle.
Bleu de méthylène de Loe[Jler. — Solution alcoolique concentrée de bleu de méthylène 3o parties, solution de potasse caustique (i/ioogo) 100 parties. Colorez trente secondes, lavez à l'eau, séchez et montez.
Thionine phcniquée. — Solution alcoolique (60°) saturée de thionine 20 parties, solution aqueuse (2 p. 100) d'acide phénique 100 parties. Le mélange doit être préparé au moins quinze jours avant de s'en servir. Colorez cinq minutes, lavez et montez.
Méthode de Romnnoivsky . — Ce colorant est excellent quoique peu maniable. Dans les préparations réussies, le nucléole du parasite est coloré en rouge brillant. C'est aussi un bon procédé pour apercevoir le filament de chromatine des flagelles. La préparation sur lamelle est fixée parla chaleur à iio" pendant une heure. Elle est immédiatement plongée pendant plus de deux heures dans un mélange récemment préparé de solution aqueuse saturée de bleu de méthylène 2 parties, solution aqueuse d'éosine (i p. 100) 5 parties, lavée àl'eau, séchée et montée. Le précipité formé parle mélange ne doit pas être filtré.
Colorant de Jcnncr. — Cette méthode a l'avantage de dispenser de fixer d'avance, l'alcool contenu dans lé colorant agissant comme fixateur; lorsqu'elle réussit, elle donne d'excellents résultats. 11 faut avoir grand soin d'éviter toute trace d'alcali ou d'acide sur la lame où l'on a répandu le sang ; on aura donc lavé cette lame à l'eau distillée, puis on l'aura placée dans l'alcool absolu. Le colorant eçt préparé en dissolvant de l'eau de Griiblcr, de l'éosine soluble (teinte jaune) et du bleu de méthylène médicinal dans de l'alcool méthyliquc absolu qui doit être complètement exempt d'acétone et autres impuretés; les solutions sont alors mélangées dans la proportion de i25 parties' de solution d'éosine à 1/2 p. 100 et roo parties de solution de bleu de méthylène à 1/2 p. 100. Ou bien le composé formé par le bleu de m:''ihylène et l'éosine peut être conservé à l'état sec et dissous ensuite dans l'alcool méthylique absolu.
On répand quelques gouttes du coloi'ant sur la lame et on recouvre pour empêcher l'évaporation et la précipitation. Au bout de trois minutes ou un peu plus, le colorant est rapidement rejeté, et la lame est lavée à l'eau distillée pendant cinq ou dix secondes, jusqu'à ce qu'elle prenne une teinte rose. Elle est ensuite séchée à la flamme ou à l'air et montée au baume xylol. Les globules rouges sont colorées en terre-cuite, les noyaux de globules blancs en bleu, les granules des cellules polynu-
cléées et des myélocytes en rouge, les granules des basopliiles en violet foncé et les hématozoaires ou autres parasites en bleu.
En examinant avec un objectif à immersion des préparations colorées avec le bleu de méthylène ou la thionine seuls, les noyaux des globules blancs apparaissent très fortement colorés, le protoplasme de ces globules est très légèrement teinté, tandis que les parasites ont un degré de coloration intermédiaire et apparaissent assez nettement dans les globules rouges faiblement teintés (fig. 9, ai, 26, -27).
Avec l'éosine et le bleu de méthylène, le contraste est incertain, même entre des mains expérimentées. Pour les examens ordinaires je ne recommande pas ce procédé ; il est inutile et expose à des déboires. Les préparations au bleu de méthylène sont exposées à pâlir. Hémaioxyline et cosine. — Hématoxyline acide d'Ehrlich, ou solution forte d'hématéine, cinq minutes ; éosine faible une demi-minute ; lavez au robinet et ensuite dans l'eau distillée ; séchez et montez au baume xylol. C'est une excellente méthode pour obtenir des préparations moins fortement colorées mais plus pei-manentes .
Coloration des corps à flagelles. — On prépare une feuille de papier buvard épais, où l'on découpe des rangées de trous oblongs (2 centimètres et demi sur 1 centimètre et demi) ; on les humecte légèrement, mais suffisamment, avec de l'eau et on les applique contre un verre à vitres .
On choisit un malade dans le sang duquel abondent les formes en
Fig. 26.
tierce
— Jeune parasite de la lièvre coloré au bleu de méthy-
lène, (x I 00c.)
COLORATIOy DU SA^'G PALUDÉEN 5?
ci-oissimt. On pique le doigt, et on exprime une gouttelette de la grosseur d'une tête d'épingle. On prend une lame propre, on l'humecte avec l'haleine et on recueille la gouttelette de sang sur le centre de la surface ainsi humectée. Le sang est alors rapidement répandu à l'aide de l'aio-uillo de manière à recouvrir une surface de 2 centimètres sur I centimètre. On renverse immédiatement la lame sur l'un des trous du papier buvard et l'on presse suffisamment pour faire bien adhérer, sans toutefois mettre le sang en contact soit avec les bords du papier buvard, soit avec la plaque de verre qui forme le fond de la petite chambre humide. Les autres cellules du papier sont rapidement couvertes d'autres lames préparées de la même façon. Après un à trois quarts d'heure les lames sont retirées, séchées à la flamme (la surface chargée au-dessus') et fixées à l alcool absolu. Au bout de 10 minutes, l'alcool est séché, et quelques gouttes d'acide acétique faible (10 à -10 p. 100) Hosaces do la fièvre tierce; sont versées sur la lame et lais- coloration au bleu de méthylène, sées assez longtemps pour dis- (xiooo.) soudre complètement l'hémoglobine. Les lames sont ensuite lavées à l'eau et séchées. Elles peuvent alors être colorées par des réactifs . variés. Jusqu'ici j'ai obtenu les meilleurs résultats avec de la fuschine phéniquée faible [■xo p. 100) laissée en contact prolongé. On verse le colorant et on recouvre d'un verre de montre ; après six à huit heures on le chasse avec de l'eau chaude, on sèche la lame et on applique un» lamelle avec du baume au xylol.
La coloration, quoique suffisamment intense, est transparente. Si la préparation est colorée d'après la méthode de Romanowsky, les éléments rmcléés des flagelles sont mis en évidence.
La plupart des laines montreront de nombreuses sphères et phisiciirs corps à flagelles bien colorés (do-. 7 et 8). Bien peu décroissants ne siil)issent aiumne li-ansformation. Si on
enlève les lames et qu'on les sèche pendant cinq à dix minutes après les avoir placées sur les cellules de papier buvard, on trouvera seulement des croissants, des sphères et des corps ovales; en les laissant de trois quarts d'heure à une heure, on trouvera des flagelles libres et ce que Ross nomme du « pigment épuisé », ce dernier parfois inclus dans des phagocytes. Parfois on rencontrera des corps à flagelles partiellement inclus dans des phagocytes.