HISTORIQUE
raître, en tant que maladie autochtone, qu'à la fin du siècle dernier. Elle s'éteignit d'abord en Angleterre, puis en Ecosse; le dernier lépreux anglais est mort en 1798 dans le Shetland. En Ilalie, en France, en Espagne, en Allemagne et en Russie les mesures répressives furent presque également couronnées de succès, quoique dans ces pays, et aussi en Grèce et dans l'Archipel, là lèpre d'origine indigène soit encore observée de temps à autre. La seule région du Nord de l'Europe où de nos jours on puisse dire que la lèpre se soit attardée jusqu'à un certain point, est la Norwège où on la rencontre encore par endroits en assez grande fréquence (en 1890 il y avait i 100 lépreux connus) ; mais, même là, sous l'inlluence d'un isolement relatif (pratiqué peut-être d'une manière plus humaine actuellement qu'il ne l'était par nos ancêtres, mais identique en principe), la maladie décline rapidement.
Sauf pour ce qui regarde l'Egypte, nous ne connaissons rien de l'histoire ancienne de la lèpre en Afrique. Nous sommes dans la même ignorance sur ses débuts en Amérique. Les historiens de la conquête espagnole n'ont pas décrit la lèpre comme une maladie autochtone ; on peut conclure de ce fait, nous semble-t-il, que l'introduction de la lèpre dans le Nouveau-Monde a été probablement faite par les nègres à l'époque du commerce des esclaves.
Origine des connaissances modernes sur la lèpre. — Les repères les plus importants que l'on ait eus de nos jours dans l'étude de la lèpre ont été d'abord la publication, en 1 848, de l'ouvrage de Danielssen et Bœck intitulé Traité de la Spedalskhed ('), où, pour la première fois, les symptômes cliniques de la maladie ont été décrits avec soin et d'une manière exacte ; en second lieu, les descriptions des lésions macroscopiques et microscopiques (léprome, lésions nerveuses et cellule lépreuse) par Virchow, Vandyke Carter et
(') Nom norwégien de la lèpre.
Patrick Manson. — Maladies des pays chauds.
beaucoup d'autres écrivains ; et enlitila découverte, en i8,4, par Annauer llansen de l'agent spécifique delà lèpre, le DaciUus Icprœ, découverte qui mit la lèpre sur le même rang nue la tuberculose et qui a apporté une précision bien nécessaire dans nos idées sur les questions importantes d'hered.te et de contagion, et sur d'autres points pratiques concernant la lèpre en tant que source de danger public, amsi que sur son traitement et sa prophylaxie.
Distribution géographique. - Quelle qu'ait été jadis sa .listribution, aujourd'liui, ix part des exceptions sans unporlance, on peut dire que la lèpre est une maladie des régions tropicales et pré-tropicales. Elle est répandue d une manière si générale dans tous ces pays, qu'il serait plus coniinode d'énumérer les régions tropicales où l'eristence de la. lèpre n'a pas été constatée, que d'énumérer celles dans les- ^ quelles on est certain qu'elle existe. Bien plus, il est pro-, bable que. dans beaucoup des régions où 1 on ne sait pas encore d'une manière positive si la lèpre existe, cette ma adle existe en réalité; car l'expérience montre que 1 aire endémique de la lèpre s'accroit à mesure q»-»'sance des indigènes des régions non civilisées du globe TviLt plus ét:ndue. On peut donc conclure avec ce u ude ,,u'à l'exception de quelques lies insignifiantes, a epie st ù„ élément, et souvent un élément important, de la patholoo-ie de presque tous les pays chauds.
la seul région t-picale de quelque étendue sur aquel e nous ayons des statistiques de lèpre assez exactes est 1 Inde " enr ces chiffres sont-ils faussés par des erreurs d d iagn Stic et par les cas ignorés. D'après le recensem detsqi, en faisant la part de l'erreur, on estmre que dans • nde anglaise, il y a .oâooo lépreux sur une POP"'^ -^^^^^ .,0 miUrons d'habitants; ce qui fait Pro po. -„ ^
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