DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
n'avons aucune statistique ; mais, si Ton juge d'après ce (|ue Ton peut voir dans les villes de la côte et dans les ports à Irailé, le nombre des lépreux est encore plus élevé qu'aux Indes. La maladie est assez commune au Japon, aux îles [Philippines, en Cochinchine , dans la Péninsule malaise, dans les îles de la Sonde, dans plusieurs îles du Pacifique Sud, en Perse, en Arabie et en Afrique, On peut en dire autant pour les Indes Occidentales et les régions tropicales de l'Amérjque.
En ce qui concerne les pays plus tempérés, nous savons qu'il y a un nombre considérable de lépreux au Cap, quelques-uns en Australie (principalement des Chinois, mais aussi quelques Européens), quelques-uns à San Francisco des Chinois). Au Canada et aux Etats-Unis il y a aussi quelques lépreux de sang européen, mais leur nombre est tout à fait insignifiant. En Nouvelle-Zélande, oi^i la lèpre était jadis commune parmi les Maoris, elle a disparu de nos jours. Il y a bon nombre de lépreux en Islande. On dit aussi que la lèpre existe parmi les indigènes de la presqu'île Aléoulienne et du Kamtchatka. En Angleterre et dans les autres pays d'Europe, surtout dans les grandes villes, on présente souvent des lépreux aux sociétés médicales; mais, à part de rares exceptions, ces cas ne sont pas d'origine autochtone, la plupart d'entre eux ayant été contractés à l'étranger.
Bien que la lèpre possède ainsi un immense domaine, elle n'existe pas avec la même intensité dans toutes les régions que nous venons d'énumérer. Ainsi, en Chine, elle est comparativement rare dans les provinces du Nord, extrêmement commune dans celles du Sud. Aux Indes, on peut noter une distribution aussi capricieuse ; dans le Burdwan, par exemple, la proportion des lépreux est de 19,5 pour loooo habitants, tandis que dans plusieurs autres districts la proportion n'est que de i,5 et au-dessous. Cette distribution capricieuse ne paraît pas dépendre du climat, de la constitution géologique ou de conditions physiques analogues :
on observe la lèpre dans les pays montagneux, en plaine, sur les côtes, clans l'intérieur des terres, sous tous les climats et dans toutes les variétés de terrains. 11 semblerait que certaines conditions sociales aient une grande influence sur sa distribution ; on dirait qu'elle existe de préférence là où les populations ont des habitudes malpropres et antihyciéniques, et parmi les familles misérables. Ce n'est pas, cependant, que la lèpre soit le produit de ces facteurs, mai?>;
elle leur est associée.
Introduction récente. - Une circonstance intéressante et l| très importante au point de vue étiologique, concernant la i| distribution géographique de la lèpre, est son appanUona ^ une date récente et son extension rapide dans certaines des dont les habitants (on a de bonnes raisons pour le croire) } avaient été jusque-là exempts de cette maladie. Cette intro- duction moderne de la lèpre dans un sol vierge, pour ainsi . dire, a été observée au moins en deux endroits : aux des ^ Sandwich et en Nouvelle-Calédonie. , ^ . , , .
sandwich. - Dans le cas des îles Sandwich on observé des cas de lèpre pour la première fois parmi 1 s tugines en iSSg. Après des recherches laborieuses, le , D'midebrand n'a'pas réussi à trouver des traces de lèpre - .vant l'année i848. A peine avait-on reconnu sa piesence ;r a maladie s'étendit rapidement et ht de tels progrès , qu'en 1865 il y avait .3o lépreux connus sur une popid t.n, d 6n ooo habilants. En .891 la population indigène, par su^, de diverses causes, était tombée à 44 ^^3. et on comptait^
iSooo lépreux (environ I p. 3o). :
iDouui^ V Nouvelle-Calédonie Urali,
Noui'elle-Ccdédonie. - En iNouveiie u
Arck. de Méd. Na.ale. oct., nov., dec.
inconnue jusqu'en x865. On suppose qu elle a ete intio ZL époqJ par un certain Chinois bien ^nnu. o ^ ^ sion rapide dans Tile a pu être suivie e ape pai En 1888, les lépreux étaient au -mbi^ de 4^o
Ile des Pins. - De môme, dans 1 de des 1 ins, F
été inlrodiiilc en 1878 et s'est pi'opag-ée depuis. Dans les îles Loyalty le premier cas a été observé en 1882 ; dans l'île do Mare seule il y avait 70 lépreux en 1888.
Symptômes. — Bien que, comme nous l'expliquerons plus loin, le BaclLlus leprœ soit la cause de toute lèpre, les manifestations cliniques de sa présence sont loin d'être identiques dans chaque cas ; certainement elles sont presque aussi variées que celles de la syphilis ou de la tuberculose. Nos conceptions primitives de la maladie, dérivées pour la plus grande partie de la Bible ou de la littérature poétique, où la lèpre est symbolique de tout ce qui est repoussant et sans espoir de guérison, sont une source d'erreurs. En fait, dans ses premières périodes, la lèpre est loin d'être toujours, ou même généralement, une maladie à début frappant. Souvent, pendant des années, le seul signe visible de son existence consiste en deux ou trois petites pustules, ou peutèti^e en une ou deux taches pâles ou pigmentées sur la peau du tronc ou des membres (ces taches, souvent cachées par les vêtements, sont parfois ignorées du malade lui-même), et dont la^ véritable signification et la vraie nature ne peuvent être appréciées que par un observateur exercé. Ce n'estgénéralement que beaucoup plus tard qu'apparaissent les lésions étendues et défigurantes sur lesquelles est fondée la «•onception populaire. En règle générale, la lèpre est une maladie à développement lent. Parfois, il est vrai, elle se déclare subitement et franchement dès le début et progresse rapidement; mais, dans la grande majorité des cas, les lésions début sont insignifiantes. Elles peuvent être mal interprétées ou inaperçues, et des années peuvent s'écouler avant qu'une mutilation ou une difformité sérieuse ne se produise, f^e médecin devra se rappeler ce point important de pratique dans l'étude et le diagnostic de toutes les lésions doul«uscs de la peau, chez des personnes qui résident ou qui "nt résidé dans des pays où la lèpre est endémique.
Pour facUiler la clescriplion, Il semble préférable de diviser révolulion de la lèpre en périodes, en se rappelant toutefois que cette division est en grande partie artificielle. En réalité, ces périodes n'existent pas dans tous les cas et ne sont pas toujours nettement séparées ; la plupart du temps elles empiètent les unes sur les autres ; dans nombre de cas on ne peut les différencier.