LEPRE NERVEUSE
peuvent aller et venir, ou rester permanentes, ou encore s'étendre et se multiplier pendant plusieurs années, avant
Fig. 45. — Lèpre nerveuse (Leloir).
que les signes plus caractéristiques et plus graves de lèpre nerveuse ne se soient montrés.
Un symptôme fréquent et très caractéristique de ce type t*e maladie, qui se montre très souvent à cette époque, est
Patrick Manson. Maladies des pays chauds. 3i '
LÈI'IIE
Tapparition soudaine de bulles [pemphigns leprosus) — une ou plusieurs ou toute une série — sur les mains, les pieds, les genoux, la faee postérieure des cuisses ou ailleurs. Ces bulles varient de la grosseur d'un pois à celle d'un œul". Au bout de quelques jours elles éclatent, mettant à découvert une surface rougeâtre qui se recouvre de croûtes, s'exfolie et^ ^ finalement se transforme en une tache pâle, parfois anes-.' . thésique, à bords nettement définis et pigmentés. Quelquefois, mais plus rarement, le siège delà bulle s'ulcère. Si des bulles semblables se lorment au voisinage de la première, les ulcérations qui en résultent peuvent se réunir en une plaie étendue, plutôt superficielle et d'aspect serpigineux.
Il vient un moment où l'altération du système nerveux se montre plus profonde, lorsqu'il se produit de violentes douleurs névralgiques, des formications, de l'hyperesthésie ou de l'anesthésie. Les ganglions lymphatiques s'engorgent et souvent on constate une fièvre intense et un état de faiblesse générale. Jusque-là les symptômes prédominants ont été les lésions de la peau. Ces lésions peuvent persister ou môme s'accroître ; d'autre part, elles peuvent disparaître en partie ou complètement. Mais que les lésions de la peau augmen-. tent ou rétrogradent, il devient maintenant évident que le système nerveux est profondément atteint : les douleurs névralgiques s'accroissent encore, ainsi que l'hyperesthésie, ■ l'anesthésie et les diverses paresthésies. Ces symptômes deviennent les éléments dominants de la maladie, conçuremment aux troubles trophiques de la peau, des muscles et des os, résultats de la destruction des nerfs. ^, ^
Si à cette période, on examine le nerf cubital à 1 endroit où il passe sous le condyle interne de l'humérus, on trou^ vera qu'il est le siège d'un renflement fusiforme, parfois aussi épais que le petit doigt. D'autres nerfs, tels que le nerf tibial antérieur, le péronier, plus rarement -^^^ radial, les plexus cervical et brachial, surtout dans le ea droits où, reposant sur un os, il sont situes immediatemenl
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sons la peau, peuvent être le siège d'un pareil gonflement. Parfois môme, déplus petits nerfs, lors([u'ils deviennent suj)errioiels, peuvent être perçus sous forme de cordelettes dures. Au début, ces nerfs épaissis sont sensibles à la pression, et les régions qu'ils innervent peuvent être le siège d'hyperesthésie et de névralgie aiguë. Graduellement, toutefois, l'épaississement prononcé des troncs nerveux diminue quelque peu, l'hyperesthésie et la névralgie disparaissent, tandis que Tanesthésie, la parésie, l'atrophie musculaire et les autres troubles trophiques les remplacent. Pendant un certain temps, cet état peut subir des fluctuations ; la névrite semble aller et venir en produisant des changements correspondants dans la région innervée par le nerf malade. Tôt ou tard, cependant, une transformation fibreuse se produit dans les nerfs atteints de dépôt lépreux, et les tubes nerveux finissent par s'atrophier et disparaître. Le tissu nerveux est alors irréparablement endommagé et les lésions trophiques progressent constamment. Dans d'autres cas, l'anesthésie se produit sans douleurs névralgiques, sans hyperesthésie, sans troubles constitutionnels, sans décoloration de la peau; le malade ne s'en aperçoit que par hasard.
Dans la lèpre nerveuse, l'anesthésie commence le plus souvent par les pieds et gagne successivement les cuisses les mams, les bras, les avant-bras et la face. Plus tard et' plus rarement elle peut atteindre le tronc. L'anesthésie, bien qu elle soit en relation avec des lésions bien marquées des gros troncs nerveux, ne coïncide pas toujours, ni môme, généralement, d une manière très exacte avec la distribulon anatomique de leurs terminaisons cutanées : ce qui endrait à prouver que l'anesthésie n'est pas toujours et uniq-ment le résultat d'une lésion des troncs nerveux a. c,u elle peut ôtre l'effet d'une destruction, par le II nion et elles-mêmes. Cette opi-
e d nrh i"'^' la découverte de Gerlach, à savoir l^e, dans la lèpre anesthésique, les bacilles apparaissent
d'abord dans la peau autour des terminaisons nerveuses, et | que c'est seulement dans la suite qu'ils gagnent les troncs
nerveux. , , .
Un autre fail, parfois très frappant, dans la lèpre nerveuse, est la symétrie que l'on observe dans la distribution de quelques-unes des aires anesthésiques. Cette symétrie n ex.ste d'ailleurs pas d'une façon invariable ; mais, dans un asse. „rand nombre de cas, elle est remarquable, souvent parla.te. " Au début, l'anesthésie dans les aires affectées peu ne pas être absolue ; elle peut aussi aller et venir ; elle peut encore è re très superBcielle, une pression profonde étant perçue pendant longtemps. Mais, lorsque l'auesthés.e ses pou Lnsi dire établie 'en un endroit, elle semble graduellement s'Itendre en profondeur dans les tissus, de telle sorte qu au boTd'un certain temps elle est absolue, et que es parties , intéressées peuvent être pincées, incisées et même caute- , risées au feù, sans que le lépreux ressente quelque douleur, ,
V" '^tlX correspondante et une perte de , t::. Il n'y a pas d'atax.e ni ^i^^Z:^:^::^:^
Tl'l—t a\nain sf^-'ins robuste, les s'amaigrit, 1 etremte (h^nar et les interos-
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seux „aduellement (fig. 46). Des change.
eles de la ^-<> -Xt7:^2^^^l-^'-'^ fait analogue a celle de 1 atropnie seulement, dans cette dernière maladie, il n j a pas thésie correspondante.