LEPRE MIXTE
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^"'0, quo,q„e plus rarement, une infiltration nodulaire de
la peau peut se produire au cours d'un cas <|ui paraissait d'abord être de la lèpre nerveuse pure. Dans d'autres cas encore les lésions nerveuses et nodulaires peuvent co,ncider dès le début de la maladie. Ces diverses évolutions aboutissent toutes à produire ce que l'on appelle une lèpre mixte. Les lésions ne diffèrent en aucune façon de celles déjà décrites, et, par conséquent, cette forme de la maladie ne mérite pas une description plus détaillée.
Anatomie pathologique. - Bacillas leprœ. - Les lésinons de la lèpre sont le résultat direct ou indirect de la proh eration du Bacillas leprœ dans les tissus. Ce parasite (l.g. 4?; ressemble complètement comme dimensions, comme forme et comme caractères de coloration, au bacille de la tuberculose. 11 mesure en longueur la moitié ou les deux tiers, en ^ largeur le seizième environ du diamètre d'un globule rouge. Les extrémités du b*tonnet - qui est toujours droit - s amincissent un peu dans de nombreux spécimens ; et, dans beaucoup de cas (probablement chez 1-, "f^^ peut observer un arrangemement moniliforme du p oto plasma, comme produit par une sporulation ou, selon Han ' en par une dé intégration. Quelques auteurs accordent a ce b cille une capsui: gélatineuse. U présente avec le Baal- Z tabercalosis et le BaoUlas s.aegm. le caractère comin, de se colorer par la fuchsine phéniquee après avou cte n^i e par les acides minéraux. U se distingue <lu bacille ul lulux par les caractères suivants : sa coloration plu : d tfroid par une solution faible de fuchsine phonique e? a facilité us grande à se décolorer par les acides d. Uiés ; l'impossibilité que l'on a eue jusqu a - 3° ^'^^ , , cultiver sur les milieux ordinaires ou sur lieux, soit de l'inoculer à l'homme — .'J', I-
danceàse présenter en amas épais et en V^^^ f-^^'^ bre ; et enfin sa situation : il se rouve P»- ^ dans l'intérieur des cellules, ou, d après Unna,
ANATOMŒ PATHOLOGIQUE ' 4»9
espaces lymphatiques, sous l'orme de masses zoogléiques.
On peut se procurer facilement des spécimens du bacille eu incisant une portion de léprome — procédé qui, étant donné l'absence de sensibilité dans la plupart des tubercules, est o-énéralement accepté par les lépreux. On peut encore obtenir des bacilles en enfermant un léprome succulent dans une pince à forcipressure, en serrant lentement les mors de Finstrument de manière à chasser le sang, en piquant le léprome qui est devenu pâle et en recueillant sur une lamelle la gouttelette de « jus de lèpre » qui exsude après la ponction. On peut étendre cette gouttelette sur la lamelle, la fixer, la colorer et faire agir les décolorants comme pour la recherche du bacille tuberculeux ; on peut encore l'examiner à l'état frais. Les meilleures préparations s'obtiennent en faisant, avec un fin scalpel, une petite incision dans le léprome comprimé, en raclant les tissus sous la peau et en les frottant sur la lamelle pour les mélanger au liquide recueilli. On doit écarter avec soin la possibilité de contamination par le bacille tuberculeux dont les lépreux sont souvent infectés.
Si l'on examine la préparation à l'état frais ou si l'on broie un morceau de léprome dans de l'eau, on peut voir les bacilles, à la fois à l'intérieur et en dehors des cellules, animés de mouvements actifs. Ces mouvements sont-ils purement moléculaires ou sont-ils la conséquence de l'activité propre du bacille ? c'est ce qu'il est difficile de dire ; il est probable
Fig. 47- — Bacillus lepivc x looo (MuiK et Ritchie).
/îgo LÈPRE
que la première opinion est la meilleure; car, tandis (pK; l'acide osmique n'arrôte pas ces mouvements, ils sont im- Jiiédiatement supprimés par l'addition de liquides visqueux, tels que la glycérine ou l'eau albuminée.
On trouve ce bacille dans tous les dépôts lépreux primitifs ; dans la peau, au niveau des lépromes, où on le rencontre en nombre prodigieux ; dans la mince infiltration des éruptions maculeuses, où il est plus clairsemé; dans le stade de début de la névrite lépreuse, où il se présente également en petit nombre ; dans les lésions spécifiques du foie, de la rate, des testicules et des ganglions lymphatiques. Dans les vaisseaux sanguins, on l'a trouvé inclus dans l'endothélium et parfois libre dans le sang ou contenu dans les leucocytes. 11 est abondant dans le pus qui s'écoule des lépromes ulcérés. 11 a été très rarement rencontré dans la moelle épinière et dans les poumons. Il est peu probable qu'il existe dans le cerveau, dans le tube intestinal ou dans les reins, bien que ces derniers aient une tendance à s'enflammer dans la lèpre. On ne le rencontre pas dans les muscles, les os ou les cartilages ; et il n'est pas nécessairement présent dans les lésions trophiques secondaires des nerfs lépreux ou dans les suppurations secondaires.
Le iéprome. — Le léprome jeune présente à la section une coupe blanche, unie et brillante. Lorsqu'il est plus ancien, la surface de section a une teinte brune, et le tissu morbide peut devenir soit plus dur, à la suite de transformations fibreuses, soit plus mou, par suite de dégénérescence. La lésion spécifique de la lèpre diffère de celle de la tuberculose en ce qu'elle est bien pourvue de vaisseaux sanguins, ne contient pas de cellules géantes (Hansen) et ne se caséifie pas. Si, après durcissement, on fait des coupes et qu'on les colore, l'examen au microscope montre le léprome formé principalement de petites cellules rondes ayant à peu près les dimensions d'un leucocyte, de cellules épi- Ihélioïdes et de cellules fusilormes — ces deux dernières
A.\ATOMIE PA'lUOLUGiqit: -îyi
sortes de cellules augmentant de nombre à mesure (juc le léprome devient plus ancien. On peut voir que ces cellules se sont infiltrées dans les diverses couches du dorme (saul' dans les plus superficielles) en les dissociant partiellement. On peut observer en outre que la plupart des cellules sont disposées en groupes entourant généralement les vaisseaux ; et qu'un très grand nombre de ces cellules contiennent des bacilles, certaines d'entre elles en renfermant seulement quelques-uns, tandis que d'autres en sont littéralement farcies. On trouve également des bacilles isolés disséminés dans la préparation et paraissant libres dans les espaces lymphatiques. Les bacilles n'ont jamais été observés dans l'intérieur des noyaux des cellules malades.
En plus des cellules contenant des bacilles, on peut observer, en nombre d'autant plus grand que la lésion est plus avancée, des corps granuleux bruns, plus ou moins volumineux, et que l'on a appelés « globi ». Hansen pense que ce sont des cellules dans lesquelles les bacilles ont péri et sont devenus granuleux. C'est à ces globi qu'est due la couleur brunâtre des anciens lépromes.
On a énormément discuté au sujet de la position exacte des bacilles vis-à-vis des cellules lépreuses ; à savoir, s'ils sont renfermés dans les cellules, ou libres à l'extérieur. D'une part, Unna prétend que les bacilles sont libres dans les espaces lymphatiques et qu'ils ne sont jamais dans les cellules, l'apparence d'inclusion cellulaire étant produite par l'arrangement en zooglée si fréquent chez les bactéries. D'un autre côté, Leloir affirme que quelques-uns des bacilles sont libres, tandis que les autres sont inclus dans les cellules. Un troisième groupe d'observateurs estime, avec Hansen, que les bacilles sont presque invariablement inclus dans les cellules, dont on peut apercevoir facilement les, noyaux entourés de ces parasites.
Autres lésions. — L'histologie des macules infiltrées est pratiquement la môme (pic celle du léprome, le nombre dos