‹ Maladies des pays chauds; manuel de pathologie exotique. Tr. de l'anglais [electronic resource]Chapitre 88 sur 136 · LIJ'HE · texte numérisé non relu

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bacilles, des cellules lépreuses et des globi étant relativement plus réduit. Dans les macules anciennes, comme dans les lépromestrès anciens, les bacilles peuvent être diCHciles à trouver ou même complètement absents. Dans les macules anesthésiques, les fibres nerveuses terminales sont dégéné-

rées.

Gomme Tépaississement fusiforme des gros troncs nerveux dans la lèpre nerveuse est dû à une inflammation secondaire, les bacilles ne s'y trouvent pas toujours; tandis que, tout à fait au début de la maladie nerveuse, les bacilles, d'après Leloir, s'observent cà la fois dans l'intérieur des cellules et entre les tubes nerveux, et peuvent même se rencontrer jusque dans ces tubes. Au bout d'un certain temps, les nerfs deviennent de simples cordes fibreuses privées de

tubes nerveux.

L'anatomie et l'histologie des diverses lésions trophiques sont les mêmes que celles des autres types de névrite destructive et n'ont rien de particulier à la lèpre ; par conséquent, elles n'ont pas à être étudiées ici.

Dans la lèpre tuberculeuse, le foie et la rate sont très souvent le siège d'une infiltration particulière qui, dans les cas très prononcés, peut être visible à l'œil nu. En examinant le foie, on aperçoit de petits points et de fines rayures, d'un blanc jaunâtre dans les acini. Ces points et ces rayures sont constitués par des tissus de nouvelle formation, dans lesquels les bacilles abondent. D'après Leloir, on ne trouve jamais de bacilles dans les cellules hépatiques elles-mêmes.

Dans tous les cas de lèpre nodulaire, les testicules s'atrophient et subissent des transformations fibreuses; les bacilles et les globi s'observent à la fois à l'intérieur et autour des tubes séminifères, libres ou inclus dans les cellules. , ,

Dans toutes les formes de lèpre, les ganglions lymphatiques appartenant aux régions où se trouvent des dépôts lépreux sont le siège de lésions caractéristiques. Ils sont

engorgés et diu'cis, et, à la section, Je tissu glandulaire présente une teinte jaunûtre, par suite d'une infiltration où se trouvent en grand nombre des globi et des Lacillcs.

Des dégénérescences albuminoïdes s'observent, dans un grand nombre de cas de lèpre nodulaire, dans le tube digestif, le foie et la rate.

Diagnostic. — La pierre de touche de tous les cas douteux est la présence ou l'absence d'anesthésie dans quelque lésion ou dans quelque région cutanée. L'anesthésie manque rarement dans la lèpre-; en général, au niveau des lésions, elle est complète ou à peu près. On doit la rechercher particulièrement vers le centre des macules, dans les taches pâles qui succèdent aux macules primitives, aux mains et aux pieds et dans les nodules de quelque importance. Aucune autre maladie cutanée ne présente, comme symptôme, une anesthésie marquée. Le vitiligo ou leucodermie (qu'on appelle quelquefois lèpre blanche et que le vulgaire regarde le plus souvent comme de la lèpre vraie) présente un certain air de ressemblance avec les taches pâles qui succèdent aux macules et dont nous avons parlé. Pour ne pas parler d'autres caractères différentiels, l'absence d'anesthésie dans la leucodermie établit d'emblée le diagnostic.

Parfois, dans les cas douteux, on peut en outre utiliser le lait que les régions lépreuses sont d'ordinaire privées de sécrétion sudorale. Une injection hypodermique de pilocarpine peut mettre ce signe en évidence.

Les troubles sensoriels et trophiques de la syringoniyélie peuvent être confondus avec la lèpre nerveuse ; mais l'évolution de la maladie, les commémoratifs ou la présence d'une éruption maculeuse, de troncs nerveux épaissis et de ganglions lymphatiques engorgés dans les cas de lèpre, l'absence de ces symptômes dans la syringomyélie sont plus que suffisants pour permettre d'établir un diagnostic.

Il est à peine nécessaire de rappeler les caractères diflV ventiels entre la lèpre, d'une part, et la syphilis, l'érythème polymorphe, l'érythème noueux, le lupus vulgaire, le lupus érythémateux, le psoriasis, l'eczéma, le lichen plan, les chéloïdes, les dartres, l'érythrasma, le pityriasis versicolor, ) l'éléphantiasis des Arabes, etc., d'autre part. Les erreurs î ne peuvent être le l'ait que de l'inattention ou de l'igno- ■ rance complète de la nature, de l'évolution et des symptômes de ces maladies.

Lorsqu'on a à établir l'identité d'éruptions de la peau, de parésies localisées, d'atrophies musculaires et d'anesthésies, chez des malades qui habitent ou ont habité récemment des régions où la lèpre est endémique, il faut toujours se rappeler que la lèpre peut être en jeu. S'il y a doute, on | recherchera si possible le bacille au niveau des éruptions | ou dans les nerfs épaissis. Si le résultat de ces recherches | est positif, le diagnostic est établi d'une manière certaine.

Pronostic. — Une guérison complète est chose si rare dans la lèpre qu'on peut parfois l'espérer, mais qu'il ne ^ faut jamais y compter. La guérison de la maladie active elle-même - c'est-à-dire la cessation et la résorption des infiltrations lépreuses et la destruction des bacilles - est peut-être la règle dans la lèpre nerveuse. Mais les effets du K processus lépreux sont généralement permanents, les lésions trophiques qui résultent de la destruction des nerfs étant irréparables. Dans de pareils cas, les malades peuvent cependant continuer à vivre pendant de longues années (trente ou quarante) et mourir de quelque autre maladie;, mais ce sont pour le moins des spécimens mutilés de 1 hu- ,

manité. . ,

La lèpre nodulaire est d'ordinaire une maladie a e^o ution plus rapide que la lèpre nerveuse, et qui ruine es forces et la santé générale d'une manière beaucoup pin. complète. Il est rare qu'elle parcoure toute son évolution,

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la luorl surveiuuil à la siiile tlo quelque maladie ialercurrente, par exemple el spécialement la phtisie, la néphrite, la dégénérescence albuminoïde du tube digestif, la dysenterie, la sténose du larynx et la pneumonie. Elle peut devenir mortelle sous forme d'une espèce de lèpre galopante dans l'espace d'une année après qu'elle s'est déclarée.

Etiologie. — Age. — On s'est souvent demandé si la lèpre n'a jamais été observée chez le fœtus. Une ou deux fois on a publié des cas de lèpre chez des nouveau-nés. On a aussi constaté son apparition chez des enfants d'un ou deux ans; mais ce sont Là des cas tout à fait exceptionnels. La lèpre est extrêmement rare avant l'âge de cinq ou six ans. Dans la grande majorité des cas, elle commence entre la dixième et la trentième année. Il est rare qu'elle débute après quarante ans, bien qu'on l'ait vue commencer jusqu'cà soixante ans et même au delà.

Sexe; occupaiioiis ; condilious sociales et hygiéniques. — Si l'on met à part les conditions sociales qui aident à la contagion de la lèpre, on peut dire que la question de sexe n'mtervient guère dans la prédisposition à cette affection Il en est de même des professions et des conditions hyo-iémques et sociales en général. Très probablement, une nfauvaise hygiène et une mauvaise nourriture sont des facteurs qui, dans cette maladie comme dans la plupart des maladies infectieuses, ont une influence prédisposante; mais il est certam qu'elles ne peuvent pas plus créer un bacille de la epre etla lèpre elle-même qu'elles ne créent un acarus et gale. Ceci est abondamment démontré par l'absence de epre a une époque antérieure, dans des pays où cependant ind.genes se montrèrent très sensibles à la maladie, lorsque, sans que nen ne fût changé dans la nourriture oJ d mo ? "'''''T^''^^^' iTOéniques, elle s'étendit rapidement une (ois introduite du dehors : dans les îles Sandwich et en Nouvelle-Calédonie, par exemple! ll^i^

autre preuve est la disparition de la lèpre sous l'inlluence de risolement des lépreux, sans aucun changement dans la , nourriture et les autres conditions hygiéniques, par exemple en Ecosse et en Irlande et dans presque toule

l'Europe. 'l Climai — Le climat ne peut être, en aucune manière, î considéré comme un facteur de la lèpre, car cette maladie existe dans tous les climats et sous toutes les latvtudes. Mais il semble avoir quelque influence en déterminant, jusqu'à un certain point, le type que présente la maladie. U semblerait que la forme tuberculeuse soit plus fréquente dans les climats froids et humides, la forme nerveuse dans les climats

chauds et secs.

Le bacille de la lèpre. - Hansen a fait cette remarque : « Il n'y a presque rien sur terre ou entre ciel et terre qui n'ait été regardé comme cause de lèpre. )> Quelque exacte crue fût cette assertion en ce qui concerne l'époque ante- , rieure à la découverte du bacille de Hansen, nous sommes .j pratiquement certains maintenant que la lèpre est produite i par ce bacille. La seule lacune que nous ayons à combler pour avoir la certitude absolue est l'impossibilité actuelle y de cultiver le bacille ou de le transmettre par inoculation cm > autrement aux animaux de laboratoire et peut-être a

l'homme lui-même. ^ On a fait beaucoup de tentatives pour transmettie la lèpreà rhomme par inoculation; mais, jusqu'ici, a part une exception discutable, toutes ont échoué. Un mdigene de îles Sandwich, ne paraissant pas atteint de lèpre iu ino culé avec un tubercule lépreux. Un mois après, ^« symptômes de névrite lépreuse; deux ans plus tar une lèpre confirmée; et six ans après l'époque de 1 inoculation, i Tou ut de la lèpre. Malheureusement, le su^et en expé-j rience tait né dans un pays où la lèpre existe abondam- :rVrétat endémique; et, de V^^l^-^^^^ des lépreux - en fait, certains membres de sa ,

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étaient lépreux. Quelle que soit, en ce cas, la possibilité d'avoir acquis le bacille par l'inoculation, les conditions dans lesquelles l'expérience a été faite et la brièveté inaccoutumée de la période d'incubation doivent nous empêcher de regarder ce fait comme une preuve concluante de Tinoculabilité de la lèpre.

Pour combler provisoirement cette lacune dans nos connaissances sur la lèpre, nous pouvons invoquer Fétroite analogie qui existe entre le bacille de la lèpre et celui de la tuberculose, entre le léprome et le tubercule, entre la lèpre et la tuberculose. Eu égard à cette circonstance en particulier, on admet généralement aujourd'hui le Dacillus leprx comme la cause de la lèpre, de môme que le Bacdlus tuberculosis comme cause de la tuberculose Les opinions diffèrent toutefois sur la voie de pénétration du bacille dans l'organisme.

Voie de pénétration. - Il est absurde de supposer qu'un organ,sme quel qu'il soit et si hunrble que soit sa place dans échelle des êtres, prisse naître spontanément; une pareille hypothèse doit tout d'abord être reietée. Ceci dit noi« avons deux voies principales à examiner comme servant a la pénétration du bacille : l'hérédité et la contagion.

Heredtte. -.Du fait que la lèpre tend à attaquer de ann, es entières et parait présenter, dans certains ca , un car tere atavique, on avait conclu presque univers Hèlent, jusqua la découverte du bacille de Hansen (et cette

ZIT -"^ «Pinion ait quelque fonde-

ment, de même que celle de l'hérédité pour la tuberculose ela est très possible; c'est-à-dire qu'on'peut hèritei d I âmes tares qui prédisposent à la maladie. Mais, depuis h

e-priri' : "'^"^ croire pi^rni

mps, SI I on y réfléchit bien, que le bacille lui-même et dans 1 acception scientifique du mot. On peut

hériter de tares ou de prédispositions physiologiques, mais on n'hérite pas de parasites. U est vrai que l'ovule peut être infeeté par un germe, comme dans le cas de la sypluhs; mais cette infection ne constitue pas l'hérédité. Que 1 ovule puisse être infecté à quelque moment de son existence par le bacille lépreux, cela est prouvé s'il est exact que des enfants soient nés porteurs de lésions de lèpre. Ma,s du fait que la lèpre est fréquente chez les descendants et les collatéraux consanguins des lépreux, il ne s'ensuit pas forcément qu'il y ait infection de l'ovule dans tous les cas ou même dans aucun cas. Car la sensibilité d'une famdle v.sà-vis de la lèpre est tout aussi explicable par hypothèse d'une contagion ou d'une infection venue du dehors que par l'hypothèse d'une infection atavique. Non seulement les Ldividus d'une famille peuvent hériter d'une prédisposition familiale à contracter le bacille, mais, en tant que membres d'une même famille, ils sont généralement a un moment ou à un autre, en relations étroites, exposes ... Imes influences hygiéniques, pouvant ^^'i^^^^J^^ tact réciproque les parasites qui infectent certams d entre ou ceux qui vivent à l'état latent dans le voisinage. De rqi membres d'une famille contractent simu tan.

ment ou l'un après l'autre la gale, l'herpes ou fie. typhoïde, personne ne songe à conclure que 1 l'»ntre, de ces maladies est héréditaire.

S ns nier absolument la possibilité d'une infection d

l'ovule il est probable qu'un pareil fait est très rare. L âge 1 ovule. Il est pr l ^„„(i,„,e pas une

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