‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 14 sur 156 · I.— LES TUMEURS BACTÉRIENNES · texte numérisé non relu

I.— LES TUMEURS BACTÉRIENNES

Tumeurs Lactérieiiiies de roiivier (pi. III, fig. 1-5). — Dans le midi de la France, en Italie, en Espagne, Portugal, Asie Mineure, dans le nord de l'Afrique, etc., et même en Amérique (Californie), on rencontre fréquemment sur les Oliviers des tumeurs ligneuses de taille et de forme très variables. Cette maladie est souvent appelée « tuberculose de l'Olivier », et les Italiens la désignent sous le nom de rogna.

Ce sont surtout les jeunes rameaux (deux à trois ans) qui sont atteints ; mais des branches plus âgées ne sont nullement indemnes de la maladie qui se rencontre aussi, mais plus rarement, sur les racines. Les tumeurs sont irrégulièrement arrondies ou plus ou moins aplaties, souvent confluentes ; leur dimension, très variable, peut atteindre celle d'une noix ; leur surface est irrégulière, bosselée ou profondément crevassée ; au sommet, existe toujours une profonde cavité.

Si l'on suit le développement d'une de ces excroissances, on voit qu'elle est constituée par une hypertrophie de toute la portion extraligneuse de la tige ; les cellules qui la composent sont homogènes au début ; mais bientôt apparaissent des cellules vasculaires, qui prennent naissance autour de centres, d'une façon analogue à ce qui se passe dans les bourrelets de blessure. En même temps, au contact du-bois du rameau d'Olivier, d'autres cellules vasculaires se forment et viennent s'épanouir dans l'excroissance sous forme de gerbe.

Au milieu du tissu de la tumeur, avant même l'apparition des cellules vasculaires, on rencontre des lacunes de taille et de forme très variables remphes de bactéries ;

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c'est là la cause de l'hypertrophie, qui se trouve être une véritable hactériocécidie. Les Bactéries [Bacillus Oleœ (Archang.) Trev.] sont allongées en for me ]^ de bâtonnet et dépourvues de zooglée.

Les cellules qui bordent les lacunes sont rapidement corrodées par l'action des bactéries ; mais à quelque distance l'activité des éléments est au contraire exaltée, probablement par des sécrétions de la bactérie ; les cellules se divisent et se multiphent rapidement, et c'est là l'origine de la tumeur et des irrégularités de sa surface. La mort des tumeurs commence toujours par le sommet, où les tissus sont déjà brunis dans les très jeunes excroissances; malgré la réaction de la plante, la désorganisation pénètre de plus en plus et finit par amener le dessèchement complet de la tumeur, dont les tissus n'avaient d'ailleurs qu'une très faible vitalité. La branche qui portait l'excroissance participe plus ou moins à la dessiccation de celle-ci et peut même sécher entièrement. II en résulte, quand les tumeurs bactériennes sont nombreuses, — et le cas est fréquent, — un affaiblissement dans la vitalité de l'arbre dont la récolte diminue jusqu'à devenir assez souvent nulle.

Savastano a pu cultiver le Bacillus Oleœ et, à partir de cultures pures, il a réalisé l'infection de jeunes rameaux d'Olivier en les piquant avec une aiguille chargée de bacilles. Le Bacillus Oleœ est incapable de pénétrer un rameau sain ; c'est un parasite de blessure, et l'infection se fait grâce aux plaies d'insectes et de taille, très fréquemment aussi par les plaies de grêle ; après une violente chute de grêle, on constate souvent une recrudescence considérable de la maladie.

Vuillemin pense qu'un Champignon, le Chœtophoma oleacina Vuill., peut aussi ouvrir le chemin au Bacillus Oleœ ; il est certain, en tout cas, que la présence de ce Champignon n'est nullement indispensable.

Les diverses variétés d'Oliviers sont très inégalement

Tumeurs de l'Olivier. — 1 . Rameau d'Olivier portant des tumeurs. — 2. Coupe longitudinale d'une tumeur (d'après Savastano). — 3. Coupe transversale d'une tumeur (d'après Priliieu.x). — 4. Bord d'une lacune dans une tumeur jeune : Z>, éléments corrodés ; Ba, Bactéries (d'après Prillieus). — 0. Dacillus Oleœ.

Tumeurs du Pin d'.A.lep. — 6. Une tumeur sur un rameau. — 7. Couperansversale d'une tumeur (d'après Prillieux).

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sensibles à la « tuberculose » ; les Oliviers sauvages résistent bien mieux.

De fortes fumures favorisent le développement du mal.

Traitement. — 1» Ne pas prendre de boutures sur des arbres malades ;

2° Désinfecter les instruments ayant servi à tailler des Oliviers malades avant de s'en servir pour effectuer ce même traitement sur des arbres sains. On peut plonger ces instruments dans l'eau bouillante ou les immerger pendant une demi-heure dans une solution de sublimé à 1. p. 500;

30 Enlever et brûler les branches les plus atteintes ;

40 Éviter une trop grande humidité du sol.

Tumeurs bactériennes du Pin d'Alep (pi. III, fig. 6-7, et pi. IV, fig. 1). — Dans le midi de la France, on trouve, sur le Pin d'Alep, des tumeurs très analogues comme aspect et structure à celles de l'Olivier ; elles sont cependant plus volumineuses et moins crevassées. On y rencontre des lacunes remplies de Bactéries entourées d'une zooglée très visible et par là bien distinctes du Bacillus Oîeas ; Trevisan les a désignées sous le nom de Bacillus Vuilleminii. La culture de cette espèce n'a pas encore été faite ; quoi qu'on ait pas tenté d'infections, il est très probable qu'elle est bien la cause des tumeurs, tant est grande l'analogie de la lésion avec celle que produit le Bacillus Oleœ.

Des tumeurs ont été signalées sur diverses plantes; mais leur nature exacte n'a pas été élucidée d'une façon certaine. Passerini a rencontré, sur le Laurier-Rose {Nerium oleander), des tumeurs semblables comme aspect à celles de l'Olivier.

Les broussins de la Vigne ont été considérés par Cuboni comme dus à l'action d'une Bactérie, le Bacillus Ampelopsorœ Trev. ; mais le parasitisme de cette espèce n'est nullement démontré, ni même probable.

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