‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 15 sur 156 · II. — LE CHANCRE BACTÉRIEN DU PEUPLIER · texte numérisé non relu

II. — LE CHANCRE BACTÉRIEN DU PEUPLIER

Dans diverses localités en France, et dans quelques autres régions, en Belgique notamment, les Peupliers régénérés (variété du Populus Canadensis) présentent des chancres ayant une grande analogie avec ceux que produit le Nectria ditissima sur les arbres fruitiers, mais dont la cause est tout autre, puisqu'il s'agit d'une Bactérie, le Micrococcus Populi G. Delacroix.

Les chancres (pi. IV, fig. 2) se rencontrent sur des rameaux de tout âge ; mais ils débutent le plus souvent sur les rameaux jeunes sous forme de taches oblongues, jaunâtres, où bientôt l'écorce se boursoufle et se déchire. C'est dans la partie profonde de cette écorce que la lésion débute ; les cellules y brunissent et meurent ; on y trouve des Bactéries peu mobiles et difficiles à bien mettre en évidence. La lésion s'étend surtout dans le sens longitudinal à partir de son point de départ ; les éléments sont atteints jusqu'au bois, qui prend une coloration brun fauve. Sur tout le pourtour de la plage attaquée se produit une réaction de la plante, réaction qui s'étabht à la fois dans l'écorce et le liber ; les cellules se divisent activement, d'où formation d'un véritable bourrelet cicatriciel qui isole le tissu atteint et mort. Très fréquemment les éléments de ce bourrelet sont attaqués à leur tour ; un nouveau bourrelet apparaît plus profondément par rapport au premier qu'il repousse dans le cours de son développement. La plaie n'a plus dès lors de tendance à la cicatrisation et devient un véritable chancre. Sur les branches assez âgées, plusieurs bourrelets successifs peuvent ainsi prendre naissance, tandis que sur les jeunes rameaux on n'en trouve en général qu'un seul. Les rameaux attaqués par le chancre finissent par se dessécher. ^ ■

La Bactérie, cause des chancres, ne se rencontre que

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rarement dans le bois. On n'en peut obtenir des cultures que sur un bouillon obtenu en triturant des écorces de peuplier et en stérilisant le liquide obtenu par passage au filtre de porcelaine. Après plusieurs passages sur ce milieu, la Bactérie peut sans difficulté végéter sur les milieux ordinairement utilisés en bactériologie ; mais elle a perdu ses propriétés pathogènes.

Le Micrococcus Populi est formé de petits éléments isolés, arrondis, peu mobiles (pi. IV, fig. 3).

L'infection ne réussit que sur des rameaux blessés et en partant de cultures sur bouillon de Peuplier.

Le chancre du Peuplier semble plus fréquent sur les sols se desséchant facilement, probablement parce que le Peuplier régénéré y souffre des conditions où il végète.

Traitement. — 1° Exploiter les arbres les plus gravement atteints ; les rameaux chancreux seront mis à part et brûlés ;

20 Couper et brûler les jeunes rameaux atteints autant que possible dès l'apparition des chancres.

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