III.— MALADIE BACTÉRIENNE DES MURIERS
Observée en France et en Italie, la maladie bactérienne des Mûriers se rencontre à la fois sur les feuilles et sur les rameaux. Sur les feuilles des jeunes branches aussi bien que des jeunes plants en pépinière, on rencontre des taches irrégulières, très souvent allongées suivant les nervures, d'abord pâles, puis devenant d'un brun noir foncé. Sur les rameaux, les taches sont ovales, proéminentes en forme de verrues, de même couleur que celles des feuilles ; les tissus sont brunis jusqu'au bois, souvent même jusqu'à la moelle. Les rameaux peuvent être attaqués d'un seul côté, et dans ce cas ils se courbent.
Les divers auteurs qui se sont occupés de cette maladie (Cuboni, Voglino, Macchiati, Boyer et Lambert, etc.) ont rencontré dans les tissus atteints des Bactéries que
Planche IV
Tumeurs du Pin d'Alep {siii(e). — 1. Portion de la coupe d'une tumeur: ff, tissu de nouvelle formation (encore vivant) ; 7n, le même tué par les Bactéries autour de la lacune; r, zooglées ; t, trachéides (d'après Prillieux).
Chancre du Peuplier. — 2. Un chancre sur un rameau. — 3. Mici'ococcus Populi.
Gomme bacillaire dk la Vigxe. — 4. Chancre sur rameau (forme gélivure).
— 0. Coupe transversale d'une tige âgée montrant les ponctuations brunes.
— 6. Coupe du bois montrant la formation de la gomme g dans les vaisseaux V ; Fi, fibres; C, cellules du parenchyme ligneux ; R. 7n., rayon médullaire; Ba., Bactéries. — 7. Un vaisseau, obstrué par des thylles, Th. {mêmes lettres). — 8. Bactéries isolées et en chapelet.
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Boyer et Lambert ont désignées sous le nom de Bacterium Mori, Maccîiiati sous celui de Bacillus Cuhonianus. Mais les descriptions données de ces Bactéries diffèrent sufTisamment pour qu'il subsiste un certain doute sur le véritable parasite. Boyer et Lambert auraient réussi des infections avec leur Bacterium Mori. Pour d'autres (Macchiati, Voglino), la Bactérie serait capable d'infecter les vers à soie et y produirait une maladie analogue à la flacherie.
De rameaux de Mûrier présentant une altération qui paraît identique à celle qu'ont étudiée les auteurs précédents, Cavara a isolé deux Bactéries, dont l'une serait voisine de la Bactérie du mal nero de la Vigne ; il nomme l'autre Bacillus Mori carneus. Cavara n'a pas fait d'infections.
On voit que, si la maladie des Mûriers semble bien de nature bactérienne, la Bactérie parasite n'est pas encore connue avec certitude.
Le seul traitement consiste à couper et brûler les rameaux malades.
Goniiiiose bacillaire {mal nero) (pi. IV, fig. 4-8). — Depuis longtemps déjà, on avait signalé (Baccarini, Comes, Macchiati) en Italie une maladie de la Vigne connue sous le nom de mal nero et attribuée au parasitisme d'une Bactérie. Cette même maladie existe également en France, mais elle y était passée inaperçue, confondue avec d'autres altérations, le court-noué notamment. Foëx et Viala ont les premiers distingué la maladie, qu'ils reconnurent de nature bactérienne, mais sans l'assimiler au mal nero. Prillieux et Delacroix en ont repris l'étude et élucidé complètement la cause.
Les symptômes de la gommose bacillaire sont très variés, surtout les lésions des organes végétatifs ; les
caractères que présente le bois sont seuls constants et par là seuls caractéristiques.
Sur la coupe transversale d'un cep atteint, on observe dans le bois de petits îlots de couleur brun foncé, correspondant à des lignes brunes visibles sur la coupe longitudinale. Ces lignes aboutissent à des plaies de taille et vont en s'élargissant à mesure qu'on remonte vers le haut du cep ; ce seul fait suffît à montrer que l'infection s'est produite par la plaie et a gagné en descendant» Plus tard, ces lignes brunes s'étendent, finissent par se rejoindre complètement ; le bois bruni devient alors la proie de nombreux saprophytes qui en achèvent la destruction. La mort de la souche peut survenir dès la deuxième année, mais souvent les ceps résistent beaucoup plus longtemps.
A l'examen microscopique, on voit la paroi des éléments colorée en jaune, d'abord dans les rayons médullaires, où les grains d'amidon brunissent et s'agrègent en une masse granuleuse. Dans les parties brunies, la cavité des vaisseaux est obstruée par des amas de gomme de blessure ou par des thylles ; dans un même vaisseau, on peut trouver à la fois de la gomme et des thylles ; la paroi de celles-ci peut d'ailleurs se gommifier en partie; la gomme ainsi produite s'accumule entre les thylles et obstrue complètement le vaisseau. La gomme semble se produire surtout quand la maladie évolue rapidement.
Ces altérations que présente le bois sont les seules constantes ; quant aux symptômes que montrent les rameaux et les feuilles, ils sont fort variables suivant le mode d'évolution de la maladie.
Quand l'attaque est faible, on voit sur les jeunes rameaux de petites et courtes stries superficielles, qui se dessèchent et dont la cicatrisation amène la formation de petites pustules brunes ; c'est Vanthracnose ponctuée ou dartrose de la vigne.
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D'autres fois, dans des attaques plus graves, les bourgeons se développent peu, les rameaux restent grêles et courts, les feuilles petites ; des pousses abondantes se développent à l'aisselle des feuilles et donnent à la souche une apparence particulière (cep pommé, tête de chou). D'ailleurs ce rabougrissement des organes végétatifs n'est que le résultat d'une nutrition défectueuse, causée dans le cas présent par la présence de gomme et de thylles dans les vaisseaux ; mais diverses causes (Phylloxéra, Pourridié, par exemple), peuvent produire une semblable atrophie ; aussi ces diverses maladies sont-elles souvent confondues.
Les raisins se développent mal ; la coulure des fleurs est souvent générale.
Enfin, dans les cas les plus graves, les taches des rameaux (forme dartrose) s'étendent, se creusent et aboutissent à la formation de véritables chancres ; c'est ce que Foëx et Viala ont décrit sous le nom de gélwure. Les extrémités des rameaux se dessèchent, et même on peut observer des cas de foUetage, dessiccation complète ou partielle de la souche.
Sous le nom de maladie (TOléron, Ravaz a décrit des altérations des Vignes qui ne sont certainement qu'une forme grave de la gélivure ; cet auteur rattachait ces lésions àl'action d'une Bactérie ; il est vrai que, depuis lors, il les a attribuées à la foudre, qui peut, en effet, produire sur la Vigne des apparences un peu analogues à celles ■de la gommose bacillaire ; mais il y a certainement exagération à les rattacher toujours à l'action de la foudre.
L'altération désignée sous le nom de « maladie de l'Alicante-Bouschet » n'est aussi qu'une forme de la gommose bacillaire.
Dans tous les tissus atteints, on rencontre des Bactéries, mais elles ne sont bien visibles que dans les parties attaquées depuis peu; quand les cellules meurent et
ERTT lîBRART
s'imprègnent de gomme, les Bacilles disparaissent pom' laisser la place à des Champignons saprophytes.
La Bactérie, Bacillus vitivorus Baccarini {B. Baccarinii Macchiati), se cultive facilement ; elle est formée d'éléments courtement ovoïdes, isolés ou en courtes chaînes; dans les vieilles cultures, on trouve des chapelets beaucoup plus longs. La gélatine est liquéfiée et légèrement colorée en brun.
Les cultures pures ont permis d'infecter des Ceps sains et de démontrer les propriétés pathogènes du Bacillus vitivorus. Charrin et Viala ont même pu inoculer à des animaux la Bactérie isolée par Viala des chancres de la forme gélivure, et qui semble bien être identique au Bacillus vitivorus.
L'infection se fait par les plaies, surtout les plaies de taille, comme nous l'avons vu ; mais il y a une autre cause à la propagation de la maladie, c'est le greffage, soit que la Bactérie pénètre par la plaie de greffe, soit que le greffon ou le porte-greffe soit déjà infecté. L'infection préalable du porte-greffe amène la mort de toute la base du cep et des racines ; dans ce cas la guérison n'est pas possible. Les Riparias y sont très sensibles. Dans le cas d'infection du greffon, la soudure ne se fait généralement pas.
C'est dans les terrains humides à sous-sol imperméable que la gommose bacillaire cause le plus de dégâts et présente les formes les plus graves.
La nature bactérienne de la gommose bacillaire n'a pas été admise par tous les botanistes. Schilbersky pense que l'on a pris pour une maladie distincte le simple dépérissement de Vignes déjà envahies par des parasites (Phylloxéra, Mildiou, etc.), et que les Bactéries ne seraient que secondaires. Mangin va plus loin, il nie catégoriquement l'existence d'une maladie, la formation de la gomme dans les vaisseaux de la Vigne étant pour lui un phénomène normal.
Delacroix el Maublanc. II. — 2
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Rathay pense que la production de gomme n'est pas le résultat de l'action de Bactéries, qui d'ailleurs n'existeraient que dans le bois déjà bruni; la formation de la gomme et des thylles serait due à une simple irritation produite par des blessures.
Nous ne ferons que signaler l'opinion de Prunet,qui attribue la gommose, aussi bien que la brunissure, au parasitisme d'une Chytridinée, le Cladochytrium çiticolum.
Traitement. — 1» Recéper d'une façon aussi complète que possible les portions atteintes ;
2° Badigeonner les plaies avec une solution de sulfate de fer (solution de Skawinski), et les obturer avec un mastic ou mieux du coaltar ;
30 La précaution la plus importante est à observer au moment de la taille ; après la taille d'un cep atteint, le sécateur peut infecter des pieds sains ; il faut donc réserver les souches malades et ne les tailler qu'à la fm. Ce procédé est aussi sûr et plus pratique que la désinfection du sécateur ;
4° Enfin l'emploi des engrais phosphatés, et surtout des superphosphates, est à conseiller.
La maladie bactérienne des grappes. — Cette maladie fut signalée en 1891 par Cugini et Macchiati en Italie (province de Modène), où elle a causé de grands dégâts.
Le mal apparaît à la fin de la floraison ; les rafles brunissent, se fanent, puis se dessèchent rapidement en même temps que les fleurs ; les grappes atteintes se détachent de la plante. Parfois la maladie apparaît plus tard, et son évolution est plus lente.
Tous les tissus des grappes attaquées contiennent des Bactéries longues de 3 à 4 |j., cyhndriques, isolées, mobiles ; Cugini et Macchiati les désignent sous le nom de Bacillus uvœ. En culture, outre la forme qu'on observe dans les tissus, on obtient des éléments associés en
chaînes ainsi que des spores ; la gélatine est liquéfiée.
Cugini et Macchiati ont obtenu l'infection de grappes arrosées avec une culture de bacille. Van Hall trouve ces expériences insuffisantes pour démontrer d'une façon certaine la nature bactérienne de la maladie.
La poiirrHure des raisins de serre. — Dans les serres de la Belgique et du nord de la France, on observe souvent une pourriture des raisins qui y produit de grands dommages. L'attaque se produit à l'approche de la véraison ou plus tard ; des taches d'un jaune clair, puis brunes, apparaissent, soit sur le grain, soit plus souvent sur les rafles ; elles s'étendent et amènent la dessiccation ou la pourriture de tous les raisins situés au delà de la partie attaquée.
Dans les tissus malades, se trouvent de nombreux Bacilles; mais aucune expérience d'infection ne permet d'affirmer le parasitisme de cette Bactérie.
La « maladie du coup de pouce » a été parfois attribuée à des Bactéries, à tort, semble -t-il, cette affection ne semblant pas de nature parasitaire ; les grains sont atteints avant la véraison et présentent un point décoloré qui s'étend en une tache livide, puis d'un brun violacé, fortement déprimée comme avec le doigt (coup de pouce); puis l'altération gagne tout le grain, qui se dessèche et tombe.
Jaunisse de la Betterave. — La jaunisse a été signalée pour la première fois par Troude, en 1896, dans le nord de la France ; mais c'est, semble-t-il, une maladie ancienne, dont la présence n'avait pas attiré l'attention.
C'est, en général, dans la première quinzaine de juillet, quelquefois plus tard, que la maladie apparaît ; les feuilles semblent avoir perdu leur turgescence; leur
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extrémité s'abaisse vers le sol. Le limbe des feuilles extérieures, puis de celles du centre, se montre finement marqueté de vert foncé et de vert pâle ; cette apparence est surtout sensible quand on regarde la feuille par transparence et rappelle celle de la mosaïque du Tabac. Progressivement, ces deux teintes deviennent moins tranchées, la coloration vire vers un ton jaunâtre uniforme, et enfin la feuille finit par se dessécher entièrement. Les bractées florales présentent des altérations semblables sur les porte-graines.
La maladie est plus fréquente dans les terres fraîches.
Dans les cas de fortes attaques les racines ne grossissent plus à partir de juillet. Les betteraves atteintes, replantées au printemps suivant comme porte-graines, reproduisent toujours la jaunisse ; néanmoins les graines arrivent à maturité.
Dans les parties vert pâle des feuilles, la coloration des chloroleucites vire de plus en plus vers le jaune, à mesure que la maladie évolue. De plus, on rencontre dans les cellules de nombreuses Bactéries ovoïdes, très mobiles, qu'on retrouve aussi dans les pétioles, la tige, la racine des pieds atteints et jusque dans les bractées florales et les cahces des porte -graines ; la graine proprement dite n'en renferme pas.
Cette Bactérie, le BacUlus tabificans G. Delacroix, se développe bien dans les milieux artificiels ; elle forme un voile léger qui, à la fin du développement, tombe au fond du tube en donnant un dépôt visqueux. La Bactérie présente ce caractère très particulier de ne pas végéter dans les milieux gélatines.
L'infection réussit en partant de cultures pures pulvérisées sur des pieds sains; mais, cultivée sur miheu artificiel, la Bactérie perd très rapidement ses propriétés virulentes.
Gomment se fait la propagation de la jaunisse? Il est certain que l'enfouissement des feuilles malades peut
permettre l'infection ; de même le semis de graines provenant de pieds atteints peut également reproduire la maladie ; l'expérience a d'ailleurs montré que de telles graines ne restent pas indéfiniment dangereuses ; les Bactéries, qui n'existent que dans les calices, y meurent au bout de quelques années, et les semences provenant de porte -graines infectés peuvent être semées dès la quatrième année après leur récolte, sans qu'on ait à craindre l'apparition de la jaunisse.
Mais, dans la grande majorité des cas, l'infection se fait par les porte-graines atteints, qui, nous l'avons vu, donnent toujours naissance à des pieds malades; la jaunisse apparaît dans les champs au voisinage de ces portegraines, sur les pieds qui se trouvent dans la direction des vents dominants. C'est là un fait bien connu des agriculteurs dans les régions où la jaunisse est fréquente.
Les dégâts peuvent être assez considérables. La richesse en sucre des Betteraves malades est souvent diminuée, et surtout le poids des racines reste toujours plus faible, de telle sorte que le rendement peut baisser d'un tiers, de la moitié et même plus.
La jaunisse de la Betterave doit exister en dehors de la France, en Allemagne notamment. Mais les auteurs qui se sont occupés des maladies de cette plante, Hollrung, Stoklassa en particulier, semblent avoir confondu cette altération avec des cas de jaunissement qui apparaissent après le chaulage ou le marnage, tandis que la vraie jaunisse bactérienne de la Betterave apparaît fort bien dans des terres très pauvres en chaux.
Traitement. — 1» L'assolement devra être au moins triennal ;
20 Éviter de porter au fumier les feuilles de Betteraves provenant de champs infectés, puisque l'apport au sol de ces feuilles peut propager la maladie. Le mieux sera de les enfouir profondément ;
30 Ne semer^que des graines] âgées de quatre ans aa
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moins, qui ne peuvent être une source d'infection, même provenant de porte-graines malades ;
40 La précaution la plus importante est de ne pas cultiver de porte-graines- dans les régions productrices de Betteraves, tant fourragères que sucrières.
Gomniose bacillaire de la Betterave. — Décrite en 1891, presque en même temps par Kramer et par Sorauer, la gommose bacillaire de la Betterave est une maladie assez répandue dans certaines régions de l'Allemagne, et qu'on a rencontrée également en Belgique, en Roumanie et peut-être aux États-Unis (Arthur et Golden) ; en France, elle semble rare.
La maladie fait son apparition pendant l'été, en juillet ou en août ; les feuilles se flétrissent et jaunissent ; mais le caractère le plus net s'observe quand on sectionne la racine ; on y voit les vaisseaux fortement colorés en brun, laissant échapper un liquide épais et visqueux ; par suite de la disposition de ces vaisseaux sur la coupe de la racine, celle-ci présente plusieurs cercles bruns concentriques. Le brunissement s'étend peu à peu à tous les tissus, qui finissent par pourrir généralement à partir de la pointe de la racine.
De nombreuses Bactéries s'observent dans les parties atteintes. Kramer y a rencontré des bâtonnets courts, isolés ou plus rarement en chaînes, ne liquéfiant pas la gélatine. C'est à cette espèce que Migula a donné le nom de Bacillus Betœ.
En 1897, Busse, reprenant l'étude de la gommose des Betteraves, a extrait des racines malades plusieurs espèces de Bactéries, dont l'une {Bacillus Bussei Migula) a reproduit par infection les symptômes de la maladie; c'est un bacille à éléments isolés ou fréquemment associés par deux, plus rarement en chaînes, ne liquéfiant pas la gélatine, et produisant dans les cultures des gaz en grande quantité. On ne peut affirmer l'identité des Bâclé les observées par Kramer et par Busse.
La gommose bacillaire de la Betterave est favorisée par l'apport au sol de potasse ou d'engrais azotés ; mais ces derniers n'ont d'action que s'il survient une période de sécheresse (Sorauer). L'acide phosphorique augmente au contraire la résistance des Betteraves à la maladie.
Gale de la Betterave. — Quoique la nature bactérienne de cette altération ne soit nullement démontrée, nous en placerons ici la description, car il semble certain, comme nous allons le voir, que des organismes voisins des Bactériacées jouent un rôle dans le développement de la gale.
La gale [Schorfkrankheit) est caractérisée par la présence sur les racines de petites cavités irrégulières, isolées ou confluentes, superficielles, rugueuses, dont l'aspect et la profondeur varient d'ailleurs considérablement ; dans les cas les plus graves, on observe des ulcérations assez profondes, largement béantes, tapissées d'un périderme cicatriciel brun et crevassé.
La cause de ces altérations est encore mal connue. Frank y a rencontré parfois des mycéliums ; Krûger et après lui d'autres auteurs attribuent la gale de la Betterave à rOo5/>om smèies, qui, d'après Thaxter, serait l'agent d'une maladie fort analogue, la gale de la Pomme de terre. Busse, qui récemment a repris l'étude de cette question, a bien isolé plusieurs espèces d'Oospora (1); mais il n'a pu réussir à reproduire la maladie sur des B:tteraves saines infectées avec des cultures pures de ces organismes ; Busse les considère cependant comme des parasites de blessure dont l'action ne serait que secondaire et qui se développeraient sur des plaies de nature
(1) Le genre Oospora n'est pas pris ici dans le sens que lui donnent d'ordinaire les mycologues, c'est-à-dire qu'il ne s'agit pas de Champignons filamenteux à conidies ovales, incolores, en chapelets irrégulièrement disposés sur le mycélium. Thaxter, Busse ont en vue des formes voisines des Bactériacées filamenteuses [Streptothrix), constituées par des filaments très ténus rameux, se résolvant à la fin de leur développement en un grand nombre de petits corps (spores).
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mal définie, probablement produites par des parasites animaux ; ceux-ci seraient dès lors les véritables auteurs du mal.
Cette question demande encore de nouvelles recherches.