‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 18 sur 156 · MALADIES BACTÉRIENNES DU CHOU · texte numérisé non relu

MALADIES BACTÉRIENNES DU CHOU

Souvent les choses se compliquent de phénomènes de pourriture bien visibles surtout dans le cas de racines charnus (Rutabagas, Navets), dont tous les tissus, sauf le bois, peuvent être détruits ; mais le plus souvent, seules la moelle et une partie du cylindre central pourrissent, l'écorce restant saine. Des phénomènes analogues s'observent dans les tiges.

Dans les feuilles et les tiges, les vaisseaux noircis sont remplis de nombreuses Bactéries que Pammel a le premier signalées et qu'il a appelées Bacillus campestris ; E.-F. Smith a plus tard changé cette dénomination en celle de Pseudomonas campestris, s'appuyant sur la présence d'un cil à l'extrémité des éléments bactériens. Le parenchyme voisin des vaisseaux est également altéré et présente des Bactéries ; les cellules y sont tuées, leur contenu disparaît, sans que les membranes cellulosiques soient détruites.

Le Pseudomonas campestris se cultive facilement ; il est formé de bâtonnets mobiles, ne produisant pas de spores, colorant en jaune les milieux de culture, liquéfiant la gélatine.

Des infections artificielles furent réalisées d'abord par E.-F. Smith, puis répétées par divers auteurs ; elles reproduisent la maladie au bout d'une quinzaine de jours. Dans la nature, ce sont surtout les plantes jeunes qui sont atteintes, avant ou après le repiquage, et, d'après Smith, l'infection pourrait se faire de deux façons, soit que la Bactérie pénètre la plante grâce à des blessures (plaies d'insectes ou d'autres animaux), soit que plus rarement elle s'introduise directement dans une plante saine par les stomates aquifères.

La pourriture bactérienae des Choux-Fleurs. — Cette altération, signalée par Delacroix en 1905, a causé de grands dégâts dans le Pas-de-Calais ; le Chou-Fleur y a surtout été atteint; mais d'autres variétés peuvent aussi être attaquées, sauf le Chou de Bruxelles, qui semble

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réfractaire à la maladie. Cette pourriture a sévi sur des sols tourbeux provenant du dessèchement d'anciens marais, et la forte proportion d'azote que ces terres renferment n'est sans doute pas sans influence sur le grand développement de la maladie. Les dégâts peuvent être très importants, et parfois la presque totalité des pieds ont été atteints.

La pourriture des Choux-Fleurs est caractérisée par le développement à la partie supérieure des pétioles de véritables chancres qui débutent par une coloration livide, gagnent de plus en plus et amènent l'élimination des tissus transformés en bouillie. L'influence de l'humidité est très nette sur la marche de la maladie ; si le temps devient sec, le mal peut s'arrêter et même les chancres peuvent se cicatriser par formation d'une couche de liège cicatricielle ; mais, si l'humidité persiste, la nécrose s'étend, peut gagner le bourgeon terminal, le liquéfier et même creuser la partie supérieure de la tige. Les racines sont toujours indemnes.

La nature bactérienne de cette affection ne peut être mise en doute. Delacroix a isolé une Bactérie qui colore en vert les milieux de culture et ne liquéfie pas la gélatine ; il l'appelle Bacillus brassicœvorus et a mis en évidence ses propriétés pathogènes en réalisant l'infection de pieds sains à l'aide de cultures pures.

Griffon a isolé trois Bactéries qu'il rapporte aux Bacillus fluorescens liquefaciens et putridus Flûgge et au Bacillus coli communis, et qui toutes trois sont capables de provoquer sur les Choux des phénomènes de pourriture ; pour cet auteur, le Bacillus brassicœvorus Delacroix ne serait qu'une forme du Bacillus -fluorescens putridus, au même titre que le Bacillus caulivorus se rapporte au Bacillus -fluorescens liquefaciens.

Dans la nature, l'infection doit être réalisée par les Insectes (Chenilles) et les Limaces qui rongent souvent les pétioles et en même temps inoculeraient la Bactérie

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