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IX.- MALADIES BACTÉRIENNES DU TABAC

Le chancre bactérien du Tabac. — Connu depuis longtemps par les cultivateurs sous les noms de '< noir », (t anthracnose », «charbon » «pourriture », le chancre bactérien est une maladie fréquente du Tabac et existe en France dans toutes les régions où l'on cultive cette plante.

La maladie apparaît en juillet ; sur la tige et les nervures principales des feuilles prennent naissance des taches oblongues, à surface déprimée et un peu bosselée.

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jaunes, puis brunes, et enfin d'une teinte noirâtre livide. Ces taches s'étendent en longueur, parfois considérablement le long des tiges, d'où elles peuvent gagner les nervures des feuilles. Leur centre se déprime, puis se déchire irrégulièrement. La tache, dans la très grande majorité des cas, n'est pas limitée par la production d'un périderme cicatriciel ; elle n'a pas tendance à la cicatrisation et est devenue un véritable « chancre ». Plus tard la lésion gagne en profondeur, souvent jusqu'à la moelle ; dès lors les tiges et les feuilles perdent toute solidité et sont brisées fréquemment par le vent. Quand le chancre s'est établi vers la partie inférieure de la tige, la plante cesse de se développer, les feuilles jaunissent et se dessèchent, et le pied de Tabac meurt.

Sur les feuilles, les lésions sont de deux ordres : la présence d'un chancre sur une nervure, en arrêtant le développement de celle-ci, provoque la formation de cloques irrégulières. D'autre part, surtout si le temps est humide, le hmbe lui-même peut être envahi au voisinage des nervures malades ; il en résulte des taches très irrégulières, brunes, et cette apparence est connue sous le nom de « rouille », dénomination d'ailleurs vague et qui s'applique à bien d'autres altérations de la feuille do Tabac.

Tous les tissus attaqués sont colorés en brun intense, la membrane aussi bien que le contenu des cellules, et on y rencontre un grand nombre de Bactéries mobiles. Cette Bactérie, Bacillus œruginosus G. Delacroix, est voisine du Bacillus fluorescens putridus Flugge ; elle colore le bouillon en vert fluorescent, ne liquéfie pas la gélatine et ne prend pas le Gram ; ses éléments (2-3x0,7-1 [j-) sont cylindriques, isolés ou parfois réunis en Diplobacilles.

L'infection réussit facilement à condition qu'il y ait blessure préalable. La Bactérie perd très rapidement ses propriétés pathogènes quand on la cultive en milieux: artificiels.

SO MALADIES BACTÉRIENNES.

Traitement. — Il est purement préventif et comporte les indications suivantes :

1° Si le chancre s'est montré dans une plantation, ne pas y planter de Tabac pendant deux ans au moins ;

20 Arracher et brûler les pieds dès apparition de chancres.

Y. Uyeda a signalé au Japon une maladie bactérienne du Tabac qui présente quelques analogies avec le chancre bactérien ; on observe, au moins au début, sur les tiges et les nervures des taches brunes très comparables à celles du chancre; mais la maladie paraît plus généralisée et amène la pourriture de toute la plante. La Bactérie isolée par Uyeda, Bacillus Nicotianœ nov. sp., est d'ailleurs certainement différente du Bacillus asruginosus.

Pourritures bactérie uues consécutives à des plaies. — 1. Pourriture du collet. — Cette pourriture, localisée au collet de la plante, amène le dépérissement, puis la mort du pied de tabac. La partie inférieure de la tige montre une coloration d'un brun foncé qui peut gagner tout le pourtour de cette tige ; les tissus se ramollissent et s'éliminent en une masse molle à réaction alcaline. Les feuilles jaunissent dès le début, puis la tige qui se dessèche peu après.

Delacroix a trouvé dans les parties malades une Bactérie qu'il nomme Bacillus tahacivorus ; elle pénètre par des plaies d'insectes {Agrostis segetum).

Cette maladie est très rare, et, dans le seul cas où elle fut constatée, il peut s'agir d'une infection accidentelle.

2. Pourriture de la moelle. — Elle débute, souvent après l'écimage, à partir du sommet de la plante et amène la destruction de la moelle, qui est désorganisée et s'élimine en bouillie comme dans le cas précédent. La maladie n'apparaît qu'après des périodes pluvieuses pendant lesquelles de l'eau s'accumule sur les plaies d'écimage. Delacroix en a isolé le Bacillus fluorescens putridus Flugge ; par infection, il a obtenu un début de

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pourriture, qui n'a pas gagné beaucoup en profondeur.

Pourriture des semis. — Elle est due au Bacillus fluorescens liquejaciens Flugge et a été observée par Delacroix sur des semis de tabac malades et dépérissants. La maladie a pu être reproduite par infection.

La « maladie des taches blanches» et la «rouille blanche )> du Tabac. — Très répandue en France, la maladie des taches blanches est souvent confondue avec la nielle ou mosaïque, maladie non parasitaire ; cependant les caractères qui les séparent sont bien nets : dans la nielle, la lésion débute toujours dans le bourgeon, tandis que la maladie des taches blanches débute dans les feuilles adultes; par suite on la rencontre d'abord sur les feuilles basses de la plante. Les deux maladies peuvent d'ailleurs coexister sur les mêmes organes.

La maladie des taches blanches (pi. V, fig. 4) est caractérisée par la présence sur les feuilles de petites taches, d'abord d'un vert pâle, puis presque blanches et enfin d'un blanc mat ; ces taches sont peu étendues en surface (3 à 4 millimètres), arrondies, ovalaires, souvent anguleuses, disséminées ou fréquemment confluentes, entourées d'une marge brune formée par du liège.

Une autre altération, la « rouille blanche », présente les plus grandes analogies avec l'afîection en question; cependant, d'après Cornes et Delacroix, elle en serait distincte ; les taches de la « rouille blanche » sont bien moins nombreuses, plus arrondies, entourées d'une marge brune ; leur cause n'est pas^complètement élucidée, mais il semble qu'elles sont dues au parasitisme d'une Bactérie qui n'a pas encore été isolée.

Quant à la « maladie des taches blanches », elle est sûrement bactérienne ; dès le début de l'affection, les cellules renferment des Bactéries mobiles, le Bacillus maculicola G. Delacroix ; ce sont de petits bâtonnets généralement isolés (1,5-2,5x0,7-1 ;j-), qui se cultivent

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facilement ; les milieux ne sont pas sensiblement colorés ; la gélatine est rapidement liquéfiée.

L'infection se réalise facilement et peut réussir même sur des feuilles saines sans blessure préalable.

Traitement. — 1° Alternance des cultures ;

20 Éviter de porter au fumier les pieds atteints.

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