XI. — MALADIES BACTÉRIENNES DES LILIACEES ET IRIDÉES
Le jçras de l'Oignou. — Cette affection n'est pas rare dans les cultures maraîchères des environs de Paris, surtout dans les terres argileuses, et les dégâts peuvent parfois être importants.
Les bulbes, qui sont la seule partie attaquée, ont leurs tuniques externes desséchées et ternes ; les tuniques plus profondes perdent leur éclat, deviennent molles, onctueuses au toucher et finissent par s'éliminer en une pulpe d'odeur désagréable. Le plateau du bulbe, par où la maladie semble débuter, est constitué par des éléments morts, désagrégés par liquéfaction de la matière intercellulaire. Du plateau la maladie s'étend aux tuniques, mais d'une façon irrégulière, tantôt vers le bourgeon central, tantôt au contraire vers les tuniques extérieures.
La Bactérie qui cause cette maladie, le Bacillus cepivorus Delacroix, se cultive très facilement, ses éléments sont ovoïdes, souvent réunis par deux, et ne montrent ni spores ni cils. Ils troublent le bouillon et le rendent visqueux sans le colorer ; la gélatine n'est pas liquéfiée. Enfin la Bactérie produit dans les cultures un dégagement de bulles gazeuses.
A partir de cultures pures, l'infection est facile, et ces cultures conservent pendant plusieurs générations leurs propriétés pathogènes. La pénétration semble possible sans qu'il y ait plaie, au moins sur les tuniques jeunes.
Divers auteurs ont décrit sur les Oignons des maladies plus ou moins analogues ; mais ces descriptions sont trop sommaires pour affirmer l'identité de ces altérations avec le gras.
Traitement. — Le traitement ne peut être que purement préventif ; il consiste à ne pas négliger la rotation
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des cultures et à additionner le sol d'engrais phosphatés, en particulier de superphosphates.
Les Oignons provenant de cultures où la maladie a sévi doivent autant que possible être consommés dès leur récolte, car, dans quelques bulbes peu atteints, la maladie continue à progresser, et ils deviennent des foyers d'infection.
Maladie jaune de la Jacinthe. — Connue depuis longtemps par les horticulteurs de Hollande, cette maladie a fait l'objet d'études surtout de la part de Wakker, puis d'E.-S. Smith ; ces deux auteurs ont montré qu'elle était due à une Bactérie, le Pseudomonas Hyacinthi E. Smith [Bacterium Hyacinthi Wakker).
Les symptômes du mal sont les suivants : les feuilles sont attaquées vers leur sommet et présentent une bande brune limitée d'abord à la nervure, mais qui s'étend aussi bien en largeur qu'en gagnant vers la base de la feuille ; selon les cas, la maladie s'arrête vers cette base ou pénètre plus profondément dans les tuniques du bulbe. En coupe transversale dans la feuille comme dans le bulbe, on voit des taches jaunes correspondant aux nervures malades. La végétation des pieds atteints s'arrête, mais ils ne meurent pas nécessairement dans l'année, et c'est par de tels Oignons que la maladie se propage d'une année à l'autre. L'année suivante, les plantes issues de bulbes malades se développent mal, jaunissent et se dessèchent sans fleurir.
Dans toutes les parties atteintes, on rencontre de nombreuses Bactéries ; les vaisseaux sont les premiers attaqués, puis le parenchyme qui les avoisinent ; ces tissus sont en partie détruits et remplacés par un mucilage jaune qui sort en gouttelettes quand on coupe un organe malade.
Le Pseudomonas Hyacinthi se cultive facilement, et l'infection avec des cultures pures a pu être réalisée par Wakker, puis par E. Smith. La Jacinthe seule est
MALADIES BACTERIENNES DES LILIACEES. ni
susceptible d'être attaquée par cette Bactérie; les autres Liliacées y sont réfractaires.
Le mode d'infection des plantes dans la nature n'est pas encore parfaitement élucidé. E. Smith pense que la Bactérie pénètre par des blessures, ce qui n'explique pas que l'attaque se fasse toujours par l'extrémité des feuilles ; Wakker suppose que les stomates peuvent être aussi une porte d'entrée pour le Pseudomonas Hyacinthi.
Le traitement ne peut consister qu'en la destruction des Jacinthes attaquées.
Heinze a signalé une autre maladie des jacinthes beaucoup plus rare que la précédente et également de nature bactérienne. Ce sont les Jacinthes forcées qui sont attaquées ; les feuilles jaunissent et se dessèchent, les fleurs tombent, enfin les tiges et les feuilles pourrissent. Heinze a pu cultiver la Bactérie cause de cette maladie, le Bacillus Hyacinthi septicus Heinze, et a pu par des infections mettre en évidence ses propriétés pathogènes.
Pourriture de rhizomes d Iris. — Cette maladie, signalée par van Hall, attaque les Iris florentina et germanica dont les feuilles se dessèchent, tandis que la base souterraine de ces feuilles et la partie correspondante du rhizome deviennent molles, humides et pourrissent en restant inodores, au moins au début. La pourriture peut gagner toute la partie souterraine de la plante et la tuer.
La culture des parties atteintes a donné à Van Hall, selon les cas, des Bactéries différentes, mais capables de reproduire par infection la pourriture des rhizomes d'Iris et même de provoquer des phénomènes analogues sur d'autres plantes ; Van Hall a appelé ces espèces Pseudomonas Iridis et Bacillus omnivorus ; ce sont très probablement des races de Bactéries banales du sol qui se sont adaptées au parasitisme.
MALADIES BACTERIENNES.