‹ Maladies des plantes cultivées;Chapitre 40 sur 156 · Germination de l'œcidiolispore · texte numérisé non relu

Germination de l'œcidiolispore

31. Coupe d'un aecidium : JE., œcidiospores ; Pé., pseudo-péridiuni ; J///., stronia mycélien ; Sg., sté.igmates (d'après Prillieux).

148 MALADIES CRYPT0GAMIQUE5.

migration du noyau d'une cellule dans une autre placée au-dessus (Blackman) ou par fusion de l'extrémité de deux filaments parallèles (Christman); dans les deux cas, la première cellule binucléée devient la cellule génératrice des aecidiospores. Blackman et Christman, suivis par de nombreux auteurs, voient un véritable acte sexuel dans cette fusion du protoplasma de deux cellules.

J. Eriksson a pu constater, à la suite de nombreuses expériences, que le Puccinia Graminis, comme d'ailleurs d'autres Urédinées, montrait de nombreuses formes ; chacune de ces formes produit un aecidium sur Berberis, mais l'aecidiospore ainsi produite ne peut infecter que l'espèce de Graminéesur laquelle les téleutospores se sont développées. D'un autre côté, au point de vue morphologique, ces formes ne présentent aucune différence entre elles. On les a qualifiées d'espèces biologiques. Peut-être ne doit-on voir là que des variétés définitivement adaptées au parasitisme sur un hôte spécial et qui, peu à peu, à la suite d'une véritable sélection naturelle, ont perdu la propriété de pouvoir parasiter certaines espèces phanérogames sur lesquelles se développent d'autres formes morphologiquement identiques, issues évidemment d'une seule et même espèce originelle. Cette notion de la spécification des formes adaptées à certains hôtes n'est d'ailleurs pas particulière aux Urédinées.

Le même auteur avait à maintes reprises remarqué l'irrégularité de la germination des spores chez les Urédinées ; il en est arrivé à penser que cette germination se fait assez difficilement dans la nature et que la source extérieure des rouilles n'a pas l'importance qu'on lui avait donnée. Pour le Puccinia G raininis, Eriksson considère que très généralement le Blé n'est pas infecté lorsqu'il est éloigné déplus de 25 mètres de l'Épine-Vinette. D'un autre côté, l'urédo peut apparaître sur le Blé sans qu'il y ait d'Épine-Vinette dans la région (Australie, par exemple). Ces diverses considérations ont amené Eriksson

«,?"■ f/*?''"'/'' '^f•^'•'»«t!«" des œcidiospores chez VC'romyc:s ErythrorL' P ''""«'""'^ produisant à son sommet les cellules mères, W., Sa^p/n-^ouff?; "'""'■ ^'' """^^^ -tercalaires; iV., noyaux (d'après

33. ^cidiospore mûre : Eml., endospore ;Ep., épispore ; .Y. , les deux novaux. 04. bermmation d une aecidiospore.

35. Lemycoplasma: C/j/.,chIoroleucites; J/., mvcoplasma; «., ses novaux • <^o.s., corpuscules spéciaux (d'après Eriksson^. '

à penser que les Graminées possèdent dans leurs tissus le germe des Urédinées susceptibles de les parasiter. Cette hypothèse a été pour cet auteur le point de départ d'une conception nouvelle, la théorie mycoplasmatique, théorie ingénieuse, mais qui, malgré les perfectionnements que son auteur y a apportés, ne semble pas devoir être adoptée de façon définitive. Suivant Efiksson, l'appareil végétatif del'Urédinée, a\ r>nt de se présenter sous la forme de mycélium, prendrait dans la cellule de l'hôte un état particulier et contracterait avec le protoplasma de cette cellule une sorte de symbiose ; c'est cette association qui constitue le mycoplasma. Les cellules qui le contiennent se distinguent à leur contenu plus dense, plus sombre, et, pendant la période hivernale, on ne voit que cette forme dans les cellules de l'hôte dont le noyau s'hypertrophie, puis dégénère, se fragmente et finit par disparaître à peu près. Un peu plus tard, au m^mentoùvont apparaître les premières taches de rouille, le mycoplasma s'organiserait en corpuscules spéciaux, qui ont assez souvent l'apparence d'un croissant large. Puis on verrait se montrer en dehors des cellules une masse plasmique, le protomycélium, dont les noyaux, au début mal difi'érenciés, deviennent distincts et qui acquiert une membrane et des cloisons, prenant progressivement tous les caractères du mycélium ordinaire ; quant aux portions intracellulaires, elles deviennent des suçoirs. Eriksson admet que le protomycélium intercellulaire dérive du mycoplasma intracellulaire ; or c'est précisément parce qu'on n'a pu saisir le passage entre ces deux formes que les mycologues se refusent à accepter la théorie mycoplasmatique ; c'est l'opinion de Marshall Ward, de Klebahn,qui déclarent que les corpuscules spéciaux ne sont que les suçoirs d'un mycélium jeune, et même Klebahn considère qu'ils sont munis d'une membrane, ce qui serait la négation même de la théorie mycoplasmatique.

Il n'en est pas moins vrai qu'il est, à l'heure actuelle,

URÉDINÉES. Ibl

difficile d'expliquer la perpétuation desUrédinées hétéroïques dans les régions où l'un des hôtes n'existe pas, comme c'est souvent le cas pour le Puccinia Graminis ; Eriksson supposait bien que le mycoplasma devait exister dans l'embryon du Blé ; mais il n'a pu le démontrer. Peutêtre quelques urédospores sont-elles capables d'hiverner et d'infecter le Blé au printemps ; c'est une question qui, n'est pas encore élucidée d'une façon complète.

Classification. — On peut répartir les Urédinées dans les tribus suivantes :

1° Pucciniées. — Téleutospores pédicellées, isolées les unes des autres ;

2° Mélampsorées. — Téleutospores sessiles, soit isolées, serrées les unes contre les autres en une croûte mince, soit disposées en chaînes.

30 Endophyllées. — Téleutospores analogues au point de vue morphologique aux secidiospores ;

40 Coléos portées. — Téleutospores à parois minces, formées de plusieurs cellules ne produisant chacune qu'une basidiospore.

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