VINGT-HUITIÉME LEÇON
RAMOLLISSEMENT DE l'eSTO.MA^G
 l^époque où, sons Finfloe&ed de Broussàis, o& schimettait à un examen sérieux l'anatomie pathologique du tube digestif, et où Ton fondait spécialeme&l le» classifications sur lea caractères extérieurs des lésions, le ramollissement était un des états morbides étudiés dans cJiâque appareil» dans chaque organe : aussi ayait-on décrit le ramollissement de Testomac. Aujourd'hui, il est peut-être aussi difficile de passer absolument sous silence cette affection que d'en présenter Fhistoire : je vous ferai surtout un bref exposé des notions principales qui s'y rattachent et qui ne sont guère* intéressantes qu'à un point de vae rétrospectif.
Et d^abord en quoi opasistent les lésions anatomiques du ramollissement de Testomac? On en a décrit jilu9ieur$ espèces : le ramollissement blanc, le noir, celui qui s'ac-
compagne d^un amincissement des parois, etc. Nous verrons ce qu'il en faut penser.
Lorsque Ton ouvre un estomac ramolli, on aperçoit des plaques plus ou moins étendues, de dimensions extrêmement variables, ou de véritables bandes qui sillonnent la paroi stomacale; parfois, la presque totalité du viscère est altérée. Ces plaques ramollies occupent plus particulièrement la partie postérieure de l'organe et son grand cul-de-sac : au contraire, le cardia, la face antérieure de l'estomac, sont assez rarement affectés. La coloration des parties ramollies est variable depuis une teinte blanchâtre, blanc grisâtre, noirâtre, jusqu'au rouge brun le plus foncé.
La conHstatice des parois stomacales est considérable* ment diminuée. Il faut d'ailleurs tenir grand compte de la résistance variable de ces parois suivant la région : les recherches de M. Louis ont montré en effet qu'au niveau de la petite courbure on pouvait, en arrachant la muqueuse avec une pince, détacher des lambeaux de trois à six centimètres, tandis qu'au grand cul-de-sac œs lambeaux ne mesurent que deux à neuf millimètres. Quoi qu'il en soit, le degré de mollesse des parties est plus ou moins marqué ; quelquefois les parois de Testomac sont réduites à un état pulpeux, comparables à de la gelée ; d'où le nom de ramollissement gélatiniforme. Au milieu de cette masse, les vaisseaux de l'organe sont parfois très-visibles : leurs troncs, leurs branches sont
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tantôt vides, tantôt remplis de sang coagulé. D'autres fois, les parties ramollies offrent une teinte noirâtre : ce ramollissetneni noir est causé par les hémorrhagies des parois et par les caillots sanguins (Rokitansky).
Le degré de profondeur des lésions est des plus variables. La muqueuse et la couche sous-muqueuse, la musculeuse, le péritoine lui-même peuvent être affectés; dans ce dernier cas, il est ordinaire de trouver une perforation stomacale : Tépanchement des matières alimentaires dans la cavité de la séreuse en est la conséquence. Un point capital, pour ce qui touche à l'explication pathogénique du ramollissement, consiste à savoir s'il y a péritoniie ou non : les avis des divers auteurs sur ce point sont partagés, et la péritonite a été niée avec autant d'ardeur par les uns qu'admise avec empressement par les autres; il est définitivement acquis aujourd'hui qu'elle n'existe jamais.
Mais le ramollissement de l'estomac ne s'arrête pas toujours ainsi aux parois de ce viscère : on a pu voir les organes du voisinage, les intestins, la rate, le foie, plus particulièrement le diaphragme, et même le poumon gauche envahis par les mêmes altérations.
L'étude des causes du ramollissement stomacal éclairera un peu la question de sa nature. L'influence de l'âge est d'abord incontestable : c'est chez les nouveaunés et pendant la première enfance que l'on observe
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surtout cette gastromalacie , notamment chez les enfants mal nourris (Andral). Les adultes et les vieillards eux-mêmes (Gazeaux) ne sont pas forcément à Tabri de ces lésions.
Si Ton parcourt les nombreux travaux qui ont été publiés sur le ramollissement de Festomac, on reconnut que cet état pathologique se rencontre dans deux conditions bien différentes : ou bien il constitue une affection primitive et s'observe chez les enfants ^ ; ou bien, c'est une affection secondaire^ constatée chez des sujets ayant succombé à la tuberculose, au cancer utérin, etc.
La symptomatologie du ramollissement stomacal est fort incertaine et constitue un véritable roman pathologique. Les symptômes, tout le monde le reconnaît, sont mal accusés, ce qui s'explique (disent les défenseurs de cette entité morbide) par ce fait qu'il s'agit ordinairement d'une affection secondaire, méconnue, qui a été précédée ou non de prodromes, de troubles digestifs.
Cependant on a cité quelques signes d'une valeur relative, comme vous allez en juger : la douleur sUmacale serait presque constante; la dyspepsie, la règle. Les malades auraient des vomissements verdâtres, comparés par M. Gruveilhier à de l'herbe hachée : ce symptôme serait presque pathognomonique ; toutefois il pourrait faire dé-
1. Les recherches de M. Parrot sur Tathrepsie ont jeté une lumière toute nouvelle sur cette question et démontré péremptoirement la nature néa^chimique de ce ramollissement chez les nouyeaa-nés.