‹ Maladies des voies digestives; leçons professées à la Faculté de médecine de Paris, suppléance du cours de pathologie interneChapitre 33 sur 55 · RAMOLLISSEMENT DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT DE L'ESTOMAC

faut! Les troubles intestinaux, la constipation ou au con traire la diarrhée, peuvent exister! Enfin, la fièvre ne serait pas constante; on l'aurait cependant observée! Quelle incertitude et quelle variété dans ce tableau clinique du ramollissement !

La terminaison, c'est la mort presque fatale : je dis presque, car M. Louis, au milieu de cas mortels, en a rapporté quatre de guérison (?). En général, Tamaigrissement est rapide; la maladie durerait de quelques jours à quelques semaines : on a même dit qu^elle pouvait passer à rétat chronique.

Quelle est la nature de ce ramollissement des parois stomacales? quelle en est réellement la valeur? Plusieurs opinions ont été émises ; on peut les rapporter à trois principales :

1* Le ramollissement est une altération cadavérique. L'action dissolvante du suc gastrique d'une part, de Tautre la décomposition des matières alimentaires, ayant pour conséquence la formation des acides lactique et butyrique : telles sont les conditions invoquées pour expliquer la rapide altération des parois de Testomac après la mort. Cette pathogénie est basée sur l'absence totale de symptômes chez certains sujets, et aussi sur rétude des lésions cadavériques lesquelles sont situées sur les parties déclives; d'où la possibilité, par une attitude spéciale donnée au cadavre (Elsâsser), de changer

5i($ MALADIES DE L'ESTOMAC

le siège habituel du ramollissement ^ Ou a remarqué rinfluence considérable de la digestion^ la gastromalacie se produisant d'autant mieux que le malade était mort à une époque plus rapprochée de l'ingestion des aliments. La composition même de ces aliments exerce aussi une grande influence sur la genèse du ramollissement, qui est facilitée par la présence du sucre et des substances pouvant produire l'acide lactique. Enfin, l'absence des symptômes de la perforation et de la péritonite est un fait de grande valeur à l'appui de cette théorie chimique de la lésion.

2® Pour d'autres observateurs, le ramollissement constitue une altération phlegmasique. Parfois en effet les caractères objectifs de l'inflammation auraient été constatés; l'étude approfondie des symptômes, la constance de quelques-uns d'entre eux, qui aurait permis à M. Louis de reconnaître le ramollissement sur le vivant, puis Texistence des signes de péritonite : tels sont les principaux arguments présentés à l'appui de cette manière de voir.

3" Les faits observés s'expliquent par une lésion de nutrition. Cette théorie rapproche donc la gastromalacie des autres ramollissements, et en particulier de celui de l'encéphale : elle est fondée sur l'absence des lésions phlegmasiques, et surtout de la fièvre.

Que cx)nclure de ces opinions opposées? D'abord, il

1 . Dans quelques expériences toutes réceutes, j*ai pu reproduire la plupart des faits obsei*Yéfl par EUâsser.

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