QUELQUES AUTRES SYMPTOMES
à cinq ans et qui, depuis trois années, a de ces crises d'amaigrissement. 11 lui arrive tout à coup, sans cause apparente ou appréciable, de maigrir en quelques semaines de 3 ou 4 kilogrammes, sans que l'état général paraisse altéré; puis cet amaigrissement s’arrête, et peu à peu le malade revient à son état primitif. Ce fait s’est reproduit plusieurs fois depuis qu'il est malade, et cet homme qui s’observe régulièrement, possède ainsi une courbe très intéressante de son poids. Celui-ci subit des variations très brusques dans l’espace de quelques mois ou même de quelques semaines, de 57 kilogrammes à 65. J’ai observé ce trouble nutritif un grand nombre de fois, et si l’amaigrissement a été signalé dans cette maladie, on n’a pas assez dit qu'il survenait d’une façon paroxystique (1).
Lorsque cet amaigrissement du goitre exophtalmique coïncide avec des sueurs profuses, des accès de toux quinteuse et comme coqueluchoïde attribuée par Gueneau de Mussy à l'adénopathie trachéo-bronchique, avec un état fébrile dont nous parlerons plus loin, avec des troubles digestifs (diarrhée, vomissements), et même avec l'existence <\e pseudomatités des sommets de la poitrine que j'ai signalées dans l'hystérie sous l'influence d'une sorte d’hyperexcitabilité musculaire sous le doigt qui percute, on peut croire à une tuberculose pulmonaire qui n’existe pas, et bien des erreurs de ce genre ont été commises (2).
Par contre, certains étals morbides, parmi lesquels la phtisie pulmonaire, peuvent reproduire par quelques-uns de leurs symptômes certains caractères cliniques du goitre exophtalmique, d'un de ces « goitres exophtalmiques secondaires ou symptomatiques » bien distingués par Gauthier (de Charolles). Une jeune fille de vingt-trois ans, dont l'histoire est rapportée par Breton (de Dijon), présentant des antécé-
(1) Arneill ( Journ . of Amer. Assoc., 11)00) vient de publier l’observation d’une maladie de Graves aiguë, avec amaigrissement de 35 kilogrammes en quatre mois.
(2) H. Hüchabd, Traité des névroses, 1883.
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dents tuberculeux dans la famille, offre le tableau clinique presque complet de la maladie de Parry-Graves : exophtalmie, hypertrophie thyroïdienne, tachycardie permanente avec crises paroxystiques, tremblement. Assez rapidement, tout ce eomplexus symptomatique disparaît pour faire piace aux signes non douteux d’une tuberculose pulmonaire. J’ai vu deux faits semblables, non au début, mais dans le cours d une bacillose pulmonaire, et on peut maintenant les expliquer par le résultat des recherches de Marcel Garnier et de Itoger établissant la fréquence des lésions thyroïdiennes (sclérose avec atrophie de la glande) chez les phtisiques (1 .
Certains signes peuvent encore être très utiles pour le diagnostic dans les formes frustes du goitre exophtalmique :
Signe de Graefe, qui consiste dans une absence de parallélisme entre les mouvements de la paupière et ceux du globe oculaire, l’un restant en retard sur l’autre;
Signe de Mœbius, dû au défaut de convergence des axes oculaires, le déplacement de ceux-ci pouvant ne pas être absolument égal et synergique, lorsque le malade fixe un objet à droite ou à gauche;
Signe de Stellwag , caractérisé par l'occlusion incomplète de la paupière quand le malade cherche à fermer les yeux et par l’agrandissement de l’ouverture palpébrale lorsque l’œil est ouvert, sans que ce symptôme soit en rapport direct avec le degré de l’exophtalmie;
Signe de Buzzard-Charcul , qui consiste dans le dérobement, l’eiïondremenl des membres inférieurs ( giving wag of the legs)- Dans ce dernier cas, subitement le malade sent ses jambes se dérober sous lui. C’est là un signe qui a son importance, mais qui cependant n’est pas pathognomonique, car on le rencontre dans le tabes, la paralysie générale, le myxœdème, la neurasthénie.
(1) Gauthier, Uevue de médecine , 1890. Lyon médical , 1893.— Breton, Journal des praticiens , 1899.— Garnier, Thèse inaugurale, Paris, 1899, et Archives de médecine, 1900.