QUELQUES AUTRES SYMPTÔMES
(Mi observe encore parfois : une parésie des membres inférieurs avec conservation habituelle de la sensibilité, caractérisée par des rémissions pendant lesquelles le dérobement des jambes se montre fréquemment ; une parésie du fciciaf tantôt double, tantôt unilatérale, portant à la fois sur le facial supérieur et inférieur ; une solde de parésie du muscle frontal caractérisée par l'absence de contraction de ce muscle, lorsque le malade, ayant les yeux baissés vers le sol, les porte brusquement en haut (Jofïroy, Debove) ; Y ophtalmoplégie externe ou parésie de tous les muscles moteurs de l'œil, ce qui donne lieu à l’immobilité du globe oculaire, contrastant avec les mouvements possibles des paupières lorsque le malade veut regarder on liant ou en bas, à droite ou à gauche ; mydriase d’après Gildemeester, un certain état de variabilité pupillaire signalé par Paul Gros ; la myopie , rarement Yamblyopie (Lubarsch), le strabisme c\ la diplopie; parfois un larmoiement au point de gêner les malades pendant le sommeil, d’après E. Berger. La diminution de la résistance électrique, d’après Vigoureux, esl très fréquente (1).
A noter encore les crampes douloureuses signalées dans les membres inférieurs el dans les membres supérieurs, ou elles affecteraient même l’aspect de la tétanie. Mais, ce dernier accident est rare ; il peut être dû aux complications stomacales, et d’autres fois il est d'origine thyroïdienne (2). Enfin, Grœrne Hammond (de Nexv-York) a mentionné le signe de Bryson , consistant dans un défaut d’ampliation du thorax pendant l’inspiration et devenant un indice de pronostic sévère, ce (pii est loin d’èlre démontré.
D’autres symptômes sont encore à mentionner : sueurs profuses, vertiges, sialorrhée, toux quinteuse, dyspnée intense d'allure paroxystique ou continue et troubles de la
(1) Go.urmkf.stkh, At'ch. /'. hollandischen Beitrcige. Utrerht., 4804. — P. Gros, Thèse de Paris, d 864. — E. Beriier, Bull, méd., tS'.l.L
(2) Mahinesco, Tétanie d’origine parathyroïdienne [Sem. méd., 1905).
GOITRE EXOPHTALMIQUE.
voix dus à des causes diverses (compression du larynx, du nerf récurrent, etc.), vomissements et diarrhée , œdèmes divers dont quelques-uns localisés, tendance aux hémorragies, surtout aux épistaxis ; névroses ou maladies nerveuses coïncidantes (hystérie, neurasthénie), troubles mentaux et affectifs (émotivité, irascibilité, aboulie, état anxieux cl obsessions diverses, manie, délire systématisé, lypémanie) ; altérations cutanées avec plaques de coloration bronzée signalées parGueneau de Mussy, Moutard-Martin et Malloizel, vitiligo, urticaire, taches cérébrales, purpura, pseudo-pelade déterminant la chute des cheveux et des poils de la barbe, taches télangiectasiques multiples sur la surface du tégument, dont Létienne et Arnal ont donné une bonne observation (1), sidérodermie observée par Jeanselme. La leucoplasie linguale serait presque constante d’après von Ilœsslin, et son intensité serait même en rapport avec la gravité de la maladie (2).
L 'élévation de la température dans le goitre exophtalmique, déjà signalée par Trousseau, a été bien étudiée par Bertoye, élève de J. Renaut (3). La fièvre, qu’il ne faut pas confondre avec une sensation de chaleur exagérée coïncidant avec une grande sensibilité au froid (véritable thermophobie), a ordinairement un début brusque ; elle peut atteindre 40°, s’accompagnant parfois de symptômes cérébraux graves, durant de quelques heures à quinze ou vingt jours, après lesquels survient une apyrexie complète. Le plus souvent, il s’agit d’un léger état fébriculaire. Loin d’être, comme le croient quelques auteurs, un signe constant de la maladie, elle est au contraire assez rarement observée, et elle résulte d’une véritable intoxication par hyperthyroïdisme, ce qui confirme encore l'idée de l’origine thyroïdienne du
(1) Moutard-Martin et Malloizel, Tribune méd., 1903. — Jeanselme, Mercredi médical, 1895. — Létienne et. Arnal, Arch. de med., 1897.
(2) Hoesslin, Munch. med. Woch., 1896.
(3) Bertoye, Thèse de Lyon, 1888.
ÉTIOLOGIE.
goitre exophtalmique, admise dès 1878 par O’Neil, puis édifiée et défendue par Gauthier (de Charolles), Moebius et Joffroy.
Chez deux sujets, Friedreich a trouvé le foie augmenté de volume avec pouls veineux hépatique très manifeste, dù à une insu (fisance tricuspide , résultant elle-même de la dilatation du cœur. Les vaisseaux sanguins dilatés par la compression des canalicules biliaires avaient donné lieu à une légère teinte ictérique. Puisque nous parlons de V ictère, rappelons ipie celui-ci dans la maladie de Parry-G raves, s’observe parfois et qu’il est dù à des causes diverses qu'il importe de bien connaître : asystolie, ce qui est rare puisque l’ictère survient très rarement au cours de l’insuffisance cardiaque, plus souvent toxi-infection concomitante : insuffisance terminale de la glande thyroïde ; état catarrhal des voies biliaires (1).
La tuméfaction de la rate , signalée encore par Begbie, serait également de nature fluxionnaire, et deux fois j'ai constaté un souffle splénique très manifeste. Rarement on constate de l’albumine dans les urines. Celle-ci peut apparaître dans les cas où la maladie se termine par l 'asystolie due à la dilatation du cœur, plus fréquemment observée que l'hypertrophie, comme je l’ai déjà fait observer (2). Contrairement à l'opinion de quelques auteurs, je pense que cette asystolie peut être consécutive à la fois au surmenage du cœur par tachycardie el aux lésions concomitantes du myocarde et des valvules.