VI. — Traitement
Thaitkment médical. — Orgcmothércipie. — D'après la palliogénie (pii vient d'ètre invoquée, on comprend que la médication thyroïdienne, si utile dans le myxœdème et le goitre simple, doit être souvent nuisible dans le goitre exophtal inique, un de ses résultats les plus habituels étant déjà de produire la tachycardie, symptôme habituel de la maladie.
Cependant, depuis Hanson qui en 1892 a publié un fait en faveur de la tbyroïdotliérapie dans la maladie de Parry- (iraves, près de vingt auteurs, et parmi eux Gauthier (de Charolles), J. Voisin et Marie, ont constaté les mêmes améliorations. On explique ce fait un peu paradoxal en apparence, en disant que la qualité du suc thyroïdien, plus que sa quantité, a de l'importance, et que dans cette maladie la glande thyroïde sécrétant un liquide adultéré, la médication par des corps thyroïdes sains rétablirait l'état normal. Mais cela ne nous explique pas pourquoi ec traitement peut faire tantôt du bien, tantôt du mal. Or, Marie a établi une distinction entre deux catégories de goitres exophtalmiques : l’iin survenant rapidement après une émotion, une colère, ou encore se manifestant d'une façon spontanée (action nuisible du traitement thyroïdien); l'autre constitué par le syndrome basedowicn, greffé après dix ou vingt ans sur un goiire vulgaire, ce qu'il appelle « goitre basedoxvifié » (action utile du traitement thyroïdien .
D'après Gauthier (de Charolles), on aurait tort de répudier systématiquement la médication thyroïdienne dans le goitre exophtalmique, et il cite cinq observations ou le résultat a été favorable. Ayant été le premier à affirmer que le syndrome de Parry-Graves est le résullat, non pas seule-
GOITItE EXOPHTALMIQUE.
ment de l'augmentation, mais surtout de 1 adultération de la sécrétion thyroïdienne, il est arrivé à démontrer que la plupart des accidents signalés à la suite du traitement thyroïdien sont dus à l'emploi de préparations sèches ou impures, d ou la conclusion qu'il faut avoir recours à des préparations de glande fraîche ou à l’iodothyrine, celle-ci étant prescrite a la dose de deux cachets de 25 centigrammes par jour.
Je conseille des doses plus faibles (0,05 à 0. 10 centigrammes de poudre tous les deux jours ou tous les jours) pour combattre les effets de la perversion de la sécrétion thyroïdienne. Mais, d’après Sainton et Delherm, c'est là une médication d'exception applicable surtout aux cas de goitres exophtalmiques succédant au myxœdème (1).
Dans les autopsies de goitre exophtalmique, on a constaté assez souvent la persistance et l'hypertrophie du thymus. On en a conclu qu’entre cet organe et la thyroïde il doit y avoir un antagonisme de fonctions, ce qui explique la rareté de la maladie de Parry-Graves dans l'enfance, et ce (pii justifie la médication par l'emploi d'extraits de thymus. Tout d'abord, cette médication fut l'etlet du hasard -et d'une erreur commise; le boucher ayant fourni du thymus au lieu de la glande thyroïde qui lui était demandée, Ovven constata les bons effets de la médication thymique dans le goitre exophtalmique, bons effets confirmés ensuite par d’assez nombreux auteurs et par moi-mème. D'après Solis- Cohen, l’extrait de thymus calme les troubles nerveux, modère la tachycardie, diminue le goitre et l’exophtalmie, et relève la tension artérielle. J'ai obtenu deux guérisons confirmées grâce à l'emploi de trois capsules d'extrait de thymus par jour à 50 centigrammes et continuées pendant trois mois avec huit jours d'interruption tous les mois. Cette médication
(1) Gauthier (de Charoltest, Les médications thyroïdiennes du goitre exophtalmique (Jourtialdes praticiens, 1902). — J. Voisin, Marie, Soc. méd. des loip., 1894. — Sainton, Congrès de médecine interne de Paris, 1907. — P. Sainton et L. Delherm, Les traitements du goitre exophtalmique. Paris, 1908.