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I R A ITEM EN T

est d'aulnnt plus recommandable qu’elle est presque toujours inoffensive, comme A. Blondel l’a démontré, et qu'elle n'expose pas aux accidents de la médication thyroïdienne, mais à la condition de prescrire des doses modérées. Car, J'hyperthymisation produit une accélération du pouls et une parésie des vaso-constricteurs, d’après Svehla (1).

L’organothérapie a encore utilisé : les extraits de capsules surrénales, capables d'augmenter la tension artérielle, mais sans action sur le goitre et l'exophtalmie ; les extraits de rate auxquels a eu recours Wood (de Philadelphie), en raison de l’hypertrophie de cet organe constatée chez les basedowiens; l’opothérapie oraricnne (extrait de corps jaune, poudre desséchée de la glande a la dose de ü, 50 centigrammes à 1 gramme par jour), en raison des accidents basedowiens constatés à la suite des troubles de la fonction ovarienne. Mais, cette médication, qui n’a pas encore fait ses preuves, doit être très surveillée (2). En faveur de l'opothérapie parathyroïdienne, citons l'observation de Moussu concernant une malade atteinte de maladie de Parry-Graves à qui il ■donna huit parathyroïdes de cheval à manger tous les jours pendant dix jours, et qu'il laissa reposer pour reprendre le traitement au bout de quarante jours. Le tremblement, les palpitations, l hyperexcitabilité générale avaient disparu, l'exophtalmie s'était atténuée, la tachycardie était tombée de 110 à 92.

Sahnon a préconisé l’organothérapie hypophysaire en s’appuyant sur trois autopsies de Benda, et il conclut (pie le primum movens de la maladie consiste en un pervertissement fonctionnel de l'hypophyse avec insuffisance de sa sécrétion

(1) Owen, lirit. med. Journ., 1 8113- 1 806. — Solis-Cohen, Journ. amer, .med. Assoc., 1897. — lt. Blondel, Emploi du thymus dans la chlorose. {Huit, de thérap., 1S97). — K. Svehla, Wiener med. blatt., 189f>. Arch. f. ■experim. path. und p/iarma/c., 1900. — Ch. Ghîka, Elude sur le thymus. Thèse de Paris, 1901.

(2) A. Jocty, Les glandes parathyroïdes (étude anatomique et expérimentale). Thèse de Lyon, 1 903 .

GOITKE EXOPHTALMIQUE.

phy siologique, d’où résulte l’intoxication initiale des centres nerveux à laquelle serait secondaire l'hypersécrétion thyroïdienne. D’autres faits favorables ont encore été signalés par L. Rénon, Azam, A. Del i lie et par nous-mêine. Nous avons ainsi observé un cas de maladie de Parr\ -Graves avec insuffisance cardiaque, très promptement cl très heureusement améliorée par cette médication (0,30 à 0,40 centigrammes de poudre d’hypophyse par jour). D'après A. Del i lie, les goitres basedowiüés résistent à l’opothérapie pituitaire (1).

Quant aux injections de suc testiculaire pour relever les forces, elles ont donné lieu à des résultats contradictoires. De toutes les médications organiques, seules, les médications thyroïdienne et thymique (la dernière surtout sont à recommander.

Les syndromes pol\ glandulaires, bien étudiés par L. Rénon, autorisent parfois l’emploi de Y opothérapie associée. Mais, comme le fait remarquer A. Deli lie, si les associations hypophyso-thyroïdienne et hypophyso-ovarienne peuvent produire de bons résultats, il n'en est pas de même de l’association surréno-hypophysaire, parce que les deux extraits surrénal et hypophysaire ont un effet hypertenseur trop rapide et trop accentué (2).

Sérothérapie. — Celte méthode de traitement doit retenir l'attention.

Il parait maintenant démontré qu à l’état normal il se formerait dans I organisme une substance toxique que neutraliserait la sécrétion thyroïdienne physiologique. « L’extirpation ou la destruction du corps thyroïde permet l’accumulation dans le corps de cette substance (pii cesse alors d etre neutralisée, lelle est la condition pathogénique du

(1) Alb. Salmon, L ipolisi e la patogencsi del inorbo di Basedov Clinica moderna, 1 1)04. L. Hénon et Azam, Société médicale des hôpitaux, 11)07. — A. Delili.e, Thèse de Paris, 11)01).

(5) L. Rénon, Les syndromes polyglandulaires et l’opothérapie associée ( Journal des praticiens, 1008. Société médicale des hôvitaux, 1008 et 4009). 1

TRAITEMENT

myxœdème. Inversement, clans le cas d’hypcrthyroïdation, il y aurait, au contraire, accumulation de sécrétion thyroïdienne neutralisante; par suite, il y aurait insuffisance relative de substance toxique à neutraliser. Dans ces conditions, ne remédierait-on pas aux effets fâcheux de l’hyperlliyroïdaf ion, en ajoutant à l'organisme par injection une quantité plus ou moins grande de cette substance toxique neulralisable ? » C’est ce que Ballet et Enriquez ont essayé en injectant du sérum de chien éthyroïdé à un certain nombre de malades atteints de goitre exophtalmique. Sous l'influence de cette médication applicpiée à neuf sujets, une cinquantaine d'injections répétées à intervalles de trois, cinq et huit jours à la dose de \ centimètres cubes pour arriver progressivement à l.'i centimètres cubes, une amélioration très notable est survenue : sédation des symptômes nerveux, le plus souvent diminution de la tumeur thyroïdienne, de l’exophtalmie, du nombre des pulsations. A l’étranger, cette méthode fut mise en pratique et suivie le plus souvent de succès par Burghart et Blumenthal, avec le sang d’animaux thvroïdeetomisés, par Otto Lanz puis Gœbel avec le lait de chèvres éthyroïdées, par Schultes, Adam, Rosenfeld.

En raison des difficultés de se procurer ce sérum et de l'inconvénient d'employer du lait si facilement altérable, llallion a fait subir heureusement une variante à ce traitement. Comme on ne connaît pas, dit-il, la substance médicamenteuse qu’il s’agit de conserver et qu'on ignore si elle n’est pas en quantité prédominante dans les éléments figurés du sang, notamment dans les leucocytes qui sont les vecteurs habituels de tant de substances spécifiques, ccl expérimentateur a eu l’excellente idée de faire une préparation inaltérable avec le sang total d’animaux éthvroïdés, délayé dans la glycérine. Il suffit de prendre une cuillerée à café par jour d* hémato-éth yrnïdine , et jusqu'à ce jour les résultats obtenus par Sainton, de Lapersonne et par nombre d'auteurs, sont des plus encourageants ( I).

(1) Ballet et Enriquez, loc. ci/., 1894. — Otto Lanz (d’Amsterdam},

GOITRE EXOPHTALMIQUE.

Sérums thyrotoxiyurs. — Il cl ait logique (le chercher à combattre l'hypertln roïdation par un sérum spécifique supprimant ou détruisant l'hyperactivité de la glande thyroïde. A la suite des travauxde différents physiologistes, Sartinara, Goutscharukow, Mankervsky, Deinoor el von Lint, 1 1 al 1 i on et Lévy, Jean Lépine essaya d immunisèr desanimaux en leur injectant des bouillies de corps thyroïdes préalablement triturés ou simplement en les leur faisant ingérer. Une chèvre peut prendre quatre lobes de corps thyroïde tous les deux ou trois jours ; les accidents, diarrhée, tachycardie, exophtalmie, dyspnée, finirent par s’atténuer. L’animal put sans accident manger KM) grammes de corps thyroïde. Au bout de deux ans, l’animal fut saigné et son sérum fut injecté à une jeune malade à la dose de 2 centimètres cubes; chaque injection produisit des accidents locaux et une poussée thyroïdienne avec exagération de la tachycardie, du tremblement, etc., et le traitement dut être suspendu.

En Amérique, Rogers et Beebeonl étudié différents sérums thyrotoxiques obtenus avec des glandes thyroïdes humaines. Sur 00 cas, ils accusent 23 guérisons, 52 améliorations et 11 insuccès dont i morts.

Ce sérum n'a guère été employé jusqu'à présent en Europe. Cependant Kocher aurait obtenu de bons effets d'un sérum cytotoxique préparé à l'Institut bactériologique de Berne.

Hydrothérapie . — Elle doit être surveillée et régulièrement dosée. 11 faut commencer par des douches tièdes et même un peu chaudes, parce que les douches froides mal supportées pourraient augmenter les accidents nerveux et cardiaques; elles seront de courte durée (vingt-cinq à trente

Congrès international de physiologie, Berne, 189o. — Burghart et Bu> menthal, Deulsck. mcd. Woch., 1809. — Goebel, Schultes, Munch. med. Woch.. 1902. — Adam, Soc.ni hl.de Hambourg. 1903. —Rosenfeld, Deulsch. med. Woch., 1903. — IIallion, Congrès de Bruxelles, 1903 — Saixton liecue de neurologie. 1904. — De Lapeiisonne, Soc. d’ophtalmologie de Caris, 1904. — B. Pisanté, Traitement de là maladie de Basedow parles humeurs des animaux éthyioïdés. Thèse de Paris, 1904.

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