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DIAGNOSTIC DE LA PSEUDO-ANGINE DE POITRINE

III. — L’angine de poitrine, question de pronostic. — Malgré les preuves accumulées, un auteur contemporain a écrit cette phrase en 1894: «Tout angineux, vrai ou faux, peut mourir. » Or, le problème clinique est celui-ci : un angineux étant donné, il s’agit de savoir s'il doit mourir. Les lois précédentes nous l’indiquent d’une façon nette et précise. Elles démontrent que les assertions contenues dans les phrases suivantes sont certainement contraires à l’observation des faits :

« Il n’y a pas des angines vraies et des angines fausses ; il y a des angines de poitrine plus ou moins redoutables, mais qui toutes peuvent tuer. Du reste, au point de vue du pronostic, comment affirmer pendant la vie que les artères coronaires sont ou ne sont pas lésées? Je pose donc en principe que tout individu atteint d'angine de poitrine peut en mourir. » L’auteur se trompe, il me permettra de le lui dire. Toutes les précordialgies angineuses ne sont pas mortelles, et l’observation nous apprend d’une façon irréfutable que le diagnostic formel entre l’angine coronarienne et les pseudoangines est établi sur des bases très précises et certaines. On connaît à l’avance (99 fois sur 100) le pronostic, quand on sait bien diriger l’interrogatoire du malade, et on peut affirmer avec une précision mathématique si « les artères coronaires sont ou ne sont pas lésées ». Je renvoie, pour l’étude complète de cette question, à mon Traité des maladies du cœur et de l’aorte et à mes récentes leçons : Les maladies du cœur et leur traitement.

Autrefois, je disais : « Il n'y a pas une angine de poitrine, mais des angines de poitrine (1) ». Aujourd'hui, j’affirme qu’il n’y a pas plusieurs angines de poitrine, qu’il n’y en a qu’une seule : l’angine coronarienne. Toutes les autres sont fausses et elles doivent porter d'autres noms ; c’est pour cela que je les appelle précordialgies.

IY. — Angine de poitrine vraie, mixte ou associée. — • Parfois,

(1) H. Hüchabd, Des angines de poitrine {Revue de méd., 1883).

DYSPEPSIE ET PSEUDO-ANGINE DE POITRINE

la sténocardie n'est pas simple, elle est mixte. II s’agit ala fois d’une douleur réalisée par l’effort et d’une douleur exagérée par la pression. L’angine de poitrine vraie se double alors d’une angine fausse. En pareil cas, l'endoaortite qui a déterminé l’oblitération des coronaires se propage, s’étend, devient de la périaortite, amène une névrite cardiaque, d'où la douleur à la pression sur le trajet du phrénique. Il convient de dissocier ces symptômes, puisque le malade présente à la fois des accidents angineux par coronarite et douloureux par névrite du plexus cardiaque. Confondre cliniquement l’endoaortite et la périaortite, c’est, comme si l'on confondait la pneumonie et la pleurésie.

Dans d’autres cas, la sténocardie est associée. Un autre élément en change ou plutôt en complique le tableau clinique, et cet élément est souvent la dyspnée. Quand la dyspnée s'ajoute à l’angine de poitrine, ce n’est plus de l'angine de poitrine simple, car celle-ci n’est pas une « dyspnée douloureuse », comme on l’a dit. Quand il y a dyspnée, le plus souvent un élément rénal s’est joint à la maladie ; le malade est angineux par ses coronaires , dyspnéique par son rein, comme il était tout à l'heure névralgisant par son aorte et surtout par sa périaorte. Il faut le soumettre au régime lacté, et alors la dyspnée disparaît. Reste l'angine de poitrine seule, qui est peu amendée par le régime lacté, quoiqu’on ait voulu lui reconnaître faussement une origine toxique. C'est la dyspnée qui est toxique ; la sténocardie est due à une autre cause qui est mécanique : l’obstruction ou le rétrécissement des coronaires. C’est pour cela qu'elle résiste au régime lacté ou Iacto -végétarien. Ici se réalise l’adage : naturam morborum ostendunt curât iones.

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