DYSPEPSIE ET PSEUDO-ANGOR
digression, est certainement un pseudo-ajigineux. Pourquoi l'est-il ? Quelle est la cause réelle de ses accès douloureux ? La question est de haute importance; car, si nous arrivons ci connaître cette cause, nous pourrons en faire disparaître l'eflet et nous serons sur la voie du traitement et de la guérison.
Le malade, âgé de cinquante-cinq ans, était d’apparence robuste, et les seuls symptômes anormaux qu'il présentait, en dehors des troubles cardiaques, siégeaient à l’estomac : digestions lentes et difficiles ; aprèsle repas, flatulences considérables avec sensation de plénitude gastrique. En présence de ces faits, on pouvait croire chez un dyspeptique à des troubles circulatoires, occasionnés par la compression due aux gaz refoulant la voûte diaphragmatique.
Je prescrivis un traitement par les alcalins à faible dose avant le repas et l’acide chlorhydrique après le repas.
Deux ans plus tard, ce malade se présenta encore à notre consultation. Les accidents précordialgiques avaient considérablement augmenté, de sorte que les attaques angineuses étaient presque continuelles, subintrantes.
Lors de ce second examen, je fus impressionné par un fait important : les accès survenaient le soir, surtout après la marche. On était en droit de penser alors que ce dyspeptique pseudo-angineux pouvait, vu son âge et aussi l’état légèrement athéromateux de ses artères, être atteint non seulement de pseudo-angine de poitrine, mais encore d'une angine de poitrine vraie, coronarienne.
Je ne fis pas un diagnostic formel, et bien que conservant une arrière-pensée, j’instituai un double traitement : d’une part, celui de l’estomac par les alcalins et l’acide chlorhydrique ; d’autre part, celui de la sténocardie par la trinitrine et des inhalations de nitrite d'amyle.
Le malade ne se trouva pas bien de ces inhalations; mais, ainsi que cela se voit parfois, il en abusa cependant, comme d’autres se trouvent entraînés à abuser de la morphine. Quand je le revis quelques semaines après, il était en état d 'ami/-
32 DYSPEPSIE ET PSEUDO-ANGINE DE POITRINE
Usine tellement accentué, ses vêtements étaient tellement imprégnés de nitrite d’amyle qu’il était presque impossible de l’approcher sans en être incommodé. Sous l’influence de cet abus médicamenteux, le malade était dans un état d’excitation cérébrale et nerveuse intense qui augmentait le nombre de ses crises angineuses et avait le plus fâcheux retentissement sur les organes digestifs.
Les digestions étaient en effet plus lentes que par le passé, la flatulence avait encore augmenté, entraînant une gêne considérable et provoquant les accès pseudo-angineux. Le malade lui-même me fit remarquer que ses digestions étaient particulièrement pénibles après le repas du soir, et que ce n’était pas quand il marchait que ses accidents angineux étaient les plus violents et les plus fréquents. Il s'agissait donc bien de pseudo-angine de poitrine, et j’avais eu raison défaire antérieurement mes réserves, les accidents douloureux étant exaspérés par le travail digestif, mais jamais provoqués par la marche ou l'elfort.